Dans beaucoup
de nos discours, nous nous revendiquons comme la troisième force politique de
France. Je pense que cette attitude est contre-productive. Nous devrions plutôt
nous affirmer comme première force Européenne de France ! Nous sommes en
effet le seul mouvement politique national qui ne compte pas d'euro-septiques
en son sein. Ce changement sémantique peut paraître futile, mais avoir un
impact psychologique considérable, autant dans nos rangs que sur l'électorat.
Aujourd'hui,
nous pouvons être sûr de nos forces ! Nous sommes un peu plus de 70 000
adhérents. Nous avons tour à tour, creusé notre sillon, s'éparé le bon grain de
l'ivraie puis semé, en tout état de cause, c'est le moment de la récolte. D'après
moi, elle devrait être bonne, car nous portons l'Union Européenne dans nos
gênes. Elle fait partie de notre patrimoine et tout comme sa devise, nous
sommes unis dans la diversité. Contrairement à se qu'énoncent nos concurrents,
cette différence nous renforce. Elle est la preuve de notre esprit de tolérance et
les personnes qui nous ont quittées, sont tout simplement des opportunistes et
des arrivistes.
Nous devrons
prouver l'obligation d'un changement de paradigme en démontrant que nous ne
sommes pas un mouvement populiste, mais populaire. L'UMP et le Président de la
République, nos accusateurs ont eux-mêmes utilisés cette méthode qu'ils payent
maintenant. Ils ont vidés leur discours de toutes substances intellectuelles
pendant la campagne présidentielle. Ils se sont progressivement coupés des corps intermédiaires
depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy. Nous ferons découvrir à travers
le prisme de l'humanisme, notre projet cohérent pour l'Europe et la France.
Comme l'a
définit François Bayrou :
« L'humanisme, c'est éducation, science,
création, entreprise libre, coopération, mutualisme, c'est le consommateur
citoyen armé et non pas désarmé, c'est confiance aux communautés de base dans
la société, aux corps intermédiaires, au local, à la proximité.
L'humanisme, c'est
prendre au sérieux l'égalité des chances et des droits et la loi qui oblige à
tenir la balance égale entre le faible et le fort. […]Maintenant, il faut
penser la confrontation non pas entre deux modèles, mais entre trois modèles.
Entre les deux qui ont prouvé leurs limites et leurs échecs, capitalisme et
socialisme, et celui qui doit naître que j'appelle l'humanisme démocratique. Si
l'Europe est fidèle à sa promesse, alors c'est la terre où s'épanouira
l'humanisme démocratique. L'humanisme démocratique se construit par
adaptation et non pas par révolution. Il est réformiste par nature, parce qu'il
progresse avec les acteurs, les femmes, les hommes, les communautés et non pas
contre eux par contraintes et violence ».
Nous axerons,
je pense notre campagne européenne sur cinq thèmes : les libertés, le
social, l'environnement, l'économie et les institutions. Nos concitoyens
doivent s'approprier l'Europe et comprendre qu'elle nous protège au quotidien.
En attendant,
je vous souhaite une bonne campagne.
Amitiés
Démocrates
Stéphane DE BONA
Membre du conseil départemental de la Moselle du MoDem
Depuis le 29 mai 2005, la France s'est mise au banc de l'Europe. Il est nécessaire et urgent de voter le nouveau traité simplifié de Lisbonne en remplacement de la Constitution Européenne défunte après le « NON » français et celui des Pays-Bas. Nicolas Sarkozy et nos partenaires européens ont donc choisi de faire ratifier le nouveau traité par la voie du Congrès pour ne pas risquer un nouveau camouflé. L'union européenne, née de la catastrophe de la seconde guerre mondiale, est aujourd'hui un des seuls pôles mondiaux capable de favoriser le développement économique de l'ensemble de la planète et de faire contre poids aux Etats-Unis d'Amérique. L'élargissement de l'union, à la fin du XXème siècle, a bloqué les institutions donnant tous les pouvoirs à l'Amérique qui se pose en gendarme du monde, mais qui pense avant tout à ses intérêts stratégiques pétroliers. Elle bloque ainsi toute répartition équitable des ressources énergétiques indispensable pour les pays émergents afin de garantir l'égalité entre les hommes. L'adoption du traité de Lisbonne par le Congrès de Versailles est donc une phase indispensable pour mettre fin à l'enlisement de l'union européenne, qui regagnera sa place dans le monde et évitera par son influence des futurs conflits de civilisation. L'Europe doit retrouver sa vocation première : garantir la paix dans le monde. Les français devraient se souvenir que l'Europe ne peut se construire sans sacrifice ni efforts, comme le souligne l'un des pères fondateur de l'Europe (Robert Schuman, dans sa conférence de presse du 9 mai 1950).
« La paix mondiale ne saurai être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.
La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de 20 ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix.
L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée : l'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne.
Dans ce but, le gouvernement français propose de porter immédiatement l'action sur un point limité mais décisif.
Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.
La mise en commun des productions de charbon et d'acier assurera immédiatement l'établissement de bases communes de développement économique, première étape de la fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes ».
Le déclic ou le déclin de l'Union Européenne
Cette conférence de presse de Robert Schuman, nous montre que l'évolution européenne ne s'est pas faite sans la perte de la souveraineté nationale des états membres. Les états membres seuls, ne représentent plus rien sur une planète globalisée. Il nous faut donc organiser une nouvelle structure politique et démocratique stable pour favoriser l'émergence de nouveaux grands ensembles continentaux.
Jacques Delors, ancien président de la commission européenne avait compris qu'il était important de revoir les institutions avant tout élargissement aux anciens pays de l'Est, afin d'aider à leur intégration dans l'union et au redressement de leur économie brisée par 50 ans de guerre froide. Dans une interview au « Nouvel Observateur » le 18 décembre 1997, il tenait alors ces propos :
« Il est vital que soit revu le cadre politique institutionnel, avant même que n'intervienne concrètement le prochain élargissement. C'est ce qu'ont demandé la France, l'Italie et la Belgique lors de l'adoption du Traité d'Amsterdam, qui devra d'ailleurs être ratifié par la voie parlementaire ou par référendum selon les pays. Nul doute que certaines représentations nationales exerceront alors une pression salutaire pour que l'architecture de la maison Europe soit, au plus vite adaptée aux exigences du XXIème siècle.
La tâche est délicate et sera source de fortes tensions. Mais tant mieux, à certains égards, car le contrat de mariage doit être clair pour tous les peuples engagés dans cette extraordinaire aventure. Que veulent-ils faire ensemble pour construire une Europe puissante et généreuse à la fois ? Et voudront-ils, au-delà des déclarations de principe s'en donner les moyens institutionnels, économiques et financiers ? Si non, ne nous faisons pas d'illusions, le déclin historique de l'Europe, hélas !, se confirmera ».
L'ouverture de ce Congrès est donc synonyme de déclic ou de déclin pour la construction européenne. La France doit continuer à être un moteur et non un frein pour dessiner une politique mondiale multipolaire équitable.
Les causes d'une démission
Jack Lang a officiellement mis fin à ses fonctions au sein du bureau national du parti socialiste. Il remet en question la stratégie des leaders de la gauche. Tout comme Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn, il dénonce les fautes commises durant les campagnes présidentielles et législatives. Les éléphants du parti savent bien qui ne pourront pas reconquérir le pouvoir s'en faire une autocritique. Pourtant à ce jour, aucun dirigeant de la gauche ne semble en prendre le chemin ! Ségolène Royal a mis en avant son intention de devenir premier secrétaire en estimant qu'elle n'a commis aucune erreur pendant la campagne présidentielle. François Hollande, son ex-compagnon semble utiliser les mêmes méthodes de reconstruction du parti qu'il y a 10 ans. Comme le Jack Lang la direction ne devrait-elle pas donner sa démission collective afin de remettre le parti à bout de souffle en ordre de marche ? Aujourd'hui plus aucun homme de gauche ne fait le poids par rapport à la droite décomplexée construite par le nouveau président de la république Nicolas Sarkozy. Comme l'analyse très bien Valérie Lang, la fille de l'ancien ministre de la culture, la reconstruction d'une gauche moderne doit obligatoirement passer par le centre. La vieille recette d'union de la gauche ne permettra plus au parti socialiste de revenir au pouvoir avec de nouvelles propositions de réforme dans de bonnes conditions acceptables par l'ensemble des Français. Maintenant, la parole devrait être donnée à l'ensemble des sympathisants et militants de gauche, par l'intermédiaire de référendum interne pour qu'il puisse donner une feuille de route à leurs dirigeants pour entamer une reconstruction durable des appareils politiques de gauche en vue des prochaines élections municipales et européennes. Pour moi, nouvel adhérent du MoDem et ancien sympathisant de centre gauche la reconstruction du paysage politique ne peut se faire qu'à ce prix sous peine de rester dans l'opposition plusieurs décennies.
L'exemple anglais
En Angleterre, le Labor avait dû connaître cet épisode pour revenir en force au Parlement grâce à la rénovation du parti que Tony Blair a su mettre en musique durant les années Thatcher. Les années de pouvoir de la dame de fer ont certainement remis l'Angleterre en mouvement du point de vue économique, mais elles ont gravement pénalisé les classes moyennes et popularisées une partie importante de la population anglaise. La protection sociale a été de plus en plus réduite, c'est certainement à cela que nous devons nous attendre pendant les années Sarkozy. Le nouveau président souhaite réduire d'un tiers la pauvreté en France en cinq ans, mais s’en donne-t-il les moyens ? je pense que non bien au contraire. Ce n'est pas en augmentant les dépenses et en faisant des cadeaux fiscaux que l'on augmente la croissance d'un pays, d'autant plus que la consommation des ménages français est l'une des plus fortes d'Europe. Le point de croissance qu'il nous manque doit être trouvée au niveau international ou européen, mais certainement pas en passant par l'hexagone. Pour une fois, cette tâche est une prérogative du président de la république, il ferait bien pour cela d'inciter nos partenaires européens à harmoniser nos régimes fiscaux dans l'union. Par ce biais, nous ne nous ferions plus concurrents à l'intérieur d'un même ensemble. Nous pourrions ensuite imposer nos choix économiques aux États-Unis et ainsi mieux aider les pays émergeant à construire une politique de développement durable souhaitable pour l'avenir de la planète et des générations futures. C'est un gros travail en perspective, où l'énergie de Nicolas Sarkozy peut être d'une grande utilité, encore faut-il qu'il ne se trompe pas de direction.
Dépêche officielle
PARIS (Reuters) - Accentuant la zizanie semée par l'ouverture de Nicolas Sarkozy, Jack Lang a claqué mercredi la porte des instances dirigeantes du Parti socialiste.
Son geste survient au lendemain d'un rappel à l'ordre du Bureau national du PS qui le visait sans le nommer, le chef de l'Etat ayant suggéré qu'il participe à une commission de réflexion sur les institutions.
Après l'intégration de six personnalités de gauche au sein du gouvernement Fillon, l'instance exécutive a prévenu que tout futur transfuge serait suspendu.
L'ancien ministre de la Culture, qui s'était déjà mis en congé des réunions du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée, semble prendre les devants dans une lettre adressée à François Hollande même s'il ne dit pas formellement qu'il accepte l'offre du chef de l'Etat.
Réservant sa réponse jusqu'au discours que Nicolas Sarkozy doit prononcer sur les institutions, à Epinal jeudi, il laisse entendre qu'il succombera aux sirènes présidentielles.
"Citoyen libre, je servirai mon pays selon les règles de conduite que seule ma conscience me dictera et fort de la confiance populaire qui m'est accordée", écrit le député du Pas-de-Calais.
"Aujourd'hui, je ne me reconnais plus à travers les méthodes de direction qui sont les tiennes", ajoute-t-il à l'adresse du premier secrétaire, dont l'entourage précise que le courrier a été rendu public avant même d'arriver rue de Solférino.
"En conséquence", Jack Lang démissionne de son mandat de secrétaire national au Développement et suspend sa participation au Bureau national - une instance que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont également quittée au cours des dernières semaines mais au nom du renouvellement des générations.
"RÉOXYGÉNATION"
Pendant la campagne électorale des législatives, la rumeur avait circulé que le ministre de la Culture de François Mitterrand s'apprêtait à prendre la tête d'une mission culturelle - un "bobard sans fondement", selon ses mots, contrairement à son éventuelle participation à une commission institutionnelle.
Agrégé de droit public, Jack Lang est l'un des rares responsables socialistes à vouloir une présidentialisation du régime, quand le projet présidentiel du PS prônait le passage à une "République nouvelle" plus parlementaire.
Le jeu de Nicolas Sarkozy consiste donc à "prendre les gens qui pensent comme lui et leur coller l'étiquette de l'opposition", déplore Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande joint par Reuters.
"On ne peut pas transformer le système politique sur un coin de table avec des personnalités embauchées pour la circonstance", a expliqué Arnaud Montebourg, héraut de la VIe République lors d'une conférence de presse. "On ne peut le faire que dans des discussions de forces politiques à forces politiques".
Au moment où le PS s'attelle à sa rénovation après les échecs électoraux du printemps, le coup de sang de Jack Lang aura-t-il des conséquences?
"On ne déstabilisera pas le Parti socialiste", martèle depuis une semaine François Hollande, qui promet un retour de bâton à Nicolas Sarkozy.
Pour faire adopter une modification de la Constitution, une majorité des trois cinquièmes est nécessaire au Congrès - un seuil que l'UMP et le Nouveau centre ne franchissent pas seuls.
Le départ de Jack Lang, qui n'a jamais compté ses troupes en interne et ne dispose pas d'un courant structuré, "n'affectera en rien la marche et l'avenir du PS. J'en suis désolé pour lui", a renchéri mercredi Henri Emmanuelli dans les couloirs du Palais-Bourbon.
C'est "de la mousse sur de la mousse", lâche Stéphane Le Foll. S'il regrette les "crispations" et les "tensions", André Vallini, député de l'Isère juge pour sa part qu'il s'agit "un peu d'une tempête dans un verre d'eau".
Sans Dominique Strauss-Kahn, désigné candidat à la direction du FMI, ou Jack Lang, qui n'a toutefois pas rendu sa carte de membre, "99% du Parti socialiste prépare l'avenir", confirme Benoît Hamon.
Les "éléphants" se mettant en retrait, cela "va permettre la réoxygénation du débat politique à gauche", se félicite le député européen quarantenaire. "Pour faire une politique neuve, il faut des esprits neufs".
Diviser pour mieux régner : tel pourrait être la devise de Nicolas Sarkozy. Après avoir remporté une première victoire internationale, en imposant son traité européen simplifié pour relancer l'activité économique et politique de l'union, Nicolas Sarkozy tente aujourd'hui de se créer une opposition à sa mesure. En effet, en soutenant Dominique Strauss-Kahn pour le poste de président du fond monétaire international, il se débarrasse du même coup d'un de ses concurrents les plus sérieux pour la prochaine présidentielle. Selon un sondage qui a été réalisé les 20 et 21 juin par internet auprès d'un échantillon de 908 personnes, Dominique Strauss-Kahn serait le meilleur pour refonder la gauche d'ici 2012. Il ferait un bon premier secrétaire du Parti socialiste pour 62% des Français, devançant Bertrand Delanoë (49%) et Ségolène Royal (34%). Pour les électeurs de la candidate socialiste lors du premier tour de la présidentielle, la tendance s'inverse: elle arrive en tête (66%), devant "DSK" (60%) et le maire de Paris (53%).
Laurent Fabius et François Hollande arrivent dans les deux cas de figure en quatrième et cinquième position, mais très loin derrière.
Dominique Strauss-Kahn meilleur défenseur de l'image de la France dans le monde
En participant à la réunion de l'eurogroupe pour défendre sa politique économique qui est déjà vivement critiquée par nos partenaires allemands et en soutenant la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la présidence du FMI, notre président de la république compte bien s'attirer les bonnes grâces de la banque centrale européenne qui l'a vivement critiqué lors de sa campagne. En plaçant Dominique Strauss-Kahn à la tête du fond monétaire international, les dirigeants de la banque centrale européenne et les 26 autres états membres de l'union n'oseront plus s'opposer à la politique économique de la France car il est de notoriété publique que le député de Sarcelles est l'un des plus grands économistes socialistes de notre pays. Par conséquent, si Dominique Strauss-Kahn accepte le soutien du président français, il donne également caution à la politique menée par l'Élysée. Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy fait encore une fois d'une pierre deux coups. Il se débarrasse du seul homme capable de lui tenir tête dans l'hexagone et lui offre une promotion mondiale qui revalorisera l'image de la France partout dans le monde. À ce petit jeu, l'UMP et ses alliés sont au pouvoir pour longtemps. Espérons qu'ils feront les bons choix pour la France et pour la majorité des citoyens français !
Stéphane De Bona
Elu au premier tour
Ce matin, le nouveau président du parlement européen a été élu par 450 voix sur 785 au premier tour de l’élection qui ouvrait la session parlementaire. A 61 ans, Hans-Gert Pottering succède à Josep Borrell qui était issu du groupe parlementaire socialiste. Contrairement à son prédécesseur, Hans-Gert Pottering n’est pas un novice du parlement européen. Il siège dans cette assemblée depuis 1979, date à laquelle ont eu lieu les premières élections des députés européens au suffrage universel direct. Ce député allemand appartient à la CDU qui a remporté les élections et a fait nommer la chancelière Angela Merkel. Il a accueilli avec fierté cette nouvelle fonction et a fixé son carnet de route jusqu’à la fin de son mandat en 2009. Il est le premier à présider un parlement aussi élargi. Il a commencé par accueillir les 18 nouveaux eurodéputés bulgares ainsi que les 35 roumains. Aujourd’hui, le parlement européen compte 177 partis politiques différents répartis en 7 groupes, en provenance des 27 pays membre. Le parlement pourrait bientôt compter un nouveau groupe mené par l’eurodéputé front national Bruno Gollnisch, qui souhaite rallier les nouveaux députés nationalistes des deux pays entrant pour former une nouvelle alliance. Un groupe parlementaire doit être constitué d’au moins 19 députés issus de 5 pays différents. Avoir un groupe parlementaire donne droit à un temps de parole plus important dans l’hémicycle et permet à son président de siéger dans la commission qui établit le calendrier parlementaire européen. Après cette digression, revenons sur les idées de Hans-Gert Pottering.
Le projet du nouveau président
Hans-Gert Pottering est partisan de faire adopter la Constitution Européenne par les 27 sans renégocier en profondeur le traité constitutionnel, mais en faisant revoter les parties utiles aux pays qui l’ont rejeté. Il désire également faire inscrire dans la Constitution que l’Europe est une union de pays à dominance chrétienne. Il est hostile, comme la plupart des grands dirigeants européens, à l’entrée de la Turquie dans l’union européenne et ceci, d’autant plus qu’elle n’a pas fait ses preuves en matière de droit de l’homme. Il souhaite, au plus vite, reprendre le processus de construction politique de l’union mais devra attendre la fin des élections françaises.
Il serait peut-être bon que Hans-Gert Pottering profite de son élection pour établir définitivement le parlement européen à Strasbourg comme stipulé dans les institutions et qu’il propose Bruxelles comme lieu de formation des délibérations des gouvernements européens. Plus tard, ces locaux pourront devenir le siège d’un gouvernement européen digne de ce nom, s’occupant des coopérations renforcées entre les états.
Stéphane De Bona
Le 1er Novembre 2006, la Constitution européenne devait rentrer en vigueur. Le refus de deux états membres de la ratifier (les Pays-Bas et la France) a empêché sa mise en application. Où en sommes-nous 1 an plus tard ?
Les conséquences de l’absence des nouvelles institutions européennes
Aujourd’hui, en grande partie à cause de ce refus, le navire Europe prend l’eau et se trouve sans commandant. Le 1er Janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie feront leur entrée dans l’union européenne. Nous serons alors 25 pays qui devront prendre des décisions communes pour l’avenir de notre continent et de la planète, et cela à l’unanimité. Le scrutin à l’unanimité est une chose impossible dans une structure démocratique. C’est pour cela que le traité constitutionnel prévoyait un scrutin à la majorité des états membres. Cette Constitution aurait eu également l’avantage de nous procurer une politique étrangère commune, représentée par un ministre des affaires étrangères européennes pour traiter d’égal à égal avec les autres continents, et plus particulièrement les Etats-Unis d’Amérique qui aurait enfin du prendre l’Europe au sérieux sans pouvoir, comme aujourd’hui, lui imposer son point de vue.
De plus, sur le plan de la politique économique, la banque centrale européenne reste la seule à pouvoir réguler les flux financiers dans la zone Euro. Il n’existe, aujourd’hui, aucun contre pouvoir aux désirs de la banque centrale. Avec l’adoption du texte constitutionnel, les états membres auraient eu la possibilité d’infléchir les volontés de la banque centrale en analysant les bienfaits et les contraintes du pacte de stabilité, et si besoin est de le renégocier. Malheureusement, en matière monétaire et économique, le président de la banque européenne, Jean-Claude Trichet, reste le seul maître à bord. Enfin, l’Europe de la défense commence à s’essouffler. Pourtant, le volet militaire reste le seul compartiment des institutions où les états peuvent agir, mais cette paralysie est due à l’engagement de l’Angleterre aux côtés des Etats-Unis dans le conflit irakien et à une mauvaise répartition des fonds par manque de consensus.
Les déclarations du président de la Commission Européenne
Jose Manuel Barroso a annoncé que l’union européenne n’accueillerait plus aucun nouvel état membre à l’exception de la Bulgarie et de la Roumanie avant que la question du blocage des institutions soit réglée (au plus tard avant les élections européennes de 2009). Concernant la Turquie, un rapport vient de lui être remis démontrant qu’Ankara doit encore faire des efforts en matière de respect des droits de l’homme, ainsi qu’en économie. Il a invité les états membres à ne pas rompre les négociations pour mettre la Turquie sur de bons rails, afin qu’elle constitue un pont entre le Moyen-Orient et l’Europe.
Constitution Européenne et conséquences nationales
Vu de la France, le rejet de la Constitution Européenne a permis de clarifier l’échiquier politique pour l’élection présidentielle de 2007. Les tenants du NON de gauche sont en train de négocier une candidature unique anti-libérale et altermondialiste pour cette élection. Quant à l’extrême droite, elle tente de constituer un front patriotique regroupant plusieurs groupuscules et le MNR de Bruno Maigret. « Les anciens ennemis se réconcilient ».
Stéphane De Bona
EADS
Code ISIN : NL0000235190
Code MNEMO : EAD
Les retards de livraison d’Airbus, des avions A350 et A380 ont amené la maison mère EADS à opérer un changement de direction à la tête de l’avionneur franco-allemand. Le PDG d’Airbus Christian Streiff nommé en Juillet, en remplacement de Gustave Humbert, a donné sa démission cette semaine due au énième retard de conception des deux avions qui feront l’avenir du constructeur européen, et au désaccord grandissant avec sa maison mère EADS. Ces annonces simultanées, qui avaient plombé le titre en Juillet, ont été bien accueillies par les marchés. Ce changement de direction clarifie les structures dirigeantes du groupe, puisque c’est Louis Gallois qui assurera la double responsabilité de patron d’Airbus et de coprésident d’EADS. Cette nouvelle composition de la direction des deux groupes a pour avantage que le patron d’Airbus n’aura plus de rapport à effectuer sur ses objectifs, à la direction de sa maison mère, mais plus qu’un seul au responsable allemand. Ces revers en série ont écorné l’image du leader européen de l’aviation et vont avoir un impact négatif de 500 millions d’euros par an sur la période 2007-2010. On peut faire confiance à Louis Gallois, qui a repris la direction de la SNCF dans de moins bonnes conditions, puisque l’entreprise publique était en déficit chronique depuis des années, et l’a laissé en bénéfice à la patronne actuelle, Anne-Marie Idrac. Airbus ne devrait donc pas connaître une nouvelle catastrophe du type de l’avion Concorde, puisque cette fois-ci la direction est dans les mains d’un homme sérieux et professionnel du transport. Les turbulences connues par le groupe EADS, en raison des difficultés de sa filiale, ne devraient pas perdurer. Le capital d’Airbus est aujourd’hui détenu à 100% par sa maison mère, preuve que celle-ci souhaite reprendre la main et développer son fleuron européen de l’aéronautique. En attendant que sa filiale reprenne des couleurs, EADS dispose d’atouts dans sa manche, le groupe ne se réduisant pas à Airbus (les demandes d’A320, qui restent soutenues, aident à garnir son carnet de commandes), mais également au leader mondial des marchés de l’hélicoptère, Eurocopter. Pour cette entreprise, tous les voyants sont au vert. Elle vient d’ailleurs de rafler un gros contrat portant sur une commande de 350 appareils pour l’armée américaine. EADS reste l’entreprise préférée de l’aéronautique russe qui vient de faire une entrée fracassante dans le capital, par l’intermédiaire d’une banque publique russe, et Vladimir Poutine a émis le souhait répété auprès de Angela Merkel et Jacques Chirac d’établir des partenariats étroits avec l’Europe pour contenir l’influence américaine dans le monde. Pour tous ces faits, on pourra se replacer ou se renforcer progressivement sur EADS dans une optique de moyen terme (6 à 12 mois) avec un objectif de 35€, l’action coûtant aujourd’hui aux alentours de 23€. La patience est parfois la meilleure des vertus et des récompenses.
François Mitterand est le seul président de la République à avoir accompli deux madats entiers. Durant quatorze ans, il a d'abord appliqué la politique traditionnelle de la gauche, puis l'a abandonnée en partie, si bien que l'écart idéologique entre droite et gauche s'est réduit. Face à la crise persistante, que proposent de différent la droite et la gauche ?
1. Le premier septennat : du "Front populaire bis" à la rigueurLes victoires de mai-juin 1981 : F. Mitterrand remporte l'élection présidentielle contre V.Giscard d'Estaing, puis le P.S. gagne les législatives. Un gouvernement d'union de la gauche (P.S.-M.R.G.-P.C.) est constitué, dirigé par P. Mauroy, au milieu de l'enthousiasme du "peuple de gauche", comme on dit alors.
1981-1982 : le P.S. applique sa politique traditionnelle. Générosité sociale (hausse des salaires, retraite à 60 ans, semaine de 39 heures, 5e semaine de congés payés, lois Auroux sur les droits des travailleurs) et nationalisations (9 grands groupes industriels et 40 banques) auxquelles s'ajoutent l'abolition de la peine de mort et la loi Defferre de décentralisation. Mais 3 phénomènes hérités du septennat précédent restent préoccupants : l'inflation, le chômage qui s'aggrave (1 991 000 chômeurs en 1983) et le déficit commercial qui se creuse.
1983 : le tournant de la rigueur. Priorité à la lutte contre l'inflation, fin du soutien aux industries obsolètes, acceptation d'une C.E.E. dont la logique économique devient de plus en plus libérale, gel de la progression réelle des salaires : le président a choisi la rigueur. Elle est efficace contre l'inflation, mais les chômeurs sont 2 500 000 fin 1986, le phénomène de l'exclusion réapparaît; les électeurs socialistes sont désorientés, et le P.C.F. quitte en 1984 le gouvernement Fabius. Le F.N. bondit de 0,5 % à 10 % des voix et l'alliance R.P.R.-U.D.F. gagne les législatives de 1986.
1986-1988 : la première cohabitation : J. Chirac continue la politique de rigueur. Par ailleurs, il privatise plusieurs grandes entreprises (TF1, Paribas, Saint-Gobain), supprime l'impôt sur les grandes fortunes et affronte la fronde étudiante. Les Français préfèrent nettement (54 % contre 46 % ) en 1988 réélire F. Miterrand plutôt qu'élire J. Chirac, puis donnent, à l'Assemblée, une majorité relative au P.S.
2. Le second septennat : de l'ouverture aux "affaires"Michel Rocard (1988-1991) s'appuie à l'Assemblée tantôt sur le P.C.F., tantôt sur les centristes (c'est l'ouverture). Il recherche le consensus, crée le R.M.I. et la C.S.G., lance une politique de la ville pour enrayer la crise de certaines banlieues. Il est servi par une conjoncture économique améliorée ; le chômage recule légèrement.
La crise s'aggrave sous E. Cresson et P. Bérégovoy (1991-1993). Le chômage progresse à nouveau, le déficit budgétaire se creuse. A cela s'ajoute l'effet désastreux de plusieurs affaires financières mettant en cause soit le mode financement des partis, soit la moralité de personnalités proches du pouvoir. L'approbation par référendum du traité de Maastricht sur l'Europe est obtenue de justesse, et les législatives de mars 1993 voient triompher l'U.P.F. Le P.S. est écrasé, la droite obtient 486 sièges à l'Assemblée sur 577.
E. Balladur (1993-1995) : la seconde cohabitation. Le nouveau premier ministre poursuitla rigueur avec prudence, et en cédant souvent à la pression de la rue -manifestations paysannes, projet Bayrou sur l'école privée retiré, projet du C.I.P. retiré. Il reprend les privatisations (entre autres B.N.P., Elf, Rhône-Poulenc, U.A.P.). Mais les affaires financières touchent à leur tour les partis de droite.
Le bilan des années Mitterrand : il est nuancé. La construction européenne a progressé, l'économie s'est modernisée, l'inflation a été vaincue. Mais chômage (3 200 000 chômeurs en 1994), exclusion, précarité atteignent 10 à 20 % des Français. Ni le P.S. ni le R.P.R. n'ont pu les réduire. Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".