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Electron Livre
dimanche 24 août 2008, a 19:17
Si…

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir…

 

(…) Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d'un seul mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois…

 

(…) Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras une femme, ma fille.

 

Inspiré de Rudyard  Kipling

 

Merci Papa, Julie Pietri

 

 

 Salammbô (Merci aux femmes qui nous supportent!)

"La légendes des Madones"



mercredi 20 août 2008, a 18:51
Lettre au Vicomte

 

Cher Vicomte Naja de Lorraine,

 

Je crois vous avoir démasqué. Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour ce remarquable pseudonyme. Vicomte, car vous êtes un homme de qualité et souhaitez en fréquenter d'autres. Naja, car c'est un serpent très venimeux de la catégorie des cobras, une autre manière pour vous de dire que : « l'homme est un loup pour l'homme » et aussi parce que c'est un personnage de mangas dont vous êtes certainement fan. Enfin vous avez choisi de Lorraine en souvenir de nos nombreuses soirées en commun dans la région. Même si vous n'osez pas vous l'avouer, elle reste synonyme de nostalgie et de bonheur, tout comme pour moi.

 

Effectivement, vous avez fait une forme d'enquête sur moi pour bien me connaître. Le dossier est épais, mais c'est avant tout l'amitié qui nous lie, la plus importante. Cela vous donne le droit de me secouer de temps à autre tout comme un autre de nos camarades. J'espère que votre thèse sur la rencontre entre le monde réel et virtuel se passe bien. Malheureusement, l'amour entre Sofia et moi qui tendait à le démontrer a fait long feu ! Bien vu, le petit message à la demoiselle en détresse qui me rappelle vos missives enflammées sur Internet, auquel je me suis également essayé pour conquérir mon ex-belle.

 

N'ayez crainte, je reprendrai mes activités littéraires d'ici peu, je vous promets que ma situation personnelle n'interviendra plus, je suis pour l'instant également écrasé par un climat politique que je redoutais. Je vous tire mon chapeau, d'être capable de vous réfugier encore dans le rêve et le virtuel. Tout nous incite pourtant à être ancrés dans le réel ! C'est une manœuvre totalitaire, afin que la société n'ait plus de vision d'avenir cohérente et qu'elle se laisse guider. J'ai bien retenu la leçon, à trop être terre à terre, on meurt déjà un peu. J'aurais dû le retenir car c'est ce que notre maître en philosophie commun nous a toujours enseigné. Ce n'est pas par une vision statique de la société que l'on avance, mais plutôt par des changements de paradigme successif faisant la synthèse du meilleur de la pensée humaine pour augmenter son niveau de tolérance. C'est d'ailleurs, pour cela que je me suis engagé au mouvement démocrate car nous souhaitons tourner le dos au système arriviste de gauche et mettre un point final aux dérives d'extrême droite de l'UMP. Pour y arriver, il faudra que nous sachions révéler un autre monde.

 

Merci à vous de m'avoir remis sur le chemin.

 

Amicalement,

 

Stéphane De Bona

 

PS : je comprends votre réaction pour le visionnage du film « chat craint », mais vous connaissez mon humour noir, certains ne sont pas aptes à le comprendre.

 

Brassens, quand un Vicomte



vendredi 13 juin 2008, a 17:47
Vie privée et vie publique, synonyme de tolérance

 

 

Le caractère dramatique de l'existence aide à la création

 

Je viens de repartir dans un univers glauque et intrigant par l'intermédiaire du septième art. Vous me direz, mais pourquoi est-il attiré par des films de plus en plus dramatiques ou qui déroute le téléspectateur ? Peut-être parce que ce genre de film ne fait que le traité en grossissant le trait des événements que nous connaîtrons tous, un jour dans notre vie et que la moralité nous empêche de dévoiler. Parmi mes fils ne dramatiques préférés, voici quelques titres qui me viennent spontanément à l'esprit : Nathalie, Les anges exterminateurs, La vie des autres, Les puissants, A corps perdu, etc… Ces films grossissent le trait de notre vie de tous les jours, chacun en regardant autour de lui peut croiser un événement dramatique qui fait semblant de ne pas avoir. C'est ces événements qui sont pour moi, la plus grande source d'inspiration. Il faut pourtant prendre énormément de recul pour pouvoir en tirer le meilleur, c'est-à-dire : se les réapproprier par une mimésis cathartique. L'artiste n'est qu'un pilleur d'émotion. Les plus grandes créations de notre culture classique ne sont pas nées du bonheur, mais du malheur. Je ne prétends pas un jour devenir un Victor Hugo ou Balzac, mais j'espère bien trouver mon public en déployant toute ma sensibilité et mes connaissances dans une œuvre majeure. Encore faut-il que je trouve la bonne distance entre le populaire et le scientifique pour arriver à une vulgarisation de savoir. Toujours est-il qu'aujourd'hui, j'ai trouvé cet espace de créativité en regardant un film à nouveau dramatique.

 

Irina Palm

 

Ce film raconte l'histoire d'une grand-mère qui va mettre tout en œuvre pour sauver son petit-fils gravement malade. Sa famille s'étant ruinée pour payer les traitements successifs de l'enfant, elle décide de travailler dans une « boîte un plaisir ». Elle y masturbe pour 150 £, les hommes qui font appel aux services de l'établissement. Toute la ville où elle réside est loin de penser qu'elle exerce ce genre de métier. C'est pourtant son fils, qui a la découverte de l'endroit où sa mère travaillait et le plus choqué. Le téléspectateur est même en droit de se demander si cette honnête grand-mère ne pratique pas ses travaux sur ses concitoyens. C'est un univers glauque, qui met pourtant en évidence que nous avons besoin de nous aménager dans notre vie deux espaces (publics et privés). Ne devons-nous pas réfréner notre nature humaine voyeuriste, afin de retrouver ses deux espaces qui garantissent la bonne santé d'une démocratie et son synonyme de tolérance ?

 

Stéphane De Bona



jeudi 29 mai 2008, a 19:03
Couple, Epreuve et Patience

 

 

Fausses épreuves de la modernité

 

Comme tous les Français, j'ai dû faire face ces derniers mois à une série d'épreuves dont la plupart n'avaient pas envisagé l'ampleur. Les Français avaient élu Nicolas Sarkozy comme président de la république pour améliorer leur niveau de vie et réveiller la France. Aujourd'hui il se réveille avec la gueule de bois, et sont assommés par leur perte de pouvoir d'achat. Je suis d'autant plus fier de ne pas avoir voté pour lui, car j'avais décrypté dès le départ l'incohérence de son programme. Il démontre tous les jours que c'est un agitateur public. Les Français devront faire preuve de patience et organiser leur vie de façon cohérente, face à des politiques qui sont dans l'incapacité d'envisager l'avenir sur le long terme. Nous devons au plus vite changer notre mode de vie, car la fin des ressources énergétiques et l'augmentation de la démographie planétaire, nous oblige qu'on le veuille ou on ne le veuille pas à devenir écolo et économe. Qui aurait pensé en début d'année que le litre d'essence dépasserait les 1,50 € c'est-à-dire 10 F (soit une augmentation de plus de 50 % en moins d'un an). De plus toutes les matières premières ont augmenté au rythme de l'inflation élevée de cette année (environ 3,5 %). Que devons-nous penser des émeutes de la faim? Vous rajouterez à cela quelques épreuves personnelles (familiales ou amoureuses) que tout être humain connaît à chaque instant de sa vie, et vous comprendrez pourquoi le moral des Français n'est pas bon ! Comment le Français pauvre ou moyen peut-il survivre ? Nous devons mettre entre parenthèse le superflu. C'est donc à chacun de retrouver des vraies valeurs humaines qui se détournent peu à peu du matérialisme. Le XXe siècle a été celui de la création de besoin matériel superflu, le XXIe siècle sera celui de la redécouverte de la grandeur d'âme, de la patience et des traditions qui font défaut à notre agiter de président. Nous devons changer d'attitude en remettant l'homme au centre de la société.

 

Patience, tradition et modernité

 

Ce siècle sera celui des sages et des patients,  sinon il ne sera point. C'est dans cette optique, que j'ai décidé de réanimer peu à peu mon association élan-humain avec des amis. Nous avons pour projet d'organiser un spectacle dont le thème sera : la rencontre du couple dans les temps anciens. C'est une façon pour nous, de démontrer que la jeunesse n'est pas dépourvue de valeurs humaines et de patience. Ce spectacle organisé le 5 juillet 2008 à Clermont en Argonne sera un hymne à l'amour courtois et à l'écologie. Les robes seront réalisées à l'aide de tissus de récupération, cela montrera que tradition et modernité peuvent faire bon ménage. Nous avons choisi, de donner notre première représentation dans ce coin reculé de la Meuse pour profiter de la nature toujours intacte et de son calme reposant, éloigné de tout les fracas de la ville. C'est en revenant à la tradition et donc à des valeurs naturelles que nous retrouvons la joie de vivre ensemble. Ce n'est pas en courant après des valeurs virtuelles telles que le pouvoir d'achat ou le progrès technique détourné de son idéal que nous serons plus heureux. La patience et le calme sont donc des vertus à réapprendre.

 

La Patience

 

La patience est l'aptitude de quelqu'un à se maîtriser face à une attente, à rester calme dans une situation de tension ou face à des difficultés, ou encore la qualité de persévérance.

La patience est, à travers le monde et les croyances, une qualité essentielle requise pour celui qui aspire à la sagesse. Comme la méditation, la patience s'acquiert et s'exerce ; elle demande un effort de concentration et de maîtrise de soi qui est opposé en général à l'agitation naturelle, à l'impatience innée. Si la patience quotidienne est parfois « récompensée » par un bien – par exemple l'attente sage du petit enfant auquel on offre un cadeau en récompense – la patience religieuse est une clé pour l'aboutissement de soi et n'a pas exactement la même valeur morale. Le sens commun de la patience correspond à une réalité qui est à distinguer de la patience spirituelle, élément essentiel de nombres de croyances.

 

Proverbe arabe

 

La patience est un arbre dont les racines sont amères et les fruits savoureux.

 

Stéphane De Bona

 

Nouveau Couple Ancien



mercredi 30 avril 2008, a 19:40
Du non-intérêt d’un trop long texte philosophique

 

 

Lycéens en cycle général, étudiants en philosophie ; tous sont déjà passés et passeront par la rédaction d'une dissertation ou d'un mémoire au cours de leur scolarité. Les auteurs ayant écrit de nombreux et célèbres ouvrages de morale, de métaphysique ou autres sont eux aussi passés par là. Tous respectent une certaine nomenclature dans la rédaction de leurs travaux : Une introduction, un développement avec exemples et contre-exemples, enfin une conclusion. Il y a cependant une vieille tradition française selon laquelle il faut de la matière, du blabla. Un texte philosophique doit être compris dans son intégralité et pour cela il doit être d'une longueur consistante, son étude doit être poussée, les termes développés à l'extrême afin de presser le citron jusqu'à en extraire le maximum de jus. La masturbation de l'esprit dit-on ! Le novice à la discipline philosophique –qui peut donc l'en blâmer ?- dirait que pour qu'un texte soit compris, il doit être clair, concis et que l'essentiel de sa verve peut très bien reposer en quelques paragraphes. Et bien non, nous les philosophes on aime le compliqué : on veut savoir quel est le pourquoi du comment, mais aussi le lien entre le « pourquoi » et le « comment », leurs origines étymologiques, leurs conditions linguistiques, mais ce n'est pas tout : le philosophe voudra savoir jusqu'à la question « qu'est-ce-que le pourquoi et le comment ? Peuvent-ils exister l'un sans l'autre ? Une question peut-elle rester sans réponse et à l'inverse une réponse doit-elle toujours être rattachée à une question ? Ya-il plusieurs questions pour une seule réponse ou plusieurs réponses à une seule question ? L'homme serait-il encore cet être savant s'il ne se posait plus de questions sur le monde qui l'entoure »… Les possibilités sont multiples.

 

Vous voyez, on constate qu'à partir de simples mots tels que « pourquoi » et « comment » le philosophe se voit obligé d'en rajouter, d'aller toujours plus loin. Il pourrait s'arrêter à un moment donné eh bien non, il continue dans sa fougue. A croire qu'il n'est fait que pour çà : se masturber l'esprit, torturer les mots, chercher des significations les plus extrêmes à des choses futiles voire inutiles. En même temps c'est ce que tout le monde attend du philosophe, qu'il en fasse ainsi, sinon à quoi il servirait ? C'est son job ! Il est payé (ou plutôt pas payé justement !) pour çà, auquel cas il serait journaliste, écrivain ou il s'appellerait Paul-Loup Sulitzer.

 

Ecrire un texte philosophique, un exercice difficile

 

Je suis parti d'un simple constat : On écrit beaucoup lorsqu'on n'a pas grand chose à dire !

Cette analyse tend à démontrer par deux visions des choses ; d'une part lorsqu'un élève compose en vue d'un examen, d'autre part les œuvres d'auteurs défunts.

L'élève a tout à apprendre, on lui enseigne la méthode, comment écrire et surtout les erreurs à ne pas commettre. Composer un texte philosophique reste un exercice très difficile et sa correction non moins délicate. On peut mettre en doute parfois la capacité du professeur à noter avec la plus grande transparence. En histoire, en maths, en français… la réponse est juste ou fausse selon qu'une réponse erronée provienne d'un événement, d'un calcul ou d'une règle grammaticale ; en philosophie il en est tout autre nous le savons bien. Le professeur sera tenté par ce jeu pervers qui consiste à dire que « de toute façon ma notation est subjective, il n'y a aucuns réels critères sur lesquels l'autre pourrait s'appuyer s'il voulait contester ses résultats ». Dans un article du magazine Sciences Humaines n°192 / avril 2008, Vincent Troger (maître de conf' à l'université de Nantes) révèle que si le prof connaît l'élève, sa notation peut inconsciemment être influencé selon l'apparence physique ou le mode d'élocution de ce dernier (effet de halo) certains mêmes se figent dans leur premier jugement et notent par la suite l'élève tout le temps de la même manière quelque soit la qualité du rendu (effet de stéréotypie).

 

Donc, dans un souci de «ne pas rendre copie blanche » l'élève va broder. Qu'il ne connaisse pas sa leçon, qu'il maîtrise mal le vocabulaire, peu importe : il brode.

 

Si l'on brode de manière intelligente et posée, çà peut passer et personne ne s'en souciera, mais cette pratique est risqué d'autant plus qu'il faut avoir une maîtrise parfaite de la chose pour que personne ne s'en aperçoive, là réside toute la difficulté et les plus grands auteurs y sont déjà parvenus avec grand succès. « Moins on en a et plus on l'étale » me direz-vous ? C'est peut-être vrai et pourtant les plus grands ne s'en sont jamais privés. Je ne remets certainement pas en doute l'intelligence des Kant, Hegel et autres Heidegger mais je reste profondément convaincu que leurs œuvres sont inutilement longues, foncièrement indigestes et terriblement compliqués. Les plus grands spécialistes kantiens aujourd'hui vont diront qu'après de nombreuses années à avoir étudié l'auteur, ils n'en ont pas encore fait le tour… C'est dire ! Emmanuel Kant est quand même l'un des seuls parmi les idéalistes allemands à se compliquer la vie à ce point, au lieu d'expliquer les choses de façon claire et simple, il va utiliser un ton didactique que lui seul est capable d'en comprendre tout les ressorts, avec cette manie systématique de tout décortiquer. Un certain Benedikt Stattler disait de lui « celui qui concasse tout » dans son Anti-Kant écrit en 1788 : Par exemple, de toutes les traductions qui existent concernant sa première « Critique » aucunes n'est réellement correcte ou fiable. C'est d'autant de complexités de lectures supplémentaires, déjà que l'œuvre originelle est insupportable en soi…

 

Les pages inutiles

 

Mon but est tout simplement l'idée que de prendre une œuvre de philosophie dans les mains de la lire et d'en garder –juste et uniquement- l'essentiel en supprimant tout le reste ; aucun risque que le sens et la compréhension du texte en soit affecté, il ne s'agira là que de tout ce qui est superflu et indifférent à la problématique du texte proprement dit ; dans l'édition 2001 de La Critique de la Raison Pure traduite par Alain Renaud, je tourne les pages et je constate dans CETTE édition-là, que les 93 premières pages sont totalement inutiles (présentation, notes, préfaces), sinon juste faites pour situer dans le temps et l'espace le contexte philosophique et la vie de l'auteur. Ensuite si l'on prend l'architectonique même du cœur du texte, on frise l'organigramme d'une S.A.R.L. avec par exemple, dans le « II - Logique Transcendale » on voit que le Livre I est composé des chapitres I et II qui eux-mêmes sont composés chacun de 3 sections distinctes. A la vue d'une telle mathématique, on se demande Kant -quand- cela s'arrêtera-il enfin ? Ce n'est pas un mystère, cette édition-là fait 688 pages (et encore, sans compter les notes, l'index, la table des matières…)

688 pages traitant de la théorie de la connaissance !! Je reste persuadé qu'en 200 pages maximum Kant aurait pu dire ce qu'il avait à dire. Et c'est là où je voulais en venir quant à mon titre « du non-intérêt d'un trop long texte » 200 pages maximum c'est largement suffisant car tout le reste (avant et après) n'est que remplissage ; ne conserver que le cœur de l'ouvrage, sa sève, voilà l'indispensable. La tradition ancestrale veut qu'un auteur se réfère toujours aux penseurs d'antan afin d'avancer sa propre théorie et la développer. A quoi cela sert-il sinon à remplir des pages blanches , Si l'on veut écrire sur la politique, pas besoin d'en faire des tonnes sur Aristote et sa vision de la polis, autant ouvrir l'œuvre aristotélicienne « La Politique » et voilà déjà une cinquantaine de pages d'économisé…

 

Concernant Kant, je pourrai plus longuement évoquer son goût du détail, de celui du travail bien carré sans rien jamais qui dépasse, un peu à l'allemande, qui vire souvent à l'obsessionnel, mais je le ferai dans une autre diatribe.

 

En conclusion, je vais appliquer mes conseils à moi-même, -après tout ne faut-il pas toujours montrer l'exemple ?- et stopper net ici mon analyse déjà trop longue ; comme çà, sans conclusion, sans rien… N'en déplaise aux philosophes…

 

Franck SCHWEITZER

mercredi 09 avril 2008, a 20:05
La justice n'est pas sociale ! La justice est-elle nazie ?

 

Héros aujourd'hui, bourreaux demain

Lydie Debaine, qui a reconnu avoir tué en 2005 sa fille unique, handicapée motrice cérébrale âgée de 26 ans dont l'état de santé se dégradait, a été acquittée mercredi sous les applaudissements du public par la cour d'assises du Val-d'Oise. L'avocat général Charles Modat avait requis mercredi une "peine de principe" de trois ans de prison avec sursis. "La pire des sanctions, Lydie Debaine la vit déjà avec la perte de celle à qui elle a consacré son amour et sa vie", avait-il déclaré au cours de sa plaidoirie.Lydie Debaine, 62 ans au moment des faits, était accusée d'avoir donné plusieurs cachets d'anxiolytiques à sa fille avant de la plonger dans une baignoire pour la noyer, le 14 mai 2005 à Groslay (Val-d'Oise).

Née prématurée avec une grave infirmité motrice cérébrale, Anne-Marie était invalide à 90%. A 26 ans, elle avait l'âge mental d'un enfant de 5 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années de crises d'épilepsie, de violents maux de tête et de vomissements.

En bref, j'oserais pousser le cynisme de ce jugement jusqu'à une œuvre humanitaire d'intérêt général. Le tribunal a donné comme signal inconscient à la population, qu'il n'est pas grave de donner la mort à un humain incapable d'évoluer mentalement. Cette décision nous ramène à des temps obscurs comme la Shoah. Dans le système nazi, un être improductif ne mérite pas de vivre, ils ne rapportent aucune valeur ajoutée à la société. Si nous revenons à ce principe, c'est tout simplement la vieillesse qui va devenir illégale. Nous devrons alors tuer nos vieux pour éponger le déficit de l'assurance vieillesse et éviter la maladie d'Alzheimer. Arrêtons, avec le culte de la performance et redevenons tout simplement humains !

Handicap : nous marchons sur la tête !

La justice française démontre une fois de plus son incompétence en matière sociale. Elle vient d'acquitter une meurtrière, mais ne remet nullement en cause nos institutions sociales. Pourquoi cette mère de famille a-t-elle  dû en arriver à une telle extrémité ? Nous devons profondément travailler à la reconstitution de notre pacte social. Pourquoi cette mère n'a-t-elle pas eu l'aide d'une auxiliaire de vie pour l'assister dans la vie quotidienne de sa fille ? Aujourd'hui beaucoup de familles de personnes handicapées, n'ont d'autre choix que de faire appel au système D pour garantir le bien-être de leur enfant. Les soins de longue durée sont encore aujourd'hui considérés comme une charge pour la société, alors que c'est peut-être la source des emplois de demain. Le handicap et la personne  handicapée sont encore considérés comme une monstruosité. Pourquoi a-t-on cette appréhension du handicap ? Peut-être pas ce que cette situation nous renvoie comme un miroir déformant à notre propre déchéance et finitude. Notre société a tellement virtualisée l'homme, qui ne peut être que parfait. La mort et la maladie ne sont que pour les autres. Pourtant avec le vieillissement de la population, chacun se rendra compte tôt ou tard qu'ils se dirigent lui aussi vers la mort. Serons-nous toujours d'accord pour accélérer la fin de vie ? Les héros d'aujourd'hui, qui abrège la vie de leurs proches; pour diminuer leurs souffrances et par la même occasion se libérer eux-mêmes d'une vision qui leur est insupportable, ne deviendront-ils pas alors des bourreaux aux yeux de tous ?

Stéphane De Bona

Ni pauvres, ni soumis !



lundi 07 avril 2008, a 23:12
La virtualisation du monde



jeudi 20 mars 2008, a 19:52
Euthanasie : faut-il débattre ?

Euthanasie : pas pour moi !

 

Je me souviendrai toujours, de la première remarque qui m'a été faite à l'ouverture du salon du livre de 2006 lors la parution de mon livre : le totalitarisme, un péril pour le XXIe siècle.

 

«Bonjour monsieur, êtes-vous Vincent Humbert ? J'ai répondu de suite, sans une autre explication : Non madame, il est mort». Cette dame avait dû être choquée par le combat de ce jeune homme qui demandait le droit de mourir en toute dignité au président Chirac. Pour ma part, cela ne me viendrait même pas à l'idée, car pour moi, vivre est plus important que de subir la souffrance physique auquel je dois faire face tous les jours. Si mon moral se porte bien, tout va !

 

Il faut croire que la fin de l'hiver est propice à cette demande car aujourd'hui, c'est Mme Chantal Sébire qui relance le débat.

 

 

Le mystère sur les circonstances de la mort de Chantal Sébire, dont le corps a été découvert par sa fille mercredi à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or), restait entier jeudi alors que se posait, selon la justice, la question de son "autopsie".

 

Suicide? Mme Sébire y était "violemment hostile". Euthanasie active? Elle la souhaitait avec force depuis des semaines mais la justice, conformément à la législation en vigueur, l'a refusée lundi dernier.

Alors décès naturel? Chantal Sébire "souffrait d'une maladie potentiellement mortelle", une "esthesioneuroblastome", maladie orpheline et incurable, qui se développe dans la cavité nasale et déforme cruellement le visage, a rappelé jeudi à l'AFP son médecin traitant Emmanuel Debost.

Mais, jeudi matin, le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Alacchi, "en l'état actuel des investigations", n'avait toujours pas tranché. "Il n'y a à cette heure pas d'éléments suffisants" pour déterminer les causes de la mort de Mme Sébire, a déclaré M. Alacchi à l'AFP, reportant ainsi toute communication officielle. "Je me pose la question de savoir si l'on va faire ou non une autopsie", s'est interrogé M. Alacchi ajoutant que "l'apparence externe du corps ne présentait pas de particularités", et qu'il continuait de recueillir" des déclarations "auprès des proches" et des gendarmes "en charge de l'enquête" préliminaire.

"S'ils font l'autopsie c'est honteux", s'est insurgé Me Gilles Antonowicz l'avocat de Chantal Sébire. "Si Mme Sébire s'était jetée dans le canal (de Bourgogne) tout proche de son appartement, il n'y aurait pas eu d'enquête et là ils feraient une autopsie comme ils l'ont faite pour le fils de Marie Humbert" qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir en 2003, a encore fustigé Me Antonowicz, joint au téléphone par l'AFP.

Autre élément d'incertitude, la présence ou non de membres de sa famille -- Mme Sébire a trois enfants et un frère-- auprès de cette ancienne institutrice qui demandait avec insistance depuis plusieurs semaines à "mourir dans la dignité" et sollicitait en vain une euthanasie active. "Mme Sébire était très entourée" par sa famille "mais on n'est pas sûr qu'au moment de son décès sa fille ait été présente" alors que c'est elle "qui a découvert le corps", a précisé le procureur.

Au-delà de la très forte émotion suscitée par la médiatisation dès fin février de ce douloureux dossier, le cas de Chantal Sébire aura, cinq ans après l'affaire Humbert, relancé le débat sur l'euthanasie active légale comme elle est pratiquée dans plusieurs pays d'Europe (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Suisse).

Mercredi, peu avant la découverte du corps de Mme Sébire, le président de la République Nicolas Sarkozy, à qui la malade avait écrit, avait reçu son médecin traitant.

 

Le Gouvernement est partagé sur la question

 

Le Premier ministre François Fillon a pour sa part chargé le député UMP et cardiologue Jean Leonetti d'une mission d'évalutation de la loi de 2005 --qui porte son nom et a été votée à l'unanimité-- relative au droit des malades et à l'accompagnement en fin de vie.

La nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a déclaré jeudi "à titre personnel" qu'elle était favorable à la création d'une "commission nationale d'euthanasie à qui reviendrait le soin d'examiner les cas exceptionnels graves".

L'homme a-t-il le droit de donner la mort, même désirée ?

Stéphane De Bona



lundi 11 février 2008, a 10:49
Aujourd'hui, je vois rouge

Couleur : Rouge

 

On vit une bien triste époque, il y a quelques semaines un banal fait divers comme l'on entend souvent aux infos, l'histoire d'un petit épicier dans un village de France poignardé par un SDF parce qu'il lui avait refusé une bouteille de rouge. Je vois partout du rouge ces derniers temps, dans la mémoire collective cette couleur sonne comme le symbole de la colère, de la passion, du vin, du sang…

 

Rouge le poing levé en signe de protestation dans la rue derrière des banderoles, devant des lois inacceptables, qui saoulent et endorment inextricablement !

 

Rouge de colère face au bleu des lèvres d'enfants morts de froid. Coupable moi ? Jamais ! Je vis dans le 16e et on vient d'ouvrir une petite merveille de 1939, çà réchauffe le coeur

 

Rouge vin. Le sang des vierges qui viennent étancher la soif de ceux qui sucent la nuit, l'hymen fuit, se déchire et saigne ; remplit le verre et la panse suffisamment pleine de vice. Di-vin de l'ivresse grecque, Dionysos mélangeait allègrement raisins, vin et luxure… le rouge encore !

 

Rouge caligula, le vin et le sang encore s'entremèlent et s'enlacent quand à l'esclave ayant trop bu de l'enivrant nectar de fruits, le tyran de sa lame transperce la panse qui éclate tel une bâche.

 

On vit une bien triste époque, beep beep 1,5grammes dans le sang beep beep somnolant je trébuche, tombe, saigne… beep-beep-beep-beep-beep Je voulais juste me servir un verre ! beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeepp

 

FRANCK SCHWEITZER

jeudi 10 janvier 2008, a 18:07
Le Philosophe Emile Chartier dit Alain

 

Biographie

 

Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier (Mortagne-au-Perche, Orne, 3 mars 1868 - Le Vésinet, Seine-et-Oise, 2 juin 1951, enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 94), est un philosophe, journaliste et professeur de français.

 

En 1881, il entre au lycée d'Alençon où il passe cinq ans. Le 13 juin 1956, le lycée d'Alençon a pris le nom de son plus célèbre élève : lycée Alain.

 

Après l'École normale supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie puis est nommé professeur successivement au Lycée Joseph Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, Rouen (lycée Corneille) et à Paris (lycée Condorcet puis au lycée Michelet). À partir de 1903, il publie dans différents journaux (La Dépêche de Lorient puis La Dépêche de Rouen et de Normandie) près de 3000 courtes chroniques, sous la signature d'Alain, les "Propos du dimanche", puis les "Propos du lundi" sous forme de chroniques hebdomadaires. Devenu professeur de khâgne au lycée Henri-IV en 1909, il exerce une influence profonde sur ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, Georges Canguilhem…).

 

À l'approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Lorsque celle-ci est déclarée, sans renier ses idées, et bien que non mobilisable, il s'engage pour satisfaire ses devoirs de citoyen. Brigadier au 3e régiment d'artillerie il refuse toutes les propositions de promotion à un grade supérieur. Le 23 mai 1916, il se broie le pied dans un rayon de charrue lors d'un transport de munitions vers Verdun, . Après quelques semaines d'hospitalisation, il est affecté pour quelques mois au service de météorologie, puis il est démobilisé en 1917. Ayant vu de près les atrocités de la Grande Guerre, il publie en 1921 son célèbre pamphlet Mars ou la guerre jugée. Sur le plan politique, il s'engage aux côtés du mouvement radical en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d'opinion. Son nom côtoie ceux de Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... et ceux des jeunes normaliens Raymond Aron et Jean-Paul Sartre. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes.

Dans les faits, sa vision du fascisme est différente. En effet, on trouve dans les écrits du philosophe qui passe pour être une des grandes consciences de la IIIe République, la phrase suivante: J'espère que l'Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l'emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c'est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées.

 

Il sera cofondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). En 1936, alors qu'il est depuis longtemps atteint de crises régulières de rhumatismes qui l'immobilisent, une attaque cérébrale le condamne finalement au fauteuil roulant.

Après sa mort, un Institut, une Association ainsi qu'un Musée (le Musée Alain à Mortagne-au-Perche) voient le jour. Ils contribuent depuis à faire connaître et à diffuser son œuvre en se chargeant de la réédition et de la publication de textes inédits.

 

Les Propos

 

Alain met au point à partir de 1906 le genre littéraire qui le caractérise, les "Propos". Ce sont de courts articles, inspirés par l'actualité et les événements de la vie de tous les jours, au style concis et aux formules séduisantes, qui couvrent presque tous les domaines. Cette forme appréciée du grand public a cependant pu détourner certains critiques d'une étude approfondie de son œuvre philosophique.

Ses maîtres à penser furent Platon, Descartes, Kant et Auguste Comte — mais il se réclama avant tout de Jules Lagneau, qui fut son premier professeur de philosophie, au lycée de Vanves (actuel lycée Michelet). Il n'oublia jamais, toute sa vie durant, celui qu'il appela « le seul Grand Homme que j'aie jamais connu », et dont il est permis de penser que la rencontre fut aussi décisive que celle de Platon avec Socrate : « Parmi les attributs de Dieu, il avait la majesté. […] Ses yeux perçants traversaient nos cœurs et nous nous sentions indignes. L'admiration allait d'abord à ce caractère, évidemment inflexible, inattentif aux flatteries, aux précautions, aux intrigues, comme si la justice lui était due. »

Le but de sa philosophie est d'apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est un « éveilleur d'esprit », passionné de liberté, qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Pour lui, la capacité de jugement que donne la perception doit être en prise directe avec la réalité du monde et non bâtie à partir d'un système théorique.

Alain perd la foi au collège sans en ressentir de crise spirituelle. Bien qu'il ne croie pas en Dieu et soit anticlérical, il respecte l'esprit de la religion. Il est même attiré par les phénomènes religieux qu'il analyse avec beaucoup de pertinence. Dans Propos sur la religion et Propos sur le bonheur on sent transparaître, un peu comme chez Auguste Comte, une certaine fascination pour l'Évangile dans lequel il voit un beau poème et pour le catholicisme qu'il perçoit, en en reprenant l'étymologie, comme un « accord universel ».

 

Extrait des Propos sur le bonheur

 

Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.

 

Les mots en bleu sont des concepts philosophiques ou dates importantes.

 



mercredi 09 janvier 2008, a 19:29
Elle aurait eu 100 ans !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Simone de Beauvoir

 

De son vrai nom Jeanne Marie Bertrand de Beauvoir, cette romancière et essayiste française, est née le 9 janvier 1908 à Paris et morte le 14 avril 1986 à Paris.

Les jeunes années

Simone de Beauvoir est la fille de Georges de Beauvoir, éphémère avocat mais comédien amateur, et de Françoise Brasseur, jeune femme issue de la petite et ancienne bourgeoisie de Verdun. Elle voit le jour dans un appartement cossu du boulevard Raspail et entre à l'âge de 5 ans au "cours Désir", où sont scolarisées les filles de bonnes familles. Sa sœur cadette Hélène (dite Poupette) l'y rejoint deux ans plus tard. Dès le plus jeune âge, Simone se distingue par ses capacités intellectuelles et se partage chaque année la première place avec Elisabeth Lacoin (dite Elisabeth Mabille ou Zaza dans son autobiographie). Zaza devient rapidement sa meilleure amie même si Simone souffre en silence du manque de réciprocité. Après la Première Guerre mondiale son grand-père maternel Gustave Brasseur, président de la Banque de la Meuse, fait faillite et est déclaré banqueroutier précipitant toute sa famille dans le déshonneur et la déconfiture. Aussi les parents de Simone sont-ils contraints, par manque de ressources, de quitter l'appartement cossu du boulevard Raspail pour un autre appartement, sombre, exigu et au sixième étage d'un autre immeuble du même boulevard (au-dessus de l'actuel restaurant "La Rotonde"). Georges de Beauvoir, que Simone décrira plus tard "à mi-chemin entre l'aristocrate et le bourgeois", espérait vivre avec l'argent de son épouse. Celle-ci se sentira coupable toute sa vie, envers son mari, de cette dot engloutie. Simone en souffre et voit les relations entre ses parents se dégrader. Toute son enfance sera marquée par le fait d'être une femme : son père espérait avoir un fils pour en faire un polytechnicien. D'ailleurs, il répètera à Simone "tu as un cerveau d'homme". Passionné de théâtre (il suit des cours d'art dramatique) il en a donné le goût à son épouse et à ses enfants, ainsi que celui de son amour pour la littérature. Pour lui "le plus beau métier est celui d'écrivain". Avec son épouse, il est persuadé que seules les études peuvent sortir leurs filles de la condition médiocre dans laquelle elles se trouvent. À quinze ans, le choix de Simone de Beauvoir est déjà fait, elle sera un écrivain célèbre. Elle obtiendra de nombreux diplômes : licences de littérature, grec, latin, philosophie, mathématiques... mais elle a surtout une révélation pour la philosophie et décide d'approfondir cette matière à la faculté des lettres de l'université de Paris. Elle y rencontre d'autres intellectuels en herbe, notamment Jean-Paul Sartre qu'elle compare à un génie. Une relation mythique se nouera entre eux, dès cette époque, que seule la mort rompra. Elle sera son « amour nécessaire » en opposition aux « amours contingentes » qu'ils seront amenés à connaître tous deux. Sartre est reçu premier à l'agrégation à la deuxième tentative, Simone de Beauvoir remportant la seconde place (le classement étant à l'époque séparé entre filles et garçons).

La mort de Zaza cette même année la plonge dans une grande souffrance. Simone, élevée par une mère pieuse, a perdu la foi dès sa quatorzième année (d'après les mémoires d'une jeune fille rangée), bien des années avant son agrégation de philosophie, avant même son départ du cours Désir et marque ainsi son émancipation vis-à-vis de sa famille.

L'enseignante

Dès l'agrégation en 1929, Simone, ou plutôt Castor — surnom repris par Sartre car « Beauvoir » est proche de l'anglais beaver (signifiant castor) — devient professeur de philosophie. Elle se trouve mutée à Marseille. La perspective de quitter Sartre, lui-même muté au Havre, la jette dans l'angoisse et ce dernier lui propose de l'épouser afin d'obtenir un poste dans le même lycée. Bien que viscéralement attachée à Sartre, elle rejette la proposition avec horreur. On pense à tort qu'elle a refusé parce que le mariage représente pour elle une tradition bourgeoise et avilissante pour les femmes. Elle explique dans L'âge de raison qu'elle sentait que la proposition de Sartre avait été faite avant tout pour la satisfaire, quelque peu à contre-coeur. L'année suivante, elle parvient à se rapprocher de Sartre en obtenant un poste à Rouen où elle fait la connaissance de Colette Audry, enseignante dans le même lycée. Elle devient très proche de certaines élèves, notamment Olga Kosakiewitcz et Bianca Lamblin avec qui elle entretient des relations homosexuelles, le « pacte » la liant à Sartre lui permettant de connaître des « amours contingentes ». Elle se lie également avec un élève de Sartre, « le petit Bost », futur mari d'Olga, qui devient entre-temps la maîtresse de Sartre. Ce groupe d'amis surnommé « la petite famille » reste indéfectible jusqu'à la mort de chacun d'entre eux, malgré de petites brouilles et de graves conflits.

Peu avant la Seconde Guerre mondiale, le couple Sartre-Beauvoir est muté à Paris. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 35 et 37, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Quand prime le spirituel puis Anne ou quand prime le spirituel). L'invitée est publié en 1943, elle y décrit, à travers des personnages imaginaires, sa relation entre Sartre, Olga et elle-même. Le succès est immédiat. Suspendue en juin 1943 de l'Education Nationale à la suite d'une plainte pour "excitation de mineure à la débauche" déposée en décembre 1941 par la mère de Nathalie Sorokine, elle sera réintégrée à la Libération[3]. Elle travaille pour la radio ("Radio-Vichy") où elle organise des émissions consacrées à la musique à travers les époques. Peu avant de mourir, son père Georges de Beauvoir dit à un de ses amis en parlant de sa fille : « elle fait la noce à Paris », marquant ainsi son dégoût pour la vie de Simone.

L'écrivain engagé

Avec Sartre, Raymond Aron, Michel Leiris, Maurice Merleau-Ponty et quelques intellectuels de gauche, elle fonde un journal : Les Temps modernes qui a pour but de faire connaître l'existentialisme à travers la littérature comptemporaine. Mais elle continue cependant son œuvre personnelle. Après plusieurs romans et essais où elle parle de son engagement pour le communisme, l'athéisme et l'existentialisme, elle obtient son indépendance financière et se consacre totalement à son métier d'écrivain. Elle voyage dans de nombreux pays (É.-U., Chine, Russie, Cuba