Gibran Khalil Gibran figure en bonne place parmi les poètes et peintres issus du Moyen-Orient, grâce notamment à son recueil : Le Prophète. Né au Liban (1883 à Bcharré - 1931 à New York), il a ensuite séjourné en Europe et surtout aux États-Unis où il a passé la majeure partie de sa vie. Chrétien de rite maronite, son Église jugera hérétique son troisième livre, Esprits rebelles. De 1908 à 1910, il séjourne à Paris et étudie à l'Académie des Beaux-arts ; il rencontre de nombreux artistes : Rodin, Debussy, Maeterlinck, Rostand. En 1923, il publie Le Prophète, qui sera un succès immédiat et restera son œuvre majeur. Il meurt le 10 Avril 1931 dans un hôpital de New York, d'un cancer du foie. Son corps est rapatrié à sa demande dans le monastère Mar Sarkis, non loin de Bcharré.
Table des Matières avec liens web au Chapitre 1Chapitre 1l'amour
Chapitre 2 le mariage
Chapitre 3 les enfants
Chapitre 4 le don
Chapitre 5 la boisson et la nourriture
Chapitre 6 le travail
Chapitre 7 la joie et la tristesse
Chapitre 8 les maisons
Chapitre 9 les vêtements
Chapitre 10 l'achat et la vente
Chapitre 11 le crime et les chatiments
Chapitre 12 les lois
Chapitre 13 la liberte
Chapitre 14 la raison et la passion
Chapitre 15 la souffrance
Chapitre 16 la connaissance de soi
Chapitre 17 l'enseignement
Chapitre 18 l'amitié
Chapitre 19 la parole
Chapitre 20le temps
Chapitre 21 le bien et le mal
Chapitre 22 la priere
Chapitre 23 le plaisir
Chapitre 24 la beauté
Chapitre 25 la religion
Chapitre 26 la mort
Chapitre 27 EPILOGUE
Le livre
Ecrit en anglais, le Prophète est une œuvre poétique faite d'aphorismes et de paraboles, livrés par un prophète en exil sur le point de rentrer chez lui. Aux grandes questions de la vie, celui-ci livre au peuple qui l'a accueilli pendant douze ans des réponses simples et pénétrantes. Des thèmes universels sont abordés, mais le fil conducteur reste l'amour. Ainsi est-il dit sur le mariage :
« Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe. »
C'est ainsi que Le Prophète est parfois lu à l'occasion de mariages, essentiellement aux États-Unis. À côté des grandes questions de la vie pratique, comme le mariage ou les enfants, le lecteur découvre la connaissance de soi et la religion, conçue ici comme universelle. Ainsi, ce qui fait le succès du Prophète est son universalisme, apte à en faire le livre de chevet de tout un chacun, emportant l'adhésion par de grandes valeurs comme la liberté, l'amour, le respect de l'autre. En cela, le Prophète est un écrit totalement humaniste.
Khalil Gibran a écrit plusieurs livres en arabe et en anglais , mais aucun n'égale Le Prophète qui traduit sur le mode poétique un sentiment intensément religieux de la vie. La vision du monde de Khalil Gibran n'est pas catholique au sens propre du mot; dans Le Prophète, on trouve, à côté de thèmes plus ou moins panthéiste, d'admirables chant sur l'amour, la solitude, la beauté, le don, le travail, etc. Ils éveillent au plus secret de nous-même des sentiments très purs qui ont une valeur religieuse universelle. (texte de couverture, Le Prophète, 1956)
Les blogs doivent participer au boycott (la journée du silence)
Depuis son élection, nous n'avons pas vécu une journée sans que notre président Nicolas Sarkozy soit à la une de la presse. Les programmes à la télévision sont devenus aseptisés. La réflexion sur les projets de réforme de notre président est inexistante. Plus une place pour la critique !
C'est pour cela, cher amis bloggeurs que je vous invite à participer à la journée sans Sarkozy dans les médias. Comme les journalistes nous participons à faire sa promotion. Même si nos articles sont parfois critiques, nous le donnons parfois du grain à moudre. Alors changeons de tactique ! Ne dit-on pas que l'indifférence et le plus grand des mépris ? Le 30 novembre 2007, pensez à boycotter Sarkozy également sur vos blogs (nous sommes le média de demain).
Stéphane De Bona
Le Boycott est organisé par la presse officielle
Vous êtes journaliste ? Pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaire ! Rien de rien, s’il vous plaît, qu’un inhabituel et démocratique silence ! Rompez, pour 24 heures, avec vos habitudes et aidez ainsi les Françaises et les Français à se désintoxiquer de la sarkozite médiatique !
Vous êtes simple citoyen et vous en avez plus qu’assez de l’omniprésence du président de la République dans les médias ? Aidez-nous à faire de cette journée un immense succès : relayez par tous les moyens cet appel auprès des rédactions des chaînes de télévision, de radio et des journaux ! Parlez à vos proches, vos amis, vos collègues de cette journée exceptionnelle ! Et, bien sûr, abstenez-vous durant ces 24 heures de toute conversation au sujet de Nicolas Sarkozy ! Que son nom, un jour dans l’année, ne soit même pas prononcé ! Cela nous fera du bien à tous et à sa modestie aussi…
Le 30 novembre 2006, Nicolas Sarkozy annonçait officiellement sa candidature à l’élection présidentielle.
Fêtons dignement cet anniversaire !
Faisons, ensemble, du 30 novembre 2007 une grande journée de la démocratie et de la liberté de la presse !
Après 11 mois d’existence, votre blog favori va changer de titre. Pourquoi ce changement ? Tout d’abord, pour affirmer son identité et lui donner un aspect plus journalistique. En effet, son titre précédent ne reflétait que son contenu et ne définissait aucunement sa ligne directrice. Son nouveau titre « Electron Livre » veut définir plus précisément son état d’esprit. Depuis que vous fréquentez ces pages, vous avez peut-être remarqué que je ne m’interdis aucun sujet touchant de près ou de loin à l’actualité et que son ton est parfois politiquement incorrect, tant il essaie de rassembler des idées parfois opposées que nos politiques ou intellectuels du moment trouvent inconciliables. Pourtant, le débat d’idées et la controverse produisent souvent de nouveaux paradigmes (nouvelles idées qui produisent une vision du monde) à même de nous sortir de situations difficiles, mais encore faut-il les accepter !
Pourquoi avoir choisi ce titre ?
L’électron est une partie de l’atome. Le mouvement d'un électron produit un courant électrique, associé à un champ magnétique. Ceci est à la base de toute l'électricité et à de nombreux phénomènes optiques. Un « jet d'électrons » dans le vide est utilisé dans les tubes cathodiques (téléviseurs). Par ailleurs, la décélération d'un électron provoque l'émission d'un photon, qui peut être, selon l'énergie cinétique mise en œuvre, de la lumière ou des rayons X .
Le mouvement d’un électron est, pour moi, synonyme de liberté. D’ailleurs, lorsqu’il n’est pas associé à une particule chargée positivement, on parle alors d’électron libre. Sa production d’énergie nous éclaire et nous aide à ne pas sombrer dans l’obscurantisme. J’y ai associé le livre, objet de savoir et de transmission. Sans les connaissances de la culture classique transmise par l’imprimerie, l’humanité n’aurait pas connu une telle évolution. Nous serions restés dans l’ignorance qui véhicule tous les fantasmes et rendent crédibles les idées fausses. Le savoir écrit dans les livres est donc également une source intarissable qui garantit notre liberté. J’en ai pour preuve que la première mesure d’un régime totalitaire est de détruire les livres par l’autodafé et de contrôler l’information. Voilà pourquoi j’ai choisi d’accoler ces deux termes empêcheurs de tourner en rond. Ils nous aident à lutter contre les différentes formes de fanatisme que nous connaissons en ces temps néo-réactionnaires.
Stéphane De Bona
PARIS (Reuters) - Le procès engagé par des organisations musulmanes contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo pour avoir publié en 2006 trois dessins représentant le prophète Mahomet s'est ouvert à Paris en l'absence des plaignants.
L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Grande mosquée de Paris et la Ligue islamique mondiale poursuivent l'hebdomadaire satirique pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", incrimination qui vise la société d'édition et son directeur de publication Philippe Val.
Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), ne s'est pas rendu au tribunal où il s'est fait représenter par son avocat Me Francis Szpiner. Les deux autres organisations étaient également représentées par leurs avocats.
L'avocat de Charlie Hebdo, Me Georges Kiejman, a qualifié ces absences de "dérobade".
Se présentant en porte-drapeau de la liberté d'expression, le périodique avait repris en février 2006 certaines des caricatures de Mahomet publiées initialement en septembre 2005 dans le journal danois Jyllands-Posten.
Il s'agissait du point de vue de Charlie Hebdo de répliquer à la vague de manifestations violentes et au boycott des produits industriels danois provoqués dans le monde musulman par des religieux qui jugeaient les dessins danois blasphématoires ou racistes.
"VOILER CHARLIE !"
Philippe Val, le directeur de la publication de Charlie Hebdo, est en théorie passible de six mois de prison et de 22.500 euros d'amende, mais en cas de culpabilité, la jurisprudence limite en général les peines à des amendes.
L'initiative de Charlie Hebdo avait suscité une critique du président Chirac qui avait condamné une "provocation manifeste" susceptible à ses yeux "d'attiser dangereusement les passions".
La rédaction du magazine satirique a fusionné avec celle du quotidien Libération pour une édition commune mercredi, avec de nombreux dessins sur les intégristes, dans le but affiché de défendre la liberté d'expression.
La "une" de Charlie montre un prêtre catholique, un rabbin et un imam clamant ensemble : "il faut voiler Charlie !" Celle de Libération montre un imam barbu s'attaquant à la hache à un crayon.
Dans un éditorial, le directeur de Libération s'en prend au président de la République, qui avait en son temps condamné l'initiative de Charlie Hebdo.
"Ce procès idiot, manifestement favorisé par Jacques Chirac, qui a un contrat d'armement à la place du cerveau, est un procès de presse", écrit-il.
Sur les trois dessins visés par la poursuite, deux publiés initialement au Danemark montrent pour l'un le prophète Mahomet avec une bombe dans son turban et pour l'autre, le même personnage accueillant des kamikazes au paradis et déclarant, "stop, on est à court de vierges".
Le troisième dessin attaqué, publié en couverture de Charlie hebdo, est une production propre et montre, avec un titre "Mahomet débordé par les intégristes", le prophète qui se voile les yeux et dit : "c'est dur d'être aimé par des cons".
Anna Politkovskaïa : mort d’une spécialiste du conflit Tchétchène
Anna Politkovskaïa a été assassinée Samedi 7 Octobre 2006 en rentrant chez elle, à son appartement de Moscou.
La journaliste Russe luttait depuis plusieurs années contre la politique du Kremlin en Tchétchénie. La guerre menée aux séparatistes Tchétchènes par le président Russe Vladimir Poutine, au nom du combat anti-terroriste mondial était considérée par cette ardente avocate de la liberté de la presse comme contraire aux droits de l'homme. La police chargée de l’enquête penche pour un mobile en rapport avec ses activités professionnelles. On ne peut pas exclure un assassinat crapuleux orchestré par le Kremlin. La présidence Russe n'a dépêché aujourd’hui, aucun représentant de haut rang à ses obsèques, célébrées au cimetière Troïekourovskoïe, dans la banlieue ouest de la capitale. Cette journaliste de 48 ans était le dernier rempart de la population confrontée à une guerre oubliée par la communauté internationale.
La France à la pointe des problèmes internationaux
La présidence de la république a adressé un courrier de soutien aux enfants de la journaliste disparue, dont voici les principaux extraits : «Vous savez l'importance que la France attache à ce que tout soit mis en œuvre pour que justice soit faite et pour que soient retrouvés et punis les assassins de votre mère», écrit Jacques Chirac dans une lettre transmise lundi aux deux enfants de la journaliste russe et rendue publique mardi par l'Elysée. Un peu plus loin dans cette lettre le président Français ajoute :
«L'odieux assassinat de votre mère m'a bouleversé comme il a bouleversé tous les Français et tous les défenseurs de la liberté de la presse». Une fois encore la politique étrangère de la France réalisée par des responsables de droite paraît judicieuse.
Cette missive met clairement la pression sur le Président Russe Vladimir Poutine et semble avoir porté ses fruits après avoir était rendu publique. Monsieur Poutine a déclaré à son arrivé mardi, à Dresde, dans l'ex-Allemagne de l'Est, où il a servi en tant qu'agent du KGB dans les années 80 : « Nous devons clairement faire savoir qu'il s'agit d'un crime inacceptable qui ne pourra rester impuni », à la presse à l'issue d'un entretien avec la chancelière Angela Merkel.
Dommage que nos responsables de droite ne soient pas aussi habiles en politique intérieure !
La notion de justice désigne, d’une part le principe moral qui exige le respect de la norme du droit et, d’autre part la vertu qui consiste à respecter les droits d’autrui.
Cette définition a pour avantage de s’appuyer sur des conceptions kantiennes que sont : la morale, le droit et la vertu.
En quoi la théorie de la justice élaborée par John Rawls en 1971, est-elle kantienne? Cette conception de la justice a pour mérite de relancer le débat en philosophie politique qui s’est éteint après la chute du communisme et l’avènement du libéralisme, comme le souligne, dans cet article, Otfried Höffe ( p. 54 ) : “ Le grand mérite de John Rawls est d’avoir ranimé le discours sur la justice et d’en avoir fait un thème central de la discussion dans et en dehors des cercles philosophiques.” Elle se pose comme recours à ces deux alternatives que sont ces idéologies et peut constituer, ce qu’aujourd’hui certains appellent la troisième voie. Cependant, on peut légitimement se demander si elle n’est pas plutôt rousseauiste que kantienne. En effet, elle est construite à partir du concept du contrat social. Pourtant elle revêt, par différents aspects, des ressemblances avec la théorie de Kant, basée sur l’autonomie de l’homme et la morale.
C’est en essayant de m’appuyer sur le texte de Otfried Höffe : “ Dans quelle mesure la théorie de John Rawls est-elle kantienne?” que je vais tenter de montrer que cette théorie de la justice est faiblement kantienne.
Tout d’abord, Rawls, pour élaborer sa théorie de la justice, a repéré l’un des principes de la politique anglo-saxonne qui est l’utilitarisme, dont Höffe fait allusion dans cet article ( p. 55 ) : “Sans rien enlever à l’originalité de la critique rawlsienne de l’utilitarisme, il faut rappeler que, malgré la prépondérance de l’utilitarisme, l’effacement de toute perspective de justice n’a pas laissé le monde anglo-saxon indifférent.” En se plaçant comme un recours à la fin des idéologies, et aux dérives libérales qui tentent de faire percevoir la globalisation du monde comme la réussite de leur système : “La théorie de la justice de Rawls a la signification d’un changement de paradigme, qui chez Rawls se place sous le signe de Kant.” ( p. 56 ). Mais en se réclamant de la théorie kantienne, est-il concevable qu’il échafaude une théorie de la justice puisque Kant n’a pas élaboré lui-même de théorie à ce sujet. Comme le dit Höffe, Kant a simplement écrit un ou deux passages se rapportant aux droits de l’homme dans les Fondements de la métaphysique des mœurs : “ L‘homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle et telle volonté puisse user à son gré“( p.56 ) et il défend dans sa Doctrine du droit que tout homme a un droit inné, c’est-à-dire un droit incessible et intouchable. Sur ce point, Rawls et Kant sont tout à fait d’accord.
De plus Rawls veut baser sa théorie à partir du concept kantien d’autonomie l’homme, cela signifiant que l’homme est mu par sa propre volonté qui répond à sa propre loi, en d’autres termes une maximes qu’il se fixe à lui-même. Là où Rawls et Kant diffère c’est sur le principe de droit à la résistance ( p.57 ) : “En outre, Kant a contesté aux apprentis, aux domestiques la gent féminine la citoyenneté active”, la théorie de la justice comme équité ne vise pas à définir la place des hommes au sein du système des pouvoirs, mais à déterminer la forme d'une société à partir des exigences de la personne. La garantie de la liberté de pensée, de la liberté de conscience et des libertés civiques en général est la traduction institutionnelle de cette exigence. En effet Rawls par son premier principe affirme l’égalité des libertés. Il écrit dans la Théorie de la justice « Chaque individu, a le droit au système le plus étendu de libertés compatible avec un système de libertés égales pour tous ». Cependant, Rawls ne base pas sa théorie sur une morale choisie comme l’exige Kant pour former des lois justes et suivies par tous ( p. 58 ) : « la justice est un concept moral, valable sans restriction; ses exigences ne souffrent pas les moindres compromis avec d’autres buts et, dans cette mesure, ce sont des impératifs au sens de Kant. D’autre part, les principes de justice ne s’adressent pas en premier lieu à la disposition fondamentale d’une personne, mais à l’ordre fondamental d’une société, en particulier à un ordre juridique. » L’homme, chez Rawls, doit simplement répondre à l’ordre juridique, ce qui place sa théorie plus proche du contrat social rousseauiste que de la communauté éthique kantienne. Tout de même, cela fait appel à l’impératif catégorique kantien, puisque l’individu se met à obéir aux lois de la société, qui répondent sans doute à une loi universalisée : la loi morale. Rawls définit la justice comme : « la vertu absolument première des institutions sociales », il a indubitablement développé une théorie kantienne au sens plus faible . ( p. 59 ) Il construit sa théorie autour de l’idée d’un choix rationnel de prudence qui serait dicté par un calcul maximaliste d’intérêts produit par la raison; postulat qui se rapproche de celui de Kant ( p. 61 ) : « La question de savoir si la théorie de la justice est une théorie morale ou catégorique, au sens kantien, se pose du fait que Rawls recourt au cadre conceptuel des théories de décision. Selon ces théories, un choix est rationnel lorsque, au moyen d’un processus de calcul et d’information exempt de passion, on tente de maximiser l’avantage personnel. Dans toutes leurs variantes, les décisions rationnelles sont des calculs déterminés par l’intérêt propre des individus concernés. Selon Kant, des décisions qui découlent de l’intérêt personnel sont valables de manière ( pragmatique ) hypothétique, mais non pas catégorique. » Chaque personne ne connaissant pas sa position dans la société que Rawls conceptualise comme un voile d’ignorance, effectuerait des choix pragmatiques avantageux pour tous : ( p. 62 ) « Rawls laisse se dérouler le choix des principes de justice dans une situation initiale sous un voile d’ignorance. En raison de ce voile d’ignorance, il est impossible à celui qui choisit de faire dépendre sa décision de propres circonstances personnelles : les particularités individuelles, sociales ou culturelles ne jouent plus aucun rôle. » Ces choix seraient régis par le deuxième principe rawlsien qui est, d’une part la nécessité de respecter l’égalité des chances et d’autre part, de rétablir l’égalité des chances pour les plus faibles, puisqu’il affirme que l’égalité n’est légitime que dans la mesure où elle profite aux plus défavorisés. Cette seconde position peut caractériser l’homme, comme il le dit lui même, dans une position originelle, c’est-à-dire un état de nature qui appartient à Rousseau plus qu’à Kant : ( p. 67-68 ) « Rawls veut cependant dépasser le concept de rationalité purement subjectif et, pour ce faire, introduire un faible théorème de théorie sociale. Dans le paragraphe 22, ici déterminant, Rawls considère la société comme une entreprise de coopération en vue d’un profit mutuel. Il part donc en premier lieu, de la coopération, et seulement en second lieu du conflit. » La théorie de la justice est en ce sens, une théorie du contrat qui met en avant la répartition des avantages pour tous les partenaires. Elle a cependant, une dimension rationnelle et volontaire, chère à Kant, qui découle de la volonté des partis de gérer les richesses dans l’équité et le consensus : ( p.69 ) « Il va sans dire que la collaboration soulève aussi des questions de droit, à savoir les questions de la juste distribution. Il n’en demeure pas moins que les questions de droit elles-mêmes ne résident pas dans la collaboration, mais dans les conflits potentiels. » Contrairement à Kant, Rawls prend en compte la situation de l’individu et introduit les concepts de culture et de dépendance dans sa théorie. Kant, pour sa part, a essayé de créer une doctrine anthropologique universelle et, par conséquent ne tenant pas compte des réalités du monde et de l’époque où celle-ci pourrait être appliquée.
La théorie de John Rawls s’appuie sur l’impératif catégorique kantien mais on peut dire, pour la résumer qu’elle est faiblement kantienne, car, comme le dit Höffe ( p. 71 ) : « la théorie rawlsienne est clairement kantienne dans la mesure où elle fonde des impératifs catégoriques, mais elle ne l’est pas aussi nettement quant à la distinction entre impératif de droit et de vertu. » Cette conception de la justice est d’abord une théorie politique. Elle a pour intérêt de remettre l’idée de justice et de l’homme au centre du débat de société. John Rawls se qualifie lui-même de « libéral de gauche » pourtant, il a été contesté par les milieux intellectuels de droite et de gauche, et sur plusieurs plans. A droite, on lui reproche de célébrer l’état providence parce qu’il insiste sur la nécessité de prendre d’abord en compte l’intérêt des plus démunis; à gauche, de légitimer la logique des institutions économiques dominantes, le marché. D’autres enfin, s’indignent de sa prétention à tirer d’une conception individualiste, occidentale et pour tout dire, kantienne de l’homme, une conception de la justice intemporelle et universelle. Ce débat est loin d’être clos. Il est cependant, l’incarnation parfaite d’une troisième voie. Il a su repérer les imperfections des deux systèmes idéologiques précédents valable jusqu’à la fin du XXe siècle, et en a élaboré une remarquable synthèse afin de combler leurs lacunes.
Stéphane De Bona
La vision polémique de la télévision mentionnée par Pierre Bourdieu dans ces deux cours au Collège de France « sur la télévision » me paraît appropriée pour mettre en lumière le concept utilisé par la télé réalité. Ce genre d'émissions télévisuelles revient à créer une télévision manipulable de toutes part, de type fast-food. Comme le dit Bourdieu : « ce n'est plus haut et les dénonciation, mais de dénonciation ». C'est une délation du hors norme, qui pourrait nous amener aux pires instants de l'histoire de France (le régime de Vichy) et de l'humanité (la Shoah).
La télé réalité tient, aujourd'hui une place importante dans notre société. Elle a remplacé les rencontres de la population, dans les cafés où l'on discutait des sujets de la vie quotidienne. Ces lieux avaient l'avantage de faire se côtoyer des personnes de toutes catégories sociales, ce qui permettait d'avoir un brassage relatif des opinions de la population, et nous amener à réfléchir sur la condition réelle d'homme moderne. La Real TV dégivre une parodie du monde à l'opinion publique, qui dispensait de réfléchir sur sa propre existence. Ce genre d'émission, qu'elle s'intitule : Loft Story, Popstar, Star Académie, Nice People, la Ferme Célébrité, etc… rassure la majorité du peuple (je vois en l'autre, ce que je suis moi-même), car les acteurs qui lui servent d'identifiant et symbolisent donc la normalité. De plus, les émissions engageant des célébrités nous amènent à penser que nos capacités d'adaptation sont importantes : si des stars, souvent assistées dans leurs moindres gestes sont compétentes pour s'improviser terminer, pourquoi le commun des mortels, plus proche des difficultés de la vie, ne serait-il pas capable d'en faire autant?
Ce procédé télévisuel rend le public juge de sa propre existence, mais ce dernier est incapable de se remettre en question (nous ne sommes pas tous des philosophes) et agit comme un sophiste ou Saint-Thomas : « je crois ce que je vois » (Au diable l'esprit critique ! Enfonçons-nous dans nos certitudes ! Soyons conservateur !). Quand viendra l'heure des conséquences pour l'humanité et la planète, la population pour alors dire comme Richard Virenque : « J'ai été drogué à l'insu de mon plein gré ». Suivent l'avocat du diable suis-je entrain seulement de d'écrire la triste réalité ?
Si cela est la réalité, alors que nous reste d'espoir, « du chaos surgit la ville lumière ». Rappelons que ou la signification du mot chaos chez les Grecs de l'Antiquité : il est le commencement confus de toutes choses, des images de ce qui existait avant les dieux, avant les mortels, et d’où tout est issu. Il engendra l’Erèbe et la nuit. Puis de sa masse enchevêtrée surgit le jour et l’Ether ; avec le premier vieillissement de la lumière indispensable à l'éclosion de la vie. En ce sens, nous sommes peut-être à la veille d'une nouvelle ère qui donnera naissance à un monde plus juste est capable de reconnaître des différences et qui serait opposé à l'assujettissement de l’être. C'est peut-être cette aliénation mentale qui a engendré les attentats du 11 septembre 2001 aux USA. A faire de l'ethnocentrisme, vous avons oublié de voir que les inégalités entre le Nord et Sud se creusaient et faisaient le nid d'un extrémisme aveugle.
Mais venons-en plutôt à ce que la télévision devrait être et à ce qu'elle est. En fait, la Real TV atteint son but (abrutir le téléspectateur), alors que l'objectif premier du petit écran est sans doute la fin, d'éduquer et aussi de divertir l'humanité, tout en la rendant indépendante intellectuellement. Au sens d'Aristote, l'art, et il peut également parler d'art télévisuel, et une mimésis qui demande de la créativité. Cette forme de télévision fait appel à un esprit analytique, propre à l'homme (le logos) afin de s'approcher de l'essence du phénomène reproduit. Elle éveille le sujet à la condition humaine et il peut alors utiliser la catharsis (soulagement de l’âme par la satisfaction de besoin moral) car l’art et le beau sont sans doute liés au bien. Un individu qui aurait ainsi pris conscience de ses facultés de réflexion tournée vers le bien pourrait être sensible au monde qui l’entoure et alerter les pouvoirs publics lorsqu’ils font fausse route. Mais peut-être vaut-il mieux, pour nos politiques une télévision complaisante et facile à ingérer afin qu’ils puissent garantir leur pouvoir et l’immobilisme ? Ne soyons pas dupe, il est possible de cacher en montrant : « J’ai mis l’accent sur le plus visible. Je voudrais aller vers des choses légèrement moins visible en montrant comme la télévision peut, paradoxalement cacher en montrant une autre chose que ce qu’il faudrait montrer si l’on faisait ce que l’on est sensé faire, c'est-à-dire informer ; ou encore en montrant ce qu’il faut montrer, mais de telle manière qu’on ne le montre pas ou qu’on le rend insignifiant, ou en le construisant de telle manière qu’il prend un sens qui ne correspond pas du tout à la réalité ». ( Pierre Bourdieu)
En bref, ne faisons pas penser l’opinion, cela pourrait être dangereux. Malgré tout, cette tentative d’abrutissement de l’opinion publique semble avoir produit des effets inattendus. Le deuxième tour de l’élection présidentielle a sans doute fait naître une nouvelle conscience citoyenne destinée à faire barrage à l’extrémisme dans un premier temps, et dans un second à redonner au peuple l’initiative.
Stéphane De Bona
Article paru dans la revue « Le Jardin » N° 2 en Juillet 2004
Après les différents événements qui ont ébranlé le monde, c’est à dire : les attentats du 11 Septembre 2001 et le cataclysme du 21 Avril 2002, premier tour de la présidentielle en France voyant, pour la première fois de notre histoire, le candidat de l’extrême droite se glisser au second, les fondements de notre société occidentale sont à nouveau remis en question.
Comment ces scénarios effrayant ont-ils pu se mettre en place, sans que nous puissions détecter leur éminence? Peut-on raisonnablement penser que ces deux événements n’ont été qu’un message ponctuel ou nous dirigeons-nous vers une société totalitaire, du fait de la négation de l’existence des civilisations différentes de la planète?
En partant des écrits d’Hannah ARENDT, qui développe successivement les théories de la brèche, de la lutte contre le totalitarisme et la pluralité des mondes, je vais tenté de montrer, par la présentation des systèmes totalitaires les plus accomplis qui ont déjà été mis en place : le marxisme et le nazisme, que notre société économique libérale prend le même chemin.
Dans une deuxième partie, j’aborderai le sujet de la reconnaissance des extrêmes dans notre société et reviendrai sur les valeurs importantes de la politique occidentale qui garantissent la liberté de tous.
Et enfin, je tenterai d’établir un projet politique mondial respectant la liberté de chacun et apportant une vision de l’avenir que la majorité des peuples n’arrive plus à imaginer, tout en s’appuyant sur le passé, afin que le monde ne soit pas amnésique, ce qui garantira à l’humanité de ne pas retomber dans la barbarie.
Ce court texte a servi de résumer pour l’élaboration d’un ouvrage sur les risques de tentation totalitaire au XXI siècle. Il a ouvert la voie à une réflexion sur l’importance du concept de reconnaissance dans les différentes sociétés du globe.
Stéphane De Bona
Auteur : Michael DUMETT
Editeur : Editions Gallimard, 1991
Nrf essais
Critique d’ouvrage
En bon critique, je vais essayer de décrire le profond sentiment de dégoût que m’a apporté ce livre : « Les origines de la philosophie analytique ». N’étant pas passionné par ce type de philosophie qui, pour moi, n’en est pas une, je pensais qu’avec un peu d’effort et de persévérance, je trouverai un soudain intérêt pour ce type de mécanisme philosophique. Le titre de cet ouvrage me semblait plutôt prometteur. En historien et politologue de la philosophie que je rêve d’être, je désirai remonter à la source de cette pensée en espérant qu’elle ne soit pas tarie.
Dés l’introduction de cet ouvrage, l’auteur dément la prétention de vouloir faire un corpus historique de la philosophie analytique. En effet, cet essai est né d’un cycle de conférences ne portant pas sur les deux philosophes anglo-saxons RUSSELL et MOORE qui ont donné naissance à la discipline, mais à des philosophes de langue allemande comme WITTGENSTEIN, HUSSERL et FREGE ou encore l’italien BRENTANO. Et enfin, autre déconvenue, je pensais découvrir les apports conséquents que cette discipline a apporté à la philosophie classique et moderne ; faute de quoi, je me suis aperçu que celle-ci ne pouvait avoir pour seul intérêt que d’aider les linguistes et les logisticiens, pas forcément philosophes.
Pour DUMETT, la philosophie analytique ne se borne pas à élaborer une philosophie du langage ou une philosophie linguistique. FREGE part du principe que ce système de réflexion est une science du langage qui conduit à une explication globale de la pensée, ce qui revient à dire que, comme CARNAP dans « Manifestedu Cercle de Vienne et autres essais » de SOULEZ : « La philosophie analytique est le dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du langage. ». Comme DUMETT le souligne : le sens est quelque chose qui entretient un rapport étroit avec la vérité et la vérité est, par définition, une manifestation de ce qui est. DUMETT revient également sur l’apport essentiel de BRENTANO, c'est-à-dire que le sens est toujours donné par une intentionnalité.
La philosophie analytique a pu naître grâce au tournant linguistique opéré par FREGE qui cherche à établir un rapport entre la signification et la vérité. Il cherche à montrer que les mots peuvent avoir un sens sans référence : la référence varie selon les individus. Cette discipline repose sur une analyse conceptuelle du langage. Elle tend à expliquer, par des fondements logico-mathématiques, l’agencement des mots pour arriver à des concepts. Les mots ne seraient que le vêtement qui cache le concept. FREGE veut arriver à un fondement arithmétique de la pensée : il y aurait une logique linguistique comme il existe une logique mathématique. FREGE distingue deux choses : le sens (Sinn) et la référence (Bedeutung) et il définit le sens comme mode de donation du référent. L’idée principale de FREGE est donc que le rapport entre un terme et son ou ses référents (exemples : objets, sujets, gestes, etc…) est toujours communiqué par un sens. Néanmoins, ce qui est essentiel, c’est la référence car une différence de sens n’entraîne jamais à elle seule une différence de valeur de vérité.
La philosophie analytique se rapporte à un signifiant servant à désigner un signifié. Celle-ci nous amène à nous créer une photopensée qui peut varier suivant les individus : saisir la pensée de la couleur rouge peut varier selon les êtres humains. De ce fait, même un daltonien, qui n’a pas la même perception des couleurs que l’ensemble des autres êrsonnes, a une perception du rouge qui lui est propre. La philosophie analytique aurait donc pour but d’établir un codage universel afin de créer une langue commune comme le souhaitait le logicien RUSSELL. Si le langage est un codage logique, la pensée est extérieure à notre conscience, et l’idée que nos actes sont extirpés de notre conscience, formant un noème (objet intentionnel qui n’est pas, à proprement parlé, une chose ou un aspect d’une chose), fait se rejoindre la philosophie analytique et la phénoménologie. Le corollaire qui est déduit de cette théorie fait de la sémantique l’objet qui neutralise la pensée du sujet.
La phénoménologie et la philosophie analytique ne partent pourtant pas du même point, mais elles arrivent au même résultat. En ce sens, la philosophie analytique aurait donc contribué à être un des points d’ancrage de l’élaboration de la pensée phénoménologique. Pour former une pensée, il ne faut pas seulement maîtriser le langage, mais aussi le sens des mots. Il faut exploiter certaines informations que nous possédons sur nous-mêmes et notre environnement et dont nous sommes immédiatement conscients. Par conséquent, cette orientation de recherche ne peut pas être une philosophie à elle seule.
Dans le « Tractatus logico-philosophicus », WITTGENSTEIN considère que le philosophe, comme nous l’avons vu en cours, est un malade du langage. Il va donc tenter de guérir la philosophie de cette maladie. Pour ce faire, il admet qu’il existe une organisation logique du monde et une structure formelle du langage (les structures élémentaires du langage). Les structures complexes sont formées par un agencement logique des mots. Cette construction forme le cadre, à priori, d’une connaissance scientifique du codage du langage.
L’ouvrage se termine par un entretien entre Joachim SCHULTE et DUMETT qui s’est tenu à Oxford en 1987. SCHULTE veut faire revenir DUMETT sur ses études universitaires à Oxford. Il l’interroge également sur ce qui l’a amené à étudier la philosophie analytique et à se passionner pour FREGE d’autant plus que celui-ci, à cette époque, n’était pas traduit en anglais. Ces écrits pouvaient être obscurs pour DUMETT qui n’avait étudié l’allemand qu’au lycée. C’est par le travail qu’il a pu éclaircir la pensée de l’auteur et en faire la prolongation. Il pose le problème de la forme d’une théorie de la signification qu’il va vouloir résoudre tout au long de plusieurs ouvrages suivants. Enfin, lors des dernières questions, SCHULTE revient sur l’engagement politique de DUMETT contre le racisme et lui demande si elles ont un lien avec ses idées philosophiques. DUMETT répond vaguement et met surtout en avant que c’est le temps laissé aux universitaires qui est propice à la réflexion. Enfin, il l’interpelle sur ses ambitions pour ses futurs ouvrages (l’écriture d’une pensée politique et éthique est-elle d’actualité pour l’écriture d’un prochain ouvrage ?).
Le courant appelé néofrégien oriente la philosophie analytique vers un type de démarche assez proche, par certains cotés, de la phénoménologie, mais à la fois débarrassée de sa rhétorique et enrichie des ressources de l’analyse logique de la pensée (Christopher Peacocke[1]).
La philosophie analytique a été une ouverture vers la psychologie cognitive, mais elle reste un vestige qui fait qualifier la philosophie de dinosaure. Cette discipline a été inspirée par les mathématiques dont on a voulu appliquer les méthodes au langage. Mais, pour faire penser que la philosophie est encore une matière novatrice, celle-ci, plutôt que de s’appliquer des méthodes scientifiques, devrait plutôt s’employer à les décortiquer afin de leurs donner un sens pour pouvoir enfin construire un projet de société bénéfique à tous et à notre environnement. C’est par son caractère moral et éthique que la philosophie pourra renaître de ses cendres, tel le phénix.
[1] « Being Known », Oxford, Oxford University Press, 1999
Stéphane De Bona
Dans son texte : « Théorie pure du droit », Hans KELSEN traduit par Charles EISENMANN, professeur de la faculté de Droit et des Sciences Economiques de Paris en 1962, revient sur la question du droit étatique et du droit international. Ce sujet reste de nos jours encore, un problème difficile à traiter. Où tracer les limites entre les droits d’un état à décider des relations qu’il doit entretenir avec ses voisins et ceux qui doivent être pris à la lumière des droits internationaux ? Le droit international a pris de l’importance après le premier conflit mondial. La société des nations est née en réponse à la barbarie vécue par les combattants de la grande guerre. Le « Plus jamais ça » a fait naître une conscience mondiale qui, sauf un bégaiement de l’histoire, devait garantir la paix mondiale pour les générations à venir. C’est en partant du texte qui nous a été proposé et de l’histoire de la naissance du droit international que je vais tenter de montrer ses insuffisances ainsi que les points importants qui aident les états à maintenir la paix ou à faire la guerre. Enfin, j’essaierai de donner une esquisse de projet politique se rapportant au droit international, et faisant de notre planète un village universel respectant les droits et les devoirs de chacun.
Une grande partie du droit international est né après la première guerre mondiale qui a été ressentie par ses anciens combattants comme une boucherie et une offense à la dignité humaine. La première guerre mondiale a eu lieu après l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand par un serbe à Sarajevo. Cet assassinat a mis le feu aux poudres et provoqué l’entrée en guerre de la triple alliance (Allemagne, Autriche et Hongrie) contre la triple entente (Angleterre, France et Russie). Mais les raisons profondes de ce conflit ont été l’expansion économique de l’Allemagne (notamment au Proche Orient) et la course aux armements d’une Europe coupée en deux par le développement de ses empires coloniaux. Ces deux parties nommées les Empires centraux vont être la cause essentielle d’une première guerre mondiale qui va plonger le monde dans l’une de ses premières tueries de grande ampleur que l’humanité va connaître au XXe siècle. C’est après les conditions désastreuses de survie dans les tranchées que la S.D.N. (Société des Nations) voit le jour afin de créer des règles en cas de conflits majeurs ou d’un besoin d’assistance entre les nations.
Mais, comme on le voit dans le texte de Hans KELSEN, ces directives internationales ne sont applicables ou même retenues que dans certaines conditions. Un état, pour être protégé par les droits internationaux, doit en effet les avoir reconnu comme droits faisant partie intégrante de la constitution de son Etat. Les états qui reconnaissent le droit international ne perdent pas pour autant leur souveraineté. Ils ne sont pourtant pas protégés d’une attaque unilatérale d’un état belliqueux qui voudrait ragrandir son empire et donnant pour raison à cette attaque l’acquisition d’intérêts vitaux. Plusieurs conflits, dans l’histoire du XXe siècle ont encore été provoqués pour cette raison, après la première guerre mondiale. Adolf HITLER, en 1939, adopte cette attitude lorsqu’il prend possession des bords du Rhin, violant une première fois les accords passés après la guerre mondiale de 1914-1918 vécus comme un dictat par le peuple allemand et ses dirigeants. Il évoque à nouveau cette raison lors de la prise de possession de l’Autriche qui, pour HITLER, n’est autre qu’une province allemande qui lui a été confisquée. Les raisons véritables de la seconde guerre mondiale ne seront connues que plus tard et provoqueront une lute sans merci dans le monde entier pour libérer la surface du globe de l’emprise des dictatures nazies et fascistes. A la fin du XXe siècle, Sadam HUSSEIN décide d’envahir le Koweit pour les mêmes raisons qu’HITLER lorsqu’il avait envahi l’Autriche pendant la seconde guerre mondiale. Mais, le dictateur irakien, affaibli par dix ans de guerre contre l’Iran, a besoin de nouvelles ressources économiques pour reconstruire son pays et éponger ses dettes. Il met tout en œuvre pour que ce petit émirat, l’un des plus gros fournisseurs de pétrole, lui donne les moyens de sortir vainqueur d’une lutte contre l’Iran qui, tout comme lui, désire être le leader du monde arabe. Face au danger de voir les ressources naturelles concentrées dans les mains d’un dictateur, la communauté internationale vote une résolution à l’O.N.U., qui lui donne le droit de libérer le Koweit du dictateur et fait donc ingérence dans les affaires irakiennes pour le bien de tous.
Là encore, c’est le droit à l’expansion et aux intérêts vitaux d’un pays qui fait entrer le monde en conflit. On peut constater que, comme le dit Hans KELSEN dans son manuscrit, le droit de défendre ou d’acquérir des intérêts vitaux pour un pays est reconnu par le droit international, comme un motif d’agression suffisant pour déclencher des hostilités. En somme, dans ces situations le droit international, pour moi, n’est pas du droit. Il ne fait que constater une situation plusieurs fois reconnue, et lui donne une légitimité. Chacun de ses conflits de grande ampleur ont été provoqués pour des besoins d’expansion économique et par la folie d’un homme ou des états.
Ne vaudrait-il pas mieux partager les richesses de notre planète en nous disant en nous disant que notre intérêt commun prime sur l’intérêt individuel. Comme le disait PASCAL dans ses pensées, « Nous sommes tous embarqués » et si le navire coule, nous coulerons ensemble.
Il existe deux cas d’entrée en guerre tolérés par le droit international. J’ai exploré le premier cas en évoquant les éléments des différentes guerres citées auparavant ; je souhaiterai maintenant venir à celui du droit de représailles ou encore de ripostes après une agression manifeste à l’égard d’un état nation.
Le droit de riposte ou de représailles a failli être utilisé en 1962, par les Etats-Unis, après la découverte de missiles nucléaires dirigés vers les Etats-Unis et le Vieux Continent. J.F. KENNEDY menace ouvertement l’U.R.S.S. d’une attaque nucléaire pour défendre le monde libre : c’est l’épisode de la baie des cochons, qui a failli plonger le monde dans une troisième guerre mondiale dont, sans doute, personne ne serait sorti vainqueur, puisque l’arme nucléaire inflige des dégâts définitifs, et ceux-ci auraient engendré la fin du monde.
En Octobre 1973, une autre guerre s’est jouée au Proche-Orient : c’est la guerre du Kipour. Elle est déclenchée par l’invasion de l’Egypte et de la Syrie en Israël. Les deux belligérants exigent d’Israël le retour des frontières de 1949, comme cela avait été voté par une résolution des Etats-Unis. L’Israël riposte et sort vainqueur de cet épisode au bout de seize jours d’âpres combats.
Dans cette situation, le droit international ne peut être qu’ambigu puisque c’est à la suite de négociations avortées avec Israël, sur une résolution à caractère international, que les deux belligérants ont décidé d’attaquer. Mais Israël, voulant défendre sa souveraineté, entreprend des représailles énergiques envers ces deux états. Sur quelles bases pourrait-on dire que l’une des parties a tort ? Israël ne fait que se défendre contre une attaque qui vise son territoire, et l’Egypte et le Syrie ne veulent que faire respecter une résolution internationale.
Ce conflit montre les limites, et met en évidence le flou du droit international qui ne peut désavouer l’un des deux partis, car les deux situations sont reconnues comme des causes d’entrée en guerre. Un éclaircissement sur ses deux points serait nécessaire, à moins qu’Israël ne reconnaisse pas la primauté du droit international dans sa constitution. Ce pays étant l’un des seuls pays démocratiques du Proche-Orient, il est impensable que celui-ci ne reconnaisse pas le droit international. Etant donnée sa situation géographique, cet Etat démocratique devrait montrer je la voie vers une résolution pacifique du conflit israélo-arabe et Israéliens et palestiniens devraient se mettre d'accord sur les limites de leur territoire et pourquoi pas, à terme créer une fédération entre ces deux pays, puisque ce conflit est engendré par des problèmes politiques et religieux, mais que ces deux populations vivent côte à côte pour ne pas dire mêlé, depuis des millénaires.
Le dernier cas de riposte que je souhaiterais aborder et celui des États-Unis d'Amérique de l'Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, qui fut prolongée par une deuxième guerre du Golfe provoquant la chute de Sadam HUSSEIN. Après la fin de la guerre froide qui a trouvé un heureux dénouement en décembre 1989, à la chute du mur de Berlin, le monde se trouve maintenant dans une phase d'instabilité provoquée par la fin de la crise d'intérêt économique et financier entre les deux blocs. Le monde coupé en deux se reconstitue selon un autre modèle de cette fois, et religieux. Selon la formule de Malraux « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas », mais il a bien mal commencé puisque, au nom du religieux, le monde se voit basculer vers un temps reculé, celui des croisades. Au nom d'un idéal religieux, Oussama BEN LADEN déclare une guerre religieuse à l'Occident, et son acte le plus flamboyant, bien qu'il y en eut d'autres moins retentissants, sont les attentats du 11 septembre 2001. À la suite de ces attentats, les États-Unis d'Amérique ripostent en déclarant la guerre contre le terrorisme dans un premier temps contre l'Afghanistan, fief présumé de camps d'entraînement pour terroristes en herbe affiliée à l'organisation Al-Qaïda. Cette opération, avec l'accord de la majorité des nations, fut un succès puisqu'elle renversa un régime islamiste de terreur ; celui des talibans. Elle redonna la liberté au peuple afghan et à de nombreuses femmes afghanes emprisonnées vivantes dans leurs vêtements islamiques : La bourqua.
Les États-Unis d'Amérique se donnèrent également le droit d'intervenir une seconde fois en guise de représailles et au nom de la guerre antiterroriste en Irak malgré le veto brandi par la France au conseil de sécurité des Nations unies. L'Amérique, pour ne pas être en dehors du droit international, donne pour raisons à cette attaque la détention d'armes de destructions massives par un dictateur, déjà sanctionné par la communauté internationale et qui soutient indirectement, ou par des actions masquées des organisations terroristes. Mais on peut se demander si George BUSH fils n'a pas fait qu'achever le travail entrepris par son père lors de la première guerre du Golfe.
De plus, par cet acte guerrier, il fait une démonstration de force et garantie à l'Amérique de rester maître du jeu politique au Proche Orient ainsi que des réserves de pétrole qui sont l'une des premières ressources énergétiques de la planète ils sont entrain de s'appauvrir et poseront sans doute d'énormes difficultés pour être répartis afin de faire survivre la totalité du globe dans les 10 ans à venir. Comme on a pu le voir dans la plupart de mes exemples, le droit de guerre le droit de riposte donné par les conventions internationales sont sûrement utilisés pour des raisons économiques et géopolitiques. Ce ne sont pas des politiques réalisées à des fins de justice et du respect du droit international, mais plutôt une politique dictée par des faits et le besoin que ressent l'homme d'être toujours plus puissant vis-à-vis de ses congénères. Les attentats du 11 septembre 2001, nous posent une grande question sur l'avenir de l'humanité, et l'image de l'effondrement des tours jumelles à New York, laissant un trou béant à leur emplacement, trois ans après ce cataclysme, rappellent que l'homme, malgré sa volonté de puissance, n’est rien. Sa naissance, il y a des siècles, et peut-être un fait du hasard ou dû à une créature divine, mais l'homme devrait se rendre compte qu'il peut disparaître aussi vite qu'il est apparu.
Après ces deux points brièvement évoqués, je désirais pouvoir développer ma position sur le droit d'ingérence qui n'est pas reconnue par le droit international.
En effet, après les catastrophes humanitaires de la Somalie et du Rwanda, Bernard Kouchner, fondateur de médecins sans frontières et médecins du monde, suggère à la communauté internationale la création d'un droit d'ingérence humanitaire. Ces deux conflits ont pour source des guerres ethniques en Afrique et ayant pour conséquence des génocides dans le but d'éliminer le parti adverse, s'est guerre d'un autre temps aurait sans doute pu être évitées par l'intervention d'un tiers à même de mener des négociations pour que ces deux ethnies se tolèrent mutuellement. C'est peut-être à cause de cette expérience que la France tente de s'interposer en Côte d'Ivoire afin que cette guerre civile ne permette pas en charnier. Mais est-ce à un ancien colonisateur de jouer le rôle de gendarme au sein d'un peuple qui l'a jadis dominé ? Ne serait-il pas plus judicieux de donner un mandat aux Nations Unies afin de créer une force de police d'interposition mondiale avec le droit de le de riposter en cas d'agression d'un des belligérants ? Mais pour en arriver à cette situation, la création d'un gouvernement mondial est nécessaire et nous en sommes encore loin. Le droit international a sans doute beaucoup de limites du fait que sa légitimité ne dépend que de la reconnaissance de ses institutions par les nations. Le droit international est une institution supranationale qui peut pourtant amener à la construction de nouveaux états, comme le souligne Hans KELSEN dans le chapitre de son livre « État et droit international ». Les structures des états fédératifs débouchent essentiellement du droit international. Ce sont souvent par des traités de coopération économique que des états souverains s'allient pour obtenir la naissance d'un nouvel État à terme. Dans ce cas le droit international devient supranational et constitue la base de nouvelles lois qui vont façonner la constitution d'un nouvel État. On peut alors se demander si le droit à l'international n'est pas seulement une superstructure découlant de la juxtaposition de droits nationaux. J'en ai pour preuve le démantèlement de l'ex-URSS. Sa constitution centralisée n'a pas résisté à l'envie des peuples de retrouver leur indépendance économique et politique vis-à-vis de la Russie. L'éclatement du bloc de l'Est provoque là encore, des incertitudes économiques et énergétiques. Le conflit sur le prix du gaz entre la Russie et l'Ukraine cet automne aurait pu entraîner un mauvais approvisionnement de cette matière première pour toute l'Europe. Ne pourrions-nous pas envisager de signer des traités organisant une coopération énergétique mondiale à l'image de ce qui est fait en Europe avec les accords de la CECA de partage du charbon et d'acier après la seconde guerre mondiale, qui aboutira ensuite à la création de l'union européenne. À partir du droit international, on peut voir se dessiner de vision du monde qui s'affronte : une vision centrale et une vision globale. En ayant une vision centrale les peuples sont amenés à se faire la guerre et devenir de plus en plus puissant. Avec une vision globale, l'être humain est obligé de partager et il est amené à se rendre compte que tout individu a le droit de disposer des mêmes ressources que son voisin pour se développer. Cette vision engendre le respect de l'autre et amène l'humanité à comprendre que la terre n'est pas apte à se régénérer de toutes les denrées qu'elle nous apporte. C'est je pense, par cette vision globale de l'homme parviendra à de nouvelles découvertes en prenant conscience des richesses du monde qui l'entoure. Ces nouvelles découvertes seront alors propices à sa conservation ainsi qu'à une ouverture d'esprit qui l'amènera à être tolérant et à développer un esprit de convivialité.
Ces deux visions du monde sont décrites par l'auteur dans le texte étudié, par des métaphores se rapportant à la connaissance du système solaire, celle de Ptolémée (géocentriste) et celle de Copernic (héliocentriste). Ne pourrait-on pas dépasser cette vision dualiste du monde ? L'homme adopte un système de pensée souvent dualiste globale, mais ne peut-il pas essayer de réfléchir en trois dimensions ? les modèles du passé, qui ont provoqué la guerre froide peuvent sans doute être adaptés afin de tirer le meilleur de chacun, tout en respectant la liberté des uns et des autres. Le pourrait-on pas établir un monde de respectant la culture de chaque continent sur un modèle multipolaire ? Chaque peuplade connaissant ses propres ressources mais aussi ses lacunes pourraient alors échanger les biens qu'il détient en abondance avec son voisin qui comblerait ces manques. Ainsi nous pourrions échanger nos forces et nos faiblesses pour le bien de tous. Ce monde partagé en quatre grandes zones comportant l'Europe, les États-Unis, la vie et l'Afrique pourrait vivre en toute liberté ses rites et ses coutumes suivant sa zone géographique à la condition d'aider au développement de la planète. Notre globe serait alors un village uni et deviendrait notre bien commun. Cette répartition du monde serait la garantie qui permettrait à l'homme d'être moins belliqueux et de partie réellement une structure viable de droit international.
En conclusion, que le droit international n’est, à ce jour, q’une structure utopiste. Elle est propre à toutes les interprétations suivant la position que prennent les nations vis-à-vis du droit international. Ce droit ne peut exister que grâce au bon vouloir des nations qui le reconnaissent. Mais, en réalité, il n'existe pas. La position de ROUSSEAU qui dit : « que l'homme est naturellement bon, mais que c'est la société qui le pervertit », reste valable pour comme celle HOBBES qui croit au contraire que « l'homme est un loup pour l'homme ». Ces deux positions ne sont pas tranchées et ne le seront sans doute jamais avant qu'un projet de paix perpétuelle cher à KANT soit mis en place. Mais il homme en est-il capable ? Il faut espérer que oui pour les générations futures.
Stéphane De Bona
Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devait pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".