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mardi 13 janvier 2009, a 16:24
La Vème République : bilan et avenir

Vendredi 19 décembre, les jeunes démocrates de Moselle ont organisé une conférence sur le thème « 5ème République : bilan et avenir » avec la participation de Jessica Henriot, juriste et Nathalie Griesbeck, député européen et conseiller général de Moselle.

 

Après l'accueil chaleureux réservé aux aînés comme aux membres des jeunes démocrates par leur président François Bourguignon, l'exposé de Jessica Henriot et les interventions expertes de Nathalie Griesbeck ont permis à l'assemblée de mener un débat fructueux.

 

L'histoire de la Vème République

 

Accouchée dans la douleur de la IVème République, la Vème est née sous le signe de cette prophétie « La République a trébuché ». Trébuché sur deux obstacles : l'instabilité parlementaire et la crise coloniale. Ces deux ornières politiques permirent à de Gaulle en 1958, d'être amené au pouvoir et de modifier profondément l'organisation des institutions françaises.

Celles-ci sont le résultat de trois influences. Celle de De Gaulle lui-même, qui marqua foncièrement la constitution de sa marque propre en présidentialisant le régime (on dit qu'il « se tailla une constitution à sa mesure »). Celle des hauts fonctionnaires qui contribuèrent principalement à la définition du domaine de la loi disposé par l'article 34 de la constitution. Et enfin celle de Michel Debré qui lui-même parlait du président en ces termes : « un monarque républicain ».

Evoquant ensuite l'usage que les différents présidents firent de la constitution de la Vème République, Jessica Henriot a mis à jour la stabilité et la plasticité de ces institutions – deux qualités qui gagent de sa longévité. Les nombreuses réformes constitutionnelles, tant en terme de principes que d'organisation technique, jusqu'à la dernière en date en Juillet-Août 2008, n'ont pourtant pas résolu un problème récurent au sommet de l'Etat : la dyarchie entre Président et Premier ministre, qui fait encore parler d' « exception française ».

 

La Vème République en débat

 

Le débat proposé par Jessica Henriot a commencé par traverser le prisme des quatre principes de la République : unité, souveraineté, égalité et laïcité.

 

Ø     L'intégration européenne et la souveraineté nationale semblent s'opposer, constate-t-on. La constitution de la Vème République était elle prévue pour empêcher la construction européenne ? Cette question est légitime au vu de la ligne politique autonome et indépendante tracée par de Gaulle. Et Nathalie Griesbeck de rappeler le principe de subsidiarité. Celui-ci  perfectionne l'idée de souveraineté. En effet, il s'agit de laisser à l'échelon le plus compétent dans le spectre politique allant du local au supranational, le loisir de mener la politique efficace.

 

Ø     La proposition du président Sarkozy d'inscrire le principe de diversité dans la constitution est il anticonstitutionnel ? C'est ce que semble indiquer la fin de non recevoir rendue par le comité Veil qui rappelle les principes constitutionnels d'unité et d'égalité. Jessica Henriot souligne d'ailleurs à cette occasion que le conseil constitutionnel, invention merveilleuse de la Vème République car il légitime la force législative de la loi fondamentale, ne rend pas son jugement qu'en s'appuyant sur le texte de 58. Il intègre dans sa réflexion le préambule de la constitution de 46, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ainsi que les principes fondamentaux de la république dont l'unité fait partie. C'est ce qu'on appelle le bloc constitutionnel.

 

Ø     Ce bloc constitutionnel encore mis à mal sur le thème de la laïcité ! Comme l'assemblée le rappelle, le président n'hésitait pas à chambouler les principes fondamentaux de la République au cours du discours de Latran l'année dernière.

 

Ø     Nathalie Griesbeck introduit alors l'idée de pluralisme qui figure depuis la réforme constitutionnelle de cet été dans l'article 4 alinéa 3 de la constitution. Cette précision juridique peut constituer un cheval de bataille pour le Modem. Il s'agit de réclamer des élections à la proportionnelle pour mieux représenter l'avis politique des français au sein des institutions parlementaires.

 

         Aller vers la VIème République ou stagner dans les eaux de la Vème et demi ?

 

On peut globalement retenir de cette partie de la conférence que nous avons un président qui n'hésite pas à bafouer certains principes constitutionnels au profit de sa communication de masse. 

 

Nathalie Griesbeck a souligné l'avancement en demi-teinte que représente la réforme constitutionnelle de cet été. A son actif, on peut rappeler :

 

Ø    qu'elle rationalise les compétences du parlement en permettant aux commissions mixtes paritaires de soumettre leurs priorités au gouvernement pour l'agenda des séances plénières ;

 

Ø    qu'elle assure mieux la séparation des pouvoirs en renforçant le rôle du parlement puisque désormais celui-ci peut partiellement fixer son agenda. (c'était le gouvernement qui le fixait auparavant, ce qui caractérisait la prééminence de l'exécutif sur le législatif)

 

Ø    Qu'elle permet au justiciable de saisir le conseil constitutionnel par le système d'une question préjudicielle s'il estime que l'application d'une loi au cours d'un procès dont il est partie est anticonstitutionnelle.

 

Mais l'ensemble des présents s'est accordé à dire que cette réforme constitutionnelle ne s'attaquait pas à la principale problématique institutionnelle : la répartition des rôles entre président et premier ministre.

 

A cet égard, il semblerait que la Vème république se soit tiré une balle dans le pied avec la réforme constitutionnelle de 1962, faisant élire le président de la république par le suffrage universel direct. Puisant alors autant de légitimité que 577 députés dans le vote populaire, le présidant de la république a le pouvoir de provoquer une éclipse à Matignon.

 

D'autant que l'inversion du calendrier des législatures (élection présidentielle avant législative) lui permet de minimiser les probabilités d'une cohabitation. Dès lors, le premier ministre lui est totalement subordonné, comme en atteste le spectre Fillon dont la fonction semble réduite à celle d'un super secrétaire général de l'Elysée.

 

Au final, le seul président qui respectait à cet égard la constitution était Jacques Chirac. Mais on a bien vu que cette répartition des rôles provoquait une morosité politique et qu'à la moindre contestation populaire, le président en profiter pour poignarder le premier ministre (cf. CPE…).

 

Ce manque de clarté au sommet, accentué par l'hyperactivité du chef de l'Etat actuel, était le principal problème soulevé. Mais Nathalie Griesbeck a également mis en lumière les fausses garanties données par le président pour rendre plus humble son dirigisme. En effet, le président de la république ne préside plus le conseil supérieur de la magistrature et doit rendre compte à l'assemblée des nominations dans la haute fonction publique (type CSA, France télévision…).

 

De Gaulle déclarait qu' « on ne saurait concevoir qu'une dyarchie existât au sommet ». Non content d'être le principal concepteur des institutions françaises modernes, il était également un visionnaire politique : il avait déjà prévu la mort de François Fillon.

 

Thomas Friang
Secrétaire des jeunes démocrates de Moselle

jeudi 07 juin 2007, a 19:25
Lettre de Guy Môquet

 Première mesure du nouveau Président

 

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a demandé au peuple français d’aller de l’avant et de ne plus faire œuvre de repentance en ce qui concerne les zones d’ombres de notre histoire. Pourtant, mesure paradoxale : nos chères têtes blondes vont entendre dés la rentrée prochaine, la lettre d’adieu de Guy Môquet à ses parents et à ses amis. Il l’a écrite juste avant d’être fusillé lors de la seconde guerre mondiale. Son arrestation est due à la dissolution du parti communiste par le Régime de Vichy. Il fut fusillé en représailles après des attentats contre le Régime Nazi. Il fut sélectionné pour son appartenance aux Jeunesses Communistes et son soutien à la résistance. Voici une courte biographie du jeune homme et le document que nous allons bientôt retrouver dans les écoles de la République. On peut se demander si notre président ne fait pas de la récupération à tous les points de vue. Tout d’abord, il nomme des ministres de gauche qu’il pourra débarquer à tout moment de son gouvernement lors de la prochaine législature, lui permettant ainsi d’éviter de mettre en place une dose de proportionnelle pour ces mêmes élections. Enfin, il utilise cette lettre à des fins nationalistes pour flatter le peuple de gauche et lui expliquer qu’il est le seul, avec ses partenaires, à incarner l’esprit de résistance et que ses opposants, de gauche comme du centre, ne sont que des manipulateurs. Quel bel esprit de rénovation démocratique ! Nous avons à faire à un président et une droite qui veulent tout. Pour cela, ils divisent pour mieux régner et étouffent leur opposition dans l’œuf. Bref, tous les moyens sont bons.

 

Biographie de Guy Môquet 

  

Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas écrire des poèmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival est Charles Éboué, fils de Félix Éboué.

L'arrestation de son père en octobre 1939 est un évènement marquant qui renforce son ardeur militante. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient seul à Paris après l'arrestation de son père, où il milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes. Il écrit une lettre au président de l'assemblée Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Avec l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son parti en été 1940.

 

Quelle est la teneur de ces tracts ? On y dénonce évidemment l'occupation étrangère mais c'est surtout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier…), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lutte, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère… De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles… les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… ». Ils réclament également la libération des prisonniers communistes.

 

Guy est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père. Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré malgré son acquittement au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre septembre 1939 et octobre 1940. Il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il se lie d'amitié avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui deviendra un des responsables FFI au moment de la Libération de Paris.

 

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français » : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.

 

Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant « vive la France ! ». Guy Môquet est le plus jeune. Il a un évanouissement mais il est fusillé dans cet état. Il est abattu à 16h00. Avant d'être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents.

 

Stéphane De Bona

 

Document du Figaro

 

Lors d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne, Nicolas Sarkozy a annoncé que sa "première décision" de président sera de faire lire chaque année dans tous les lycées la dernière lettre du jeune résistant Guy Môquet, fusillé à 17 ans en 1941. Lefigaro.fr vous en propose le contenu.

 

"Ma petite maman chérie,

 

mon tout petit frère adoré,

 

mon petit papa aimé,

 

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

 

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

 

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

 

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

 

Votre Guy qui vous aime.

 

Guy

 

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

 

Discours d'investiture de Nicolas Sarkozy



jeudi 19 avril 2007, a 11:36
Palais d'été "une jeunesse chinoise"

 

Réalisateur Lou Ye

 

Né à Shanghai en 1965, il étudie le cinéma à Pékin puis travaille comme producteur et assistant réalisateur sur plusieurs longs métrages, tout en signant parallèlement quelques courts métrages.
Lou Ye est un des dignes représentants de la nouvelle génération du cinéma chinois. Son premier long-métrage WEEKEND LOVER (inédit en France) remporte le prix Fassbinder en 94. Il retourne ensuite à la production et favorise alors la naissance de " Super City ", un projet de dix longs-métrages mis en scène par les meilleurs jeunes cinéastes chinois. Son deuxième long métrage, SUZHOU RIVER, est donc une vraie découverte. En tant que cinéaste de la " 6ème génération " (en opposition aux cinéastes de la 5ème génération, plus réfractaires à l'occidentalisation et auteurs de films sur la Chine ancestrale), Lou Ye s'autorise à aborder dans son film des thèmes plus modernes, voire occidentaux comme l'image de la sirène, un personnage qui n'existe absolument pas dans la mythologie chinoise.
Il emploie également dans SUZHOU RIVER la méthode de la caméra subjective, procédé assez rare dans le cinéma chinois, le caméraman étant ainsi le narrateur. Cette technique introduit alors un sentiment de réelle intimité avec les personnages et permet de faire partager aux spectateurs la fascination du narrateur pour sa jeune héroïne.
Il use également d'une liberté de ton qui fait penser à un conte qui aurait été inventé au fur et à mesure du récit, ce qui fait de SUZHOU RIVER un film à la fois beau et intrigant.
Tourné clandestinement, caméra à l'épaule dans les rues de Shangai, il a été interdit en Chine.

  La censure chinoise a fait une nouvelle victime en bannissant, ce lundi 4 septembre, le réalisateur Lou Ye du pays en réponse à la présentation de son "Palais d'Eté" au dernier Festival de Cannes.

 

Lou Ye a été banni pour cinq ans par la censure chinoise pour avoir présenté, sans l'autorisation du gouvernement, son dernier film Palais d'été en compétition officielle dans le cadre du 59e Festival de Cannes. Lou Ye faisait déjà partie de la "liste noire" à l'issue de la victoire de Suzhou River au Festival du Film de Rotterdam en 2000. Palais d'été raconte les amours très tourmentées d'un couple d'étudiants, tout en évoquant le mouvement universitaire en faveur de la démocratie, place Tian an men à Pékin, qui a été réprimé dans un bain de sang en juin 1989. C'est de tous les sujets celui qui reste le plus tabou en Chine.

Une censure omniprésente

Alors que les autorités chinoises se disent depuis ces deux dernières années plus tolérantes à l'égard de la nouvelle génération de réalisateurs familiers des tournages quasi-clandestins, la mésaventure de Lou Ye confirme le fait que la censure chinoise existe belle et bien, et qu'elle est encore loin de laisser une totale liberté aux cinéastes. D'autant que le réalisateur de Palais d'été n'est pas le seul à avoir dû affronter le courroux du gouvernement : Zhang Yuan s'était en effet retrouvé bloqué en Chine durant un an à la suite de la présentation, à Cannes en 1997 dans la sélection Un Certain Regard, de East Palace, West Palace, traitant de l'homosexualité. Plus récemment, Yu Lik Wai a été accusé en 2003, avec la sortie de All tomorrow's parties, d'avoir réalisé un pamphlet contre le Parti Communiste : il a ainsi écopé d'une interdiction de travail. Hormis pour certains films tournés dès le départ sans aucune autorisation du gouvernement, l'accord final de la censure doit être négocié point par point, au risque de voir la liberté artistique largement amoindrie. La Chine a beaucoup de progrès à faire pour devenir un pays qui respecte les droits de l’homme et du citoyen. La liberté artistique est une des nombreuses valeurs qui doivent être garanties dans une démocratie digne de ce nom. Les quelques scènes érotiques du films n’ont rien à voir avec les causes réelles de la censure, mais c’est bien « les événements historiques de la place TIAN AN MEN » relatés dans cette œuvre qui dérangent le gouvernement chinois. Je vous invite à aller voir le film, dés sa sortie en France.

 

Stéphane De Bona        

   



mardi 26 septembre 2006, a 16:22
Le cinéma citoyen

La République enfin reconnaissante 

 

 

La palme d’or du Festival de Cannes 2006, décernée au film « Indigènes » de Rachid Bouchareb, semble avoir touché la classe politique. Quarante sept ans après la cristallisation des retraites des anciens combattants issus de nos anciennes colonies, un film retrace la vie de ces hommes au combat pour libérer la France métropolitaine de l’occupation nazie. Malheureusement pour eux, ils furent les grands oubliés de l’histoire et, pire encore, leur descendance est aujourd’hui en proie au racisme. Ce film citoyen a ému notre chef d’état, qui a été mobilisé par la première dame de France en ces termes : « Jacques, il faut faire quelque chose », lors de la projection en avant première de ce long métrage. Le président va donc mettre, dans quelques jours, les moyens pour indemniser ces anciens valeureux combattants et faire cesser une inégalité de traitement entre les vétérans de la seconde guerre mondiale. Le ministre des anciens combattants, Hamiaoui Mekachera issu lui-même de cette minorité visible, peut se féliciter d’être le politique qui mettra fin à cette injustice. Les 80 000 vétérans vont être reconnus et cela va sans doute permettre aux jeunes issus de l’émigration de se sentir des français à part entière.

 

Le film « Indigènes » réalise un devoir de mémoire mal connu de la population française

 

 Ce film est le premier devoir de mémoire qui rend hommage aux habitants de l’ancien Empire français. Il faudra encore les réhabiliter dans les livres d’histoire et faire cesser les discriminations qui règnent dans les banlieues en recréant la mixité sociale, seul moyen de montrer à l’ensemble de nos compatriotes que notre nation est une et indivisible. Peu à peu, les zones d’ombre de l’histoire française (comme la période vichyssoise, la guerre d’Algérie, etc) semblent s’estomper. L’état français parait tirer les leçons du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, qui a fortement divisé le peuple. Cette réaction pourra-t-elle faire oublier les émeutes de Novembre 2005 dans les banlieues et permettre au scrutin de 2007 d’être une échéance démocratique normale, avec l’absence de l’extrême droite au second tour ?

 

Enfin, pour en revenir au film, il est la preuve que le cinéma d’art et d’essai ou d’engagement peut faire bouger les structures sociales et culturelles de la France. Espérons qu’une nouvelle génération de cinéastes, comme ceux de la nouvelle vague, va grandir et redorer l’image de l’Europe dans le monde en la distinguant fortement de celle des américains.

 

Stéphane De Bona



vendredi 15 septembre 2006, a 12:29
Inquiétante montée des jeunesses Lepénistes

    

Pendant son université d’été et la fête du Front National « les Blancs Bleus », Jean Marie Le Pen a mis en avant la formation de ses jeunes cadres initiés dans les années 1990 par Marine Le Pen, grâce à son association « Génération Le Pen ». Pendant trois jours, les jeunes étaient réunis par le Front National dans le but de former ses futurs cadres. Le challenge du Front National, qui est de devenir un parti populaire, est en passe d’être gagné. Cette réunion regroupait des jeunes de 14 à 25 ans (il faudrait d’ailleurs se poser la question si ce type de rassemblement, avec un grand nombre de mineurs, est légal). A cet âge, l’esprit de la jeunesse est encore très modulable et, pour peu que les parents soient engagés eux aussi dans ce parti extrémiste, l’embrigadement est réussi. Le Front National nous montre, par cet acte qui ressemble étrangement aux rassemblements des jeunesses hitlériennes et aux camps de rééducation staliniens, que ce parti est l’archétype d’une structure totalitaire du 21ème siècle. Comme tous les partis totalitaires, il utilise les failles juridiques des règles du pouvoir et réaffirme son attachement à la pureté de la nation par des symboles liés à la grandeur de son histoire.

 

Il ne faut certainement pas laisser ces symboles (comme celui de Jeanne d’Arc qui a libéré la France de l’invasion des Anglais) à ce type d’organisation. Nous devons enseigner à notre jeunesse l’attachement à notre patrie par l’apprentissage du civisme, de la citoyenneté et de l’histoire dans l’ordre chronologique. Ceci est la seule garantie pour que des révisionnistes ne tirent pas certains événements de leur contexte pour les utiliser à leur avantage et ainsi, exacerber le nationalisme par sa supériorité ethnique.

 

La seconde guerre mondiale, qui a été une formidable industrie d’extermination systématique (des juifs, des homosexuels, des noirs, des infirmes, …), ne doit pas pouvoir se reproduire après la mort de ses derniers témoins. C’est pour cela que les générations futures auront un devoir de mémoire à transmettre.

Marine Le Pen est d’autant plus dangereuse que les dérives verbales de son père ne font que desservir son parti. Il ne faut donc plus s’attendre à entendre des répliques comme « Durafour, crématoire » qui, dans peu de temps, n’auront plus autant de force symbolique qu’aujourd’hui. Le parti va donc avancer masqué et l’un des seuls liens entre les partis extrémistes d’hier et d’aujourd’hui sera le népotisme (acte de mettre quelqu’un de sa famille au pouvoir pour le remplacer). Il ne faudra pas non plus penser qu’une femme à la tête d’un parti totalitaire peut être plus douce. Elle est aussi dangereuse, si ce n’est pas plus, car elle saura utiliser son intelligence et ses charmes.

 

Stéphane De Bona           



vendredi 07 juillet 2006, a 17:28
Un projet pour mieux vivre.

  Le texte qui suit retrace une partie de la naissance du département de philosophie à Metz. Depuis cet article paru à l’époque dans le 1er journal de Sciences Humaines et Philosophie de l’Université Paul Verlaine, la situation a bien évolué. En 2002, l’Université de Metz signait un contrat de coopération avec l’Université de Luxembourg pour l’ouverture d’une licence commune. L’année suivante, après un partenariat fructueux, le gouvernement Luxembourgeois s’engagea à ouvrir une maîtrise, qui nous a été, dans un 1er temps, refusée par l’état français; ce qui a obligé le Luxembourg à réaliser cette année transitoire entre le 2ème et le 3ème cycle de son propre chef, en collaboration directe avec l’Université Paul Verlaine de Metz. Les étudiants français furent soumis exclusivement aux règles Luxembourgeoises durant deux ans.

 

Cette année, lors de la rentrée 2005-2006, avec la mise en place du parcours d’étude Européen commun s’intitulant « la réforme du LMD » (Licence, Master, Doctorat) un partenariat plus large fut établi entre Nancy, Metz et Luxembourg, preuve qu’une Europe à visage humain, ou encore que l’on pourrait appeler Europe des Régions est possible. A terme, il est envisageable que notre politique régionale s’établisse au Grand Est, regroupant les universités de Nancy, Metz, Strasbourg et Luxembourg  et pourquoi pas des coopérations avec la Belgique et l’Allemagne. Cela pour dire que l’engagement des citoyens dans la vie de la cité et, également en politique peut faire évoluer vers un mieux être commun une situation fortement compromise, voir désespérée.

 

Il faut avoir à l’esprit que l’Europe ne se fera pas sans les peuples et que les citoyens composant les nations ne peuvent pas tout attendre des politiques, mais ceux-ci doivent être une force de proposition et avoir conscience que ce n’est pas en se recroquevillant sur nous-même que nous pourrons créer un monde plus juste.                        

 

 

L’ouverture d’un second cycle de philosophie

à METZ pour l’année 2001-2002 ?

 

S’engager pour se défendre.

 

  Je choisis ici de prendre position pour l’ouverture d’un second cycle de philosophie à Metz et de défendre mon point de vue en empruntant le vocabulaire de Jean-Paul SARTRE, car il est le modèle du philosophe engagé qui assume ses choix et défend des causes justes avec courage et détermination. Il n’hésite  pas à pousser les systèmes politiques et sociaux dans leurs derniers retranchements. Pour illustrer mes propos, je prendrai quelques repères biographiques qui ont fait de SARTRE un homme à part. En effet, il est l’un des premiers à avoir condamné l’invasion de la Hongrie par l’U.R.S.S. en 1956, alors qu’il faut le rappeler, SARTRE est un compagnon du Parti Communiste Français. En 1964, il est également à l’origine d’un autre coup d’éclat : il se voit attribuer le Prix Nobel de littérature, mais le refuse. Ces deux actes montrent bien que SARTRE est un homme libre, comme il veut l’expliquer dans sa philosophie, mais également engagé. Sa philosophie que je qualifierai de progressiste met l’homme en face de ses responsabilités, et il est difficile pour lui de se dérober.

En 1998, quelques étudiants (une trentaine au début et une soixantaine en fin d’année) et leurs professeurs de philosophie de Metz ont fait le choix* de participer à l’ouverture d’un département de philosophie. Ce choix devient alors projet* et ouvre le chemin à une aventure palpitante et heureuse pour ces quelques privilégiés. En effet, il règne dans ce département tout neuf une ambiance joyeuse et pleine de créativité (peut-être parce que les étudiants en philosophie ont bien fait le choix de leur formation et ne sont pas arrivés dans cette voie par hasard). Les étudiants en philosophie ne sont pas comme dans certaines autres promotions de l’université, des parachutés à l’essai dans la filière universitaire, mais ils sont bel et  bien engagés* dans leurs études par passion et trouvent leur équilibre pour faire face à une société malade et désorganisée. La formation en philosophie apporte à l’étudiant un esprit critique, l’aide à se défendre contre les idées préconçues et à affronter les difficultés de la vie de tous les jours.

 

 

Et si ce n’était pas de la mauvaise foi !

 

Malheureusement, ce beau projet n’a abouti que dans sa première phase (premier cycle universitaire : DEUG) : l’année dernière, il nous a été rétorqué que les budgets universitaires n’étaient pas débloqués pour l’ouverture du second cycle; mais la “ porte” n’a pas été totalement fermée, car des responsables universitaires ont pris l’engagement de réaliser l’ouverture l’année suivante. Je ne pense pas que cet engagement soit un acte de mauvaise foi*, mais bien une chose en soi*. Malgré tout, il ne faudrait pas que les querelles entre responsables de la faculté, ainsi que les échéances électorales 2001-2002 (élections Municipales, Présidentielles et Législatives) aient lieu au détriment des étudiants de philosophie, car l’échec de la poursuite des études à Metz, l’année dernière, a provoqué un éclatement du groupe très mal ressenti par les étudiants. Cette expérience n’existera* plus, je l’espère, pour les nouveaux diplômés de 2001; ils pourront alors sereinement continuer l’aventure. A nous tous de démontrer notre détermination en engageant des actions concrètes.

 

“ L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il fait. “

(Jean -Paul SARTRE, L’existentialisme est un humanisme)

 

* Vocabulaire philosophique

Choix : acte fondateur individuel ou collectif, basé sur l’imagination intellectuelle et en partie émotionnelle qui engage toute l’humanité.

Projet : il est racine de la liberté dans la mesure où il donne une signification à la situation soit pour l’accepter, soit pour la modifier dans tel ou tel sens. C’est un acte intentionnel qui donne un sens à la situation où l’on se trouve.

Engagé : l’engagement caractérise nécessairement l’être humain dans la mesure où ce dernier, étant toujours en situation, ne peut en aucun cas prétendre à la neutralité (PASCAL : “ Nous sommes tous embarqués. “) L’acte individuel engage toute l’humanité (L’existentialisme est un humanisme).

Mauvaise foi : l’expression désigne plus spécialement l’attitude par laquelle la conscience d’un sujet cherche à se tromper elle-même, afin de se voiler ses responsabilités et d’échapper à l’angoisse que celles-ci pourraient provoquer.

En-soi : l’en-soi est le mode d’être du réel en tant qu’il est présence indifférente sans relation avec l’extérieur et doté d’une existence ignorant tout autre que lui-même. Pour SARTRE : l’être de fait, opaque à lui-même, dépourvu de conscience (c’est-à-dire incapable de se constituer en spectateur de soi-même).

Existence : c’est radicalement le fait d’être. D’où deux approches possibles : de l’existence en soi, indépendamment de toute connaissance possible, et de l’existence dans l’expérience (actuelle ou possible) par opposition au néant. Dans l’existentialisme, le terme retrouve quelque chose de son étymologie (ex-sistere : se tenir hors de) pour désigner plus précisément le mode d’être du sujet humain, c’est-à-dire du pour soi. 

 

De Bona Stéphane

jeudi 06 juillet 2006, a 23:10
La Réunification du Parti Radical

  Pourquoi suis-je proche du Parti Radical de Gauche ?

 

Historique

 

Le radicalisme est né en France sous le règne de Louis Philippe 1er entre 1830 et 1848. Loin d’être une idéologie, c’est d’abord une manière de penser. Il rejette les idées de classe propre au parti de gauche à tendance marxiste, mais intègre l’économie de marché tout en rejetant le « tout libéral » qui donne une part négligeable, pour ne pas dire inexistante à la protection sociale. C’est d’abord un parti réformateur qui donne une place importante à la diversité culturelle. Pour garantir le « vivre ensemble » de la société, il s’appuie sur le concept fort de la laïcité et met en valeur la devise républicaine de la nation française : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Son ancrage à gauche est du essentiellement à son envie de vouloir garantir et faire perdurer notre protection sociale, unique dans le monde, ainsi qu’à sa volonté de créer des nouveaux acquis sociaux. C’est un parti profondément européen qui souhaite une structure de l’union fédérale afin d’avoir des lois communes pour faire face à la globalisation de l’économie mondiale et permettre de garder une identité nationale. Le parti radical de gauche, né de l’Esprit des Lumières incarné par Condorcet et Voltaire, a eu un parcours mouvementé en raison de sa désunion en 1974, lors de l’élection présidentielle. Une tendance de droite, dont le leader a été Jean-Jacques Servan-Schreiber, appelle à voter Valéry Giscard d’Estaing et une autre reste fidèle à la gauche et au candidat François Mitterrand, sous la houlette de Robert Fabre. Après cette désunion, les deux partis, de gauche comme de droite restent groupusculaire. C’est grâce à une épopée victorieuse de la liste "Énergie Radicale" le 12 juin 1994, aux élections européennes conduite par Bernard Tapie qui obtient 12,03% et 13 élus au parlement européen que le parti semble revivre. Mais cette résurrection ne sera que de courte durée, compte tenu des ennuis judiciaires de son principal leader. A ce jour tout reste à écrire.

 

Se rassembler pour gagner

 

Aujourd’hui, le parti radical de gauche pourrait incarner une alternative au pouvoir socialiste et U.M.P. tout en rejetant les extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Pour cela, il faudrait tout d’abord que les deux partis radicaux se réunissent. Et l’occasion est belle! Puisque Jean-Louis Borloo vient d’être élu vice président du parti radical de droite. Il participe activement au gouvernement et met en place, en tant que ministre du travail, une politique de cohésion sociale qui commence à porter ses fruits. Après avoir été l’un des principaux avocats de Bernard Tapie, lorsqu’il était chef d’entreprise, l’amitié fidèle de Jean-Louis Borloo pour son client, qui ne s'est jamais démentie, lorsqu’il était dans la tourmente judiciaire pourrait permettre l’unification des deux partis. Il pourrait former un programme commun de réunification, qui serait plus logique qu’une alliance entre les radicaux de droite et l’U.M.P. Une fois  cette étape cruciale franchie, le parti radical pourrait alors se tourner vers la branche social-libérale du  parti socialiste ; et pour aller encore plus loin, négocier au cas par cas des candidatures unifiées avec l’U.D.F. de François Bayrou qui ne fait plus, à proprement parler de la majorité après son refus du vote du budget 2006. Les partis radicaux ne doivent pas rester des satellites des deux formations politiques les plus importantes de France. Ces options stratégiques demandent à être débattues et je vous invite à donner votre point de vue sur ce site.  

         

Un sympathisant Radical

Stéphane De Bona

lundi 12 juin 2006, a 23:41
Le Front Populaire (1936-2006) : 70 Ans déjà !

  Le Front Populaire

 

 

Introduction :

 

            On baptise parfois Front Populaire tout accord conclu entre socialistes et communistes. Historiquement, cette dénomination est défectueuse : le Front Populaire associait aux socialistes et aux communistes des socialistes indépendants et des radicaux. Il n’était pas seulement un accord entre partis ; de grandes associations y avaient adhéré ; elles possédaient la majorité au Comité directeur où elles étaient susceptibles sinon d’arbitrer, tout au moins d’apaiser les différends. Le Front Populaire de 1935-38 a donc été sensiblement plus vaste qu’un accord entre socialistes et communistes auquel s’applique mieux l’expression de front unique.

 

 

I  LES ORIGINES DU FRONT POPULAIRE

 

Le front Populaire est né de la crise économique de 1929 et de ses conséquences sociales et politiques.

 

1)      La crise économique

 

La France était entrée par étapes dans la grande dépression économique. Cependant, elle fut le dernier grand pays industriel à être touché en profondeur puisqu’elle ne ressentit les premiers effets sérieux de la crise qu’en 1931. C’est le reflux de la dévaluation qui enfonça la France dans la crise. Les mesures que les gouvernements successifs mirent en œuvre pour arrêter la crise s’avérèrent tout à fait inéfficaces, parfois nuisibles, souvent dérisoires.

 

Quelle politique adopter ?

 

De l’extrême gauche à l’extrême droite, l’opinion et les milieux parlementaires sont unanimes pour refuser une dévaluation et une amputation du pouvoir d'achat de la monnaie. C'est à partir du gouvernement Doumergue (février novembre 1934) et surtout avec le gouvernement Laval (juin 1935-janvier 1936) que se trouve systématiquement appliquée une politique de déflation: elle consiste à provoquer une baisse des prix en réduisant brutalement la masse monétaire. Les résultats de cette politique, à partir de l'été 1935, ont eu une reprise phénoménale. Elle était due à la conjoncture internationale, aux mauvaises récoltes de l'année, mais surtout à l'émission de bons du Trésor pour un montant de 5 milliards, soit 10 % du budget des dépenses de l'Etat. En fait, cette émission a jouée un rôle inflationniste, c'est-à-dire tout le contraire de la politique de déflation.

 

2) La crise sociale

 

Quels furent les groupes sociaux les plus atteints par la crise?

 

D'abord les chômeurs puis les exploitants agricoles qui se repliaient sur l'autoconsommation, comprimaient leur rémunération et produisirent même à perte en 1934-35, de même les commerçants et les chefs des P.M.E. industrielles, plus tardivement les fonctionnaires.

 

La crise de l'emploi entretenait chez la plupart des ouvriers l'angoisse du licenciement. Dans certaines branches, comme précisément dans l'industrie automobile, la précarité de l'emploi était aggravée par la fluctuation saisonnière des commandes. De là en découle la quasi-répulsion de la classe ouvrière envers les grèves et les syndicats.

 

En 1934 sur 12 millions de salariés

la C.G.T. ne comptait que 490 000 adhérents

 

 

Ainsi le nombre de chômeurs déclarés:

 

-en 1931 était de 453 000

 

-en 1936 est passé à 864 000

soit 4,3 % de la population active.

 

 

3) La crise politique

 

Elle était du à l'incapacité des classes dirigeantes de maîtriser les problèmes de l'heure. Les élections de 1932 avaient envoyé à la Chambre une majorité de "cartelliste" c'est-à-dire d'alliance entre les radicaux et les socialistes, mais les deux partis divergeaient sur beaucoup de grandes questions. L'impuissance de pratiquer une politique purement radicale, celle de la déflation budgétaire nourrissait un antiparlementarisme croissant et l'agitation des ligues qui réclamaient un pouvoir fort comme les Jeunesses patriotes ou les Francistes. En janvier 1934, l'affaire Stavisky catalysa le mécontement. Cet escroc financier lié aux milieux politiques a été découvert mort le 27 janvier 1934, le gouvernement Chautemps démissionne accuser d’avoir voulu étouffer l’affaire.

 

Le 6 février, à l'appel des ligues, des milliers de manifestants marchent sur la Chambre des Députés. Le bilan des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre a été de 17 morts et de plus de 2 300 blessés. A gauche, de façon quasi unanime, on considéra le 6 février comme une tentative de prise du pouvoir par des groupes fascistes. Et on était décidé à réagir contre ces ligues qui avaient poussé à la démission (le 7 février) un Président du Conseil qui venait d'obtenir une large majorité à la Chambre.

 

II LA CONSTITUTION DU FRONT POPULAIRE

 

Au lendemain de la grande manifestation du 14 juillet 1935, le Comité national du Rassemblement populaire décida à l'unanimité de se maintenir et de poursuivre en commun la lutte pour les objectifs définis dans le serment prêté ce jour-là. Il convenait de doter le Rassemblement, d'abord d'un règlement intérieur et de structures internes, ensuite d'un programme qui permettrait aux différentes organisations adhérentes d'offrir aux électeurs un ensemble de mesures qu’elles appliqueraient au gouvernement en cas de victoire.

 

1) Les structures du Rassemblement populaire

 

Dès avant le 14 juillet 1935, le Rassemblement populaire avait reçu l'adhésion d'une cinquantaine d'organisations; au début de 1936, il en dénombrait 98. Tous les mouvements importants qui faisaient partie du paysage politico-culturel de la gauche avaient donné leur adhésion. Comme on ne pouvait accorder le même poids à tous les groupements, il fut décidé que le Comité d'Organisation, nouveau nom du Comité national de Rassemblement populaire, serait dirigé, comme avant le 14 juillet 1935, par les représentants des 10 grands partis et mouvements signataires de l'appel. Le 10 Janvier fut adopté le programme de Rassemblement.

 

2) Le programme du Rassemblement populaire.

 

Publié le 12 janvier 1936, ce programme est le premier document 'de ce type élaboré par tous les partis et groupements de gauche depuis l'origine de la République. Un long préambule définit ses grandes orientations (liberté, paix, lutte contre la crise, "solutions de justice") ; il souligne que "ce programme est volontairement limité aux mesures immédiatement applicables", que chaque parti ou organisation adhérente n'abdique rien" de sa doctrine, de ses principes et de ses fins particulières" et il lance un appel "aux masses populaires" pour soutenir et faire triompher les revendications annoncées.

 

Le programme du Rassemblement n'était pas un programme de gouvernement, mais un texte qui fixait de grandes orientations. Ainsi, Léon Blum, chef de la CGT ne s'attendait pas à voir son parti accéder à la direction du Gouvernement.

 

3) La campagne électorale

 

Avant même que ne s'ouvrit la campagne électorale un grave incident survint, qui aurait pu tourner à la tragédie. Le 13 mars, Léon Blum, le leader socialiste, fut sérieusement blessé par les militants de l'Action Française. C'est pourquoi, la gauche a été conduit par l'émotion populaire à organiser le 16 mars, un grand cortège de protestations.

 

Sur le plan purement politique, les forces de droite durcissaient leurs positions malgré les nombreux échecs dont elle était responsable. Parmi les forces résolument hostiles au Rassemblement populaire se rangeait l'Eglise Catholique qui annonçait qu'il ne pouvait y avoir un "socialisme chrétien".

 

III L' ARRIVEE DU FRONT POPULAIRE

 

1) Le succès du Front Populaire

 

Le climat tendu, suite à la manifestation du 6 février 1934, est propice à l'arrivée au pouvoir de la coalition de gauche "le Front Populaire". Il est formé de la SFIO (parti socialiste d'aujourd'hui), des radicaux et du parti communiste .Ils sont élus aux élections législatives de mai 1936, en fondant leur campagne sur un programme modéré résumé par ces trois mots: "Pain, Paix, et Liberté". Léon Blum forme le Gouvernement composé de socialistes et de radicaux et soutenu par les communistes qui n'y participent pas.

 

Au lendemain des élections, le Gouvernement est déjà obligé de faire face à des grèves spontanées organisées par les salariés afin d'obtenir du Gouvernement et du patronat des mesures sociales. Elles s'étendent à tous les secteurs mis à part celui de la fonction publique. Les grèves se passent dans une atmosphère de fête: les salariés se rendent à leur lieu de travail avec des instruments de musique. Ils occupent les lieux mais respectent le matériel, et même l’entretiennent. C’est une grève sur le tas.

 

2) Les réformes et le climat social

 

- Les réformes

 

Léon Blum, face à ces grèves, réunit le patronat et la CGT pour des négociations (le 7 Juin, les Accords de Matignon sont signés). Il s'agit de :

 

-La reconnaissance par les patrons des droits syndicaux

-Le principe des conventions collectives

-L'augmentation des salaires de 7 à 15 %

 

Puis, un ensemble de lois sociales est voté, destinées à lutter contre le chômage (1 500000 chômeurs en 1933, dont la majorité ne touchent pas d'indemnités) et à relancer l'économie.

 

-Les salariés obtiennent 12jours de congés payés obligatoires annuels.

 

-La semaine de 40 heures est instaurée (au lieu de 48 heures) sans diminution de salaire.

 

-Les traitements et les pensions sont relevés.

 

-La scolarité est augmentée (elle est obligatoire jusqu'à 14 ans au lieu de 13)

 

-Un sous-secrétariat d'état aux sports et aux loisirs est crée pour inciter au développement des activités de plein air et à la culture populaire.

 

- Un Office du blé est crée pour relever le pouvoir d'achat des paysans et l’aérospatiale et l'armement sont partiellement nationalisés ce qui renforce le rôle de l'Etat dans le domaine économique.

 

- Le climat social après les réformes

 

Durant l'été 1936, les familles les plus modestes partent pour la première fois en vacances et l'euphorie gagne peu à peu la population. Pourtant certains sont inquiets devant la montée rapide du totalitarisme que constitue l'axe Rome-Berlin signé en 1936 par Hitler et Mussolini. Mais leurs propos ne sont pas pris au sérieux: les Français pensent, pour la majorité, que leur armée est la meilleure du Monde et qu'elle aura vite raison de ces dictateurs s'ils décident d'envahir leur pays.

 

Après l'été, la gravité de la situation économique (stagnation de la production, hausse vertigineuse des prix) contraint le Gouvernement à dévaluer le franc. Mais les bienfaits de cette mesure financière ne sont pas durables, et Léon Blum décide en février 1937 de suspendre la suite des réformes prévues par le Front Populaire. Cette "pause" ne permet pas de redresser l'économie et il s'en suit une violente opposition:

 

-La presse de droite lance une campagne antisémite contre les membres israélites du Gouvernement, et, en tout premier lieu Léon Blum.

 

-Une campagne de calomnies se développe contre certains ministres: on accuse le ministre de l'intérieur Georges Salengo d'avoir déserté durant la guerre et on le pousse au suicide.

 

- Les ligues de droite qui avaient été dissoutes se reconstituent sous d'autres noms et recommencent une agitation.

 

- La gauche se divise profondément sur la guerre d'Espagne qui oppose les républicains (fidèles au Gouvernement) et les partisans du général Franco qui a pris les armes contre le pouvoir légal en 1936.

 

Le Gouvernement aurait voulu apporter son aide à la jeune République espagnole, mais se heurte à l'opposition des ministres radicaux et d'une partie des socialistes alors que les communistes réclament des avions et des camions pour l'Espagne.

 

3) La fin du Front Populaire

 

Léon Blum est violemment attaqué au Sénat sur sa politique économique : il se voit refuser les pleins pouvoirs financiers. Il démissionne en juin 1937.

 

Il y aura encore trois autres Gouvernements de Front Populaire qui se heurtent aux mêmes difficultés. Leur seule réalisation sera la nationalisation des chemins de fer (naissance de la SNCF)

 

En 1938, les radicaux s'allient au centre et à la droite, et forment le ministère Daladier. Les questions internationales préoccupent les français. Le 29 septembre 1938, la conférence rassemblant l'Allemagne d'Hitler, l'Italie de Mussolini et le président du conseil français Daladier aboutit aux Accords de Munich qui doivent garantir qu'Hitler et Mussolini ne formuleront pas de revendications territoriales en Europe.

 

A son grand étonnement, Daladier est acclamé par la foule à son retour de Munich: la France croyait à un apaisement alors que ce n'était qu'une "reculade". La France est en route vers la guerre.

 

Conclusion

 

En conclusion, l'expérience du Front Populaire aussi courte fût-elle a montré que des partis d'une même tendance peuvent élaborer un programme commun et gouverner ensemble. Cette expérience reste pour de nombreux français comme un moment privilégié on a soufflé un esprit nouveau sur la vie politique. Toutefois, un tel gouvernement de type Front Populaire, rassemblant des partis d’une même tendance politique est difficile de nos jours car, les partis d’un même bord n’ont plus les mêmes ambitions. En 1936, l’occasion de cette union s’est faite contre la montée du fascisme en Europe pour enrailler la montée du totalitarisme. De nos jours, ce même mal nous guette. De plus, ils pourraient lutter ensemble contre le chômage, ce « cancer » qui nous ronge tous les jours un peu plus.

 

Cela est bien connu : « l’union fait la force »       

 

Stéphane De Bona

Présentation
De Bona Stéphane

Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devais pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".

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