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Electron Livre
dimanche 17 mai 2009, a 19:37
Eloge au serveur, ou le parcours périlleux d’un idéaliste


 







Un bac compta et une licence de philo en poche je ne suis pourtant ni aide-comptable ni professeur du secondaire mais serveur et réceptionniste en hôtellerie/restauration ; alors pourquoi tout ce parcours pour « rien » au final ? je ne souhaite pas ici parler que de mon cas mais de la situation dans laquelle se retrouve malheureusement bon nombres de jeunes diplômés. Faire des études de nos jours avec tout ce que cela implique comme effort de travail, d'argent, de concessions et d'implication personnelle. Ajouter à cela les éloges des professeurs sur les formidables débouchés qu'offrent les sciences humaines, nombreux et enrichissants dans tout les secteurs d'activités… je suis vite redescendu sur Terre.

A chaque fois que vous vous présentez à un entretien d'embauche, on vous fait ressentir (au mieux) que votre parcours est soit bancal, soit surprenant, ou encore incohérent. A votre décharge, vous pouvez toujours expliquer la parfaite équation qui existe entre la rigueur administrative dont vous êtes capable et l'ouverture d'esprit face à complexité de l'homme dans la société : c'est suffisant pour convaincre non ? Pourquoi le « plan comptable général » ne côtoierait pas « la transcendance de l'ego » ?

 

A la vérité, la réalité des choses est tout à fait différente et de ressort politique. Il est du fait du désengagement de l'Etat dans le domaine des sciences humaines notamment. D'ores et déjà on encence plus facilement -avec davantage de moyens- les filières mécaniques, techniques, scientifiques des grandes écoles ; alors que la Socio-Philo-Ethno-Psycho-Théologie ; les Arts Plastiques, l'Histoire/Géographie et les Lettres se voient lésés aux profit de ces disciplines « plus en amont avec les besoins économiques actuels » diront certains, parce qu'elles débouchent sur un métier réel ! tout çà pourquoi ? Le profit immédiat.

Au travers de l'ultra-libéralisme, le Nouvel Ordre Mondial (NOM) pointe son nez et il y a de quoi s'inquiéter car notre avenir dans cette société divisée n'a jamais autant été sur le devant de la scène.

 

Malheureusement tout cela cache quelque chose de bien plus sournois ; la haine et le mépris de l'intellectuel. Nicolas 1er entend étouffer dans l'œuf ce qui lui fait le plus peur : le Savoir. Parce qu'un peuple qui sait est un peuple qui peut ! parce que réfléchir c'est désobéir, il est grand temps de tous se rassembler pour lutter contre cette nouvelle forme de dictature : et dans la monarchie française de ce XXIe siècle une révolution culturelle et sociale est en marche…

 

Loin de tout idéal politique, j'en reviens à mon parcours en dents de scie. Je suis fier de celui-ci, de la philosophie je n'ai jamais souhaité en faire un métier mais uniquement élargir mes lectures et accroître un plus grande connaissance des choses et des hommes. J'en ai pris goût c'est vrai, et si ce blog existe aujourd'hui c'est peut-être aussi pour des raisons personnelles bien précises.

J'aime beaucoup le contact avec la clientèle, répondre à leur besoin, préparer une table, faire que tout soit niquel dans un temps imparti… ce sont des détails mais qui ont leur importance.

J'ai longtemps cru qu'il fallait s'expliquer sur les raisons de mes choix ; en fait c'est inutile, à quoi bon contenter les idiots qui ne veulent rien comprendre, pour ces gens-là un diplôme = un métier. Eh bien non désolé, je vis passionnément et librement : çà vous dérange ?

 

Franck SCHWEITZER

jeudi 29 janvier 2009, a 23:26
La Philosophie du 20ème siècle

 

 

 

 

 

 

La méthode de la philosophie analytique est une approche générale de la philosophie, un style d'analyse qui répond à certaines exigences rationnelles. Elle fut tout d'abord liée essentiellement aux projets d'analyse logique des problèmes philosophiques ; cette méthode est conçue aujourd'hui non plus comme un programme, mais comme un souci de clarté et de précision, exigeant de donner une place importante à l'argumentation, aux discussions et aux preuves, d'éviter toute ambiguïté, et de prêter une attention particulière à toutes les nuances de détails qui peuvent entrer dans un problème. Le but de l'approche analytique est de clarifier les problèmes philosophiques en examinant et clarifiant le langage dont on se sert pour les formuler. Cette méthode compte parmi ses apports majeurs la logique moderne, la mise au jour du problème du sens et de la dénotation dans la construction du signification, la théorie de la falsification de Karl Popper. Les deux branches principales sont, d'une part, la recherche pour comprendre le langage en utilisant la logique formelle ; d'autre part, la recherche pour comprendre les idées philosophiques en examinant le langage naturel utilisé pour les formuler et les clarifier.

 

La Logique moderne & contemporaine :

 

Frege jette les bases de la logique moderne. La définition axiomatique d'un concept et la base axiomatique d'une mathématique sont deux notions relativement différentes. La logique qui reflétait essentiellement une évidence intuitive, s'ouvre à des paradoxes comme celui du menteur ou de l'ensemble de tous les ensembles. Husserl montre que la logique ne peut pas être cette base intuitive que tout le monde accepte. Les mathématiques sont en chaos. La logique gagne en relativité, les propositions ne sont plus vrais ou fausses mais aussi indécidables. On peut ajouter autant d'axiomes que l'on veut et monter des logiques différentes avec des axiomes contradictoires. La logique devient une des bases d'une nouvelle science, l'informatique. Elle contient probablement la base d'un des grands problèmes de notre temps, on est toujours loin de pouvoir résoudre le problème du « voyageur de commerce ». Une base axiomatique, l'analyse non standard, remet au goût du jour et de façon rigoureuse les vielles méthodes de calcul différentiel. On n'aurait pas encore démontré de théorème majeur avec ces méthodes. La logique intuitionniste prend une place importante comme première logique constructive et le lambda calcul qui lui est intimement lié permet de fonder la théorie du calcul.

 

La Linguistique :

 

Au sens large, la linguistique est l'étude des langues humaines. Un linguiste est donc une personne qui étudie les langues. Dans un sens plus restreint, la linguistique s'oppose à la grammaire dite traditionnelle, en ce sens que celle-ci est normative (ou prescriptive) tandis que celle-là est descriptive. Alors que la grammaire juge les énoncés en termes d'adéquation à une norme donnée, la linguistique se contente de décrire. La linguistique théorique est souvent divisée en domaines séparés et plus ou moins indépendants :

  • phonétique : étude des différents phones ou sons produits par l'appareil phonatoire humain ;
  • phonologie : étude des sons pertinents, ou phonèmes, d'une langue donnée ;
  • morphologie : étude de la structure interne des mots ;
  • syntaxe : étude de la combinatoire des mots entre eux pour former des phrases ;
  • sémantique : étude du sens des mots et des énoncés ;
  • stylistique : étude du style d'un énoncé littéraire ou non ;
  • pragmatique : étude de l'utilisation des énoncés dans les actes d'énonciation.

 

La Phénoménologie :

 

Elle essaie de répondre à la crise des mathématiques par un « retour aux choses mêmes » (selon le mot de Husserl), c'est-à-dire aux phénomènes ou vécus de conscience : il s'agit de mettre le monde « entre parenthèses » autrement dit ne pas se prononcer sur lui, sur son existence, suspendre toutes nos croyances, pour se concentrer sur l'apparaître, sur ce qui se présente à la conscience. Ce n'est pas un point de vue purement naïf : il faut au contraire dépouiller les phénomènes de leurs croyances naïves. Il y aura au cours du XXe siècle toutes sortes de phénoménologies : religieuse, existentielle (Heidegger, Sartre), de la perception (Merleau-Ponty) etc.

 

L'Herméneutique :

 

Du grec hermeneutikè, art d'interpréter et du nom du dieu grec Hermès, nom du messager des dieux et interprète de leurs ordres- est l'interprétation de tout texte nécessitant une explication, notamment dans la critique littéraire ou historique et dans le droit ou même dans le cadre de la psychanalyse. On parle d'herméneutique pour l'interprétation des textes en général, anciens en particulier, dans le cas de l'art contemporain par exemple, est parfois appelée à recouvrir. Celle des écritures saintes qu'il s'agisse de Bible ou de Coran est un sujet qui demeure délicat. On désigne aussi par herméneutique la réflexion philosophique interprétative sur les symboles religieux et les mythes.  La méthodologie du dévoilement ou de la restitution d'un texte se pose la question suivante :  Dans quelle mesure l'interprétation du lecteur doit-elle être prise en compte et est-elle valide ?

 

Le Structuralisme :

 

Elle trouve son origine dans le Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure (1916), qui propose d'appréhender toute langue comme un système dans lequel chacun des éléments n'est définissable que par les relations d'équivalence ou d'opposition qu'il entretient avec les autres, cet ensemble de relations formant la structure.  La structure possède une organisation logique mais implicite, un fondement objectif en deçà de la conscience et de la pensée. En effet, tout structuralisme repose sur un double statut des structures, à la fois "idéel" (comme forme abstraite d'organisation) et "réel" (comme réalisation concrète). Par conséquent, le structuralisme vise à mettre en évidence ces structures inconscientes par la compréhension et l'explication de leurs réalisations sensibles.

 

L'Anthropologie :

 

Science Humaine qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, sociaux, culturels, et physiques. Cette discipline s'appuie notamment sur l'étude ethnologique des sociétés et peuples ayant préservé une culture spécifique originale. L'anthropologie synthétise ces données dans le cadre d'une étude générale de l'espèce humaine. Le modèle français privilégie les aspects symboliques et sociaux de l'étude de l'être humain et fait de l'ethnologie une sous-discipline de la sociologie, négligeant selon certains les aspects matériels et physiques de l'étude de l'être humain.

 

La philosophie et la science :

 

La méthodologie de la philosophie la rapproche des sciences, et son idéal de clarté et de précision permet de rendre testables et donc réfutables les assertions philosophiques qui y sont exprimées. Ce dernier critère, mis en évidence par Popper permet en effet de distinguer les assertions qui présentent un caractère scientifique ou non. Certains philosophes remettent en cause le bien-fondé ou la valeur de la philosophie analytique. Certains autres estiment que la philosophie ne peut se limiter à « l'analyse des concepts » et que la critique de la distinction entre analytique et synthétique a ruiné l'analyse conceptuelle.  Selon certains détracteurs de la philosophie analytique, cette approche de la philosophie restreint son spectre d'investigation à l'analyse épistémologique et ontologique. Toute idée est uniquement jugée en fonction de la qualité de l'argumentation rationnelle qui la supporte. Ainsi une partie entière de la pensée se trouve niée, et la philosophie doit modérer ses ambitions en se soumettant à la science.

 

La Physique :

 

Du grec φυσικη- est étymologiquement la science de la Nature. Son champ est néanmoins plus restreint : elle décrit de façon à la fois quantitative et conceptuelle les composants fondamentaux de l'univers, les forces qui s'y exercent et leurs effets. Elle développe des théories en utilisant l'outil des mathématiques pour décrire et prévoir l'évolution d'un système. Cette science n'accepte comme résultat que ce qui est mesurable et reproductible par expérience. Une théorie (ou modèle) est un ensemble conceptuel formalisé mathématiquement, dans lequel des paramètres physiques qu'on suppose indépendants (charge, énergie, temps par exemple) sont exprimés sous forme de variables et mesurés avec des unités appropriées (Joule, seconde). La théorie relie ces variables par une ou plusieurs équations (E = mc2 est sans doute la plus connue). Ces relations permettent de prédire de façon quantitative le résultat d'expériences.

Une expérience est un protocole matériel permettant de mesurer certains phénomènes dont la théorie donne une représentation conceptuelle.  Bien que la physique s'intéresse à une grande variété de systèmes, certaines théories ne peuvent être rattachées qu'à la physique dans son ensemble et non à l'un de ses domaines. Chacune de ces théories est supposée juste, dans un certain domaine de validité ou d'applicabilité. Par exemple, la théorie de la mécanique classique (ou newtonienne) décrit fidèlement le mouvement d'un objet, pourvu que ses dimensions soit bien plus grandes que celles d'un atome et que sa vitesse soit bien inférieure à la vitesse de la lumière et que l'objet ne soit pas trop proche d'une masse importante et que celui-ci soit dépourvu de charge. Les théories anciennes comme par exemple la mécanique newtonienne sont encore des sujets de recherche notamment dans l'étude des phénomènes complexes (exemple : la théorie du chaos).

 

La Biologie : bios (βιος) et logos (λογος), c'est la science de la vie. Par définition, la biologie est l'étude des êtres vivants, tels qu'on les connaît sur la planèteTerre. Mais la distinction entre organismes vivants et non vivants est parfois difficile (voir virus, viroïde et prions.), et la détermination de l'objet spécifique de la biologie n'a rien d'évident. Prise en un sens plus large, la biologie ou sciences de la vie est également l'ensemble des disciplines, classiques et modernes, qui étudie les structures, les fonctions et les niveaux d'organisation (molécules, cellules, tissus, organes, systèmes et organismes ainsi que leur milieu de vie) des êtres vivants, ces êtres vivants n'étant scientifiquement que des assemblages complexes de molécules interagissant entre elles selon les lois de la physique et de la chimie s'appliquant à toute matière. Enfin, le terme a été défini à la fin du XVIIIe siècle par le naturaliste français Jean-Baptiste Lamarck.

 

Le Cercle de Vienne : Club philosophique qui a fonctionné à Vienne officiellement depuis 1929 jusqu'à l'assassinat de son chef de file, Moritz Schlick, le 22 juin 1936, après quoi le club se dispersa. Le Cercle existait de manière informelle déjà avant la guerre de 14-18. La tendance y était au positivisme logique, et était influencée par L. Wittgenstein, B. Russell, George E. Moore, H. Poincaré, A. Einstein, K. Popper. Il s'agissait plus ou moins de tordre le cou à la métaphysique, et l'une des cibles du cercle était Heidegger.

 

Franck Schweitzer

mardi 27 janvier 2009, a 22:55
Le danger despotique

 

 

 

 

 

 

La démocratie reste le meilleur système politique connu de nos jours, mais c'est « un colosse aux pieds d'argile ». Nous vivons peut-être actuellement, une dérive despotique. La situation peut nous rappeler étrangement celle d'avant le 2 décembre 1851. Louis-Napoléon Bonaparteest élu président de la seconde république le 10 décembre 1848, il irrite profondément l'assemblée et profite de ce climat instable pour laminer toute opposition à son pouvoir. Ses gesticulations et ses accrocs à la constitution, endorment peu à peu l'assemblée. Les légalistes comme Victor Hugo, député d'alors, essaient d'avertir la population d'un coup d'état imminent, mais elle ne s'en aperçoit guère. La déstabilisation de l'assemblée et de son opposition, déjà en piteux  état, par la limitation du droit d'amendement, ne prépare-t-il pas un coup d'état, pour un nouveau petit homme ? Le plus grand danger pour la démocratie arrive souvent par la démocratie elle-même, lorsque l'électeur se reporte vers des hommes qui portent en eux des tendances extrémistes. Alexis de Tocqueville nous éclaire sur ses dérives dans « De la démocratie en Amérique ».

 

Biographie

 

Alexis de Tocqueville (1805-1859), il est né à Paris. Le jeune magistrat, il est chargé en 1831 d'une enquête sur le système pénitentiaire aux États-Unis. À son retour, il est écrit son ouvrage magistral et visionnaire sur le destin de la démocratie « De la démocratie en Amérique » entre 1835 et 1840. Il est élu député en 1839 puis devint ministre des affaires étrangères en 1849. Ils quittent ensuite la vie politique pour se consacrer à ses travaux sur l'Ancien Régime et la Révolution jusqu'à sa mort.

 

Présentation de l'ouvrage

 

Tocqueville publia « De la démocratie en Amérique » en 1840, au retour d'un voyage aux États-Unis avec son ami Gustave de Beaumont durant lequel il avait pour mission d'étudier le système pénitentiaire américain. La première partie de l'ouvrage est consacrée à une analyse de la vie sociale et politique américaine, à l'étude de ce peuple dans lequel les hommes sont « nés égaux au lieu de le devenir ». Dans la seconde partie, l'auteur s'interroge sur les conséquences et les effets de la marche de l'égalité qu'il voit à l'œuvre dans ce pays. Soulignant les grands avantages du régime démocratique (libertés individuelles, rôle moteur du peuple), il en montre aussi, de manière réellement visionnaire les dérives possibles. Il montre ainsi que l'uniformisation des individus, l'égoïsme et l'isolement de chacun peut mener au despotisme doux et bienveillant amené par une majorité disloquée. C'est l'une des dérives à craindre. Il est alors de la responsabilité de chaque nation que « l'égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères ».

 

Extrait choisi

 

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, et comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine, quand au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s'élèvent un pouvoir immense et tutélaire, qui se chargent seul d'assurer leur jouissance est de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il cherche au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leur succession, divise leurs héritages, ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre ; qu'il referme l'action de la volonté dans un petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement et le berger.

 

J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qui ne lui serait pas impossible de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple ».

 

Alexis de Tocqueville

De la démocratie en Amérique, Tome II, Parti IV, chapitre 5, Gallimard Flammarion, 1986

 

Le pouvoir despotique contre la démocratie

 

Le pire n'est jamais certain et aujourd'hui plus qu'en 1851, une force d'opposition construite est prête à émerger pour sauvegarder la démocratie. Cette force souhaite rénover notre démocratie et renforcer notre pacte républicain. Elle porte l'Europe dans son essence et pourra défendre les valeurs de notre continent et celle de la France, en s'appuyant sur nos institutions supranationales, pour protéger la nation française de cette dérive totalitaire : c'est le Mouvement Démocrate. Malgré tout, comme dirait Alexis de Tocqueville : « Je crois que nous nous endormons sur un volcan ».

 

Stéphane De Bona

 

dimanche 25 janvier 2009, a 23:48
Hannah Arendt (Interview à New York) Suite



dimanche 25 janvier 2009, a 23:22
Transmission entre générations

 

Le problème de la transmission reste un questionnement profond pour notre société. Qu'allons-nous transmettre à nos jeunes ? Faisons-nous parti des civilisations éphémères ou laisserons-nous une trace indélébile dans les siècles à venir ? Ces deux questions sont pour l'instant sans réponse. Notre continent européen a été tellement divisé au siècle dernier, par deux systèmes, un disparu ; le communisme et l'autre à bout de course ; le capitalisme, que les générations futures auront sans doute à recréer une unité historique pour que nous ne sombrions pas dans l'oubli.

 

Les liens culturels

 

Que devons-nous transmettre ? Nous pouvons partir de deux constats différents : celui de René Char qui dit que nous ne « nous sommes précédés d'aucun testament » ou celui d'Hannah Arendt qui affirme que « le fil de la tradition est rompu », mais à première vue aucune de ces deux maximes ne répondent à notre question et elles paraissent même contradictoires, pourtant une fois expliquée elles peuvent nous aider à élaborer une synthèse acceptable. La maxime de René char, nous permet de nous sentir libre de nos actes et d'envisager de transformer un monde utopique en une réalité. De son côté celle d'Hannah Arendt, nous rappelle qu'il est dangereux de ne pas connaître son histoire, car l'homme est sujet à des passions ou des pulsions de mort dévastatrice. La mémoire et la transmission culturelle agisse comme des garde-fous. Dans « la crise de la culture » dont je ne donnerai un extrait plus loin, Arendt démontre qu'une tragédie comme la Shoah aurait plus être évitée si nous n'avions pas rompu avec la tradition humaniste de la Grèce antique. Elle explique également qu'il est nécessaire à chacun de connaître son histoire pour savoir mieux s'en détacher et créer. En résumé, nous avons de liens culturels pour ne pas tomber dans une déconstruction morbide, mais nous devons pratiquer l'époké (c'est-à-dire une mise entre parenthèses de notre temps) pour mieux inventer l'avenir. Il en va autrement du patrimoine économique et familial.

 

Biographie succincte d'Hannah Arendt

 

Hannah Arendt (1906-1975) est né à Hanovre, elle suivit à 19 ans les cours Martin Heidegger et soutint sa thèse sur Augustin sous la direction de Jaspers. L'arrivée au pouvoir d'Hitler la réveille de son « sommeil romantique » : elle quitte l'Allemagne en 1933, puis rejoint les États-Unis en 1940. Elle obtint la nationalité américaine en 1951, année de la publication des « Origines du totalitarisme ». Elle commence alors à enseigner dans les universités les plus prestigieuses comme Princeton ou Berkeley. Elle meurt en 1975 après avoir été reconnue tardivement comme l'un des penseurs majeurs du phénomène totalitaire.

 

Présentation de l'ouvrage

 

La crise de la culture regroupe huit essais considérés par Hannah Arendt comme autant d'« exercices de pensée politique » visant à « découvrir les origines réelles des concepts traditionnels afin d'en extraire à nouveau l'esprit originel ». Les grands thèmes abordés par l'auteur sont la tradition philosophique, le concept d'histoire, la liberté, la vérité et l'opinion, l'éducation et la culture.

L'un des essais intitulé « la crise de l'éducation » montre à quel point l'accueil des nouveaux venus dans un monde ancien est chose complexe et difficile. Le problème de l'éducation est en effet double : il s'agit d'adapter des individus à un monde qui existe déjà et qui a été modelé par leurs pères mais aussi de les préparer à un avenir dont ils seront eux-mêmes les acteurs. Hannah Arendt s'interroge ici sur le sens et la destination d'une éducation révolutionnaire et en conclut que le rôle de l'éducation n'est pas tant d'inspirer le changement que de donner les moyens à ceux que l'on éduque de comprendre le monde dans lequel ils vivent. C'est en cela qu'elle parle de conservatisme comme essence de l'éducation.  

 

Extrait de « la crise de la culture »

 

« Évitons tout malentendu : il me semble que le conservatisme, pris au sens de conservation, est l'essence même de l'éducation, qui a toujours pour tâche d'entourer et de protéger quelque chose -- l'enfant contre le monde, le monde contre l'enfant, le nouveau contre l'ancien, l'ancien contre le nouveau. Même la vaste responsabilité du monde qui est d'assumer ici implique bien sûr une attitude conservatrice. Mais cela ne vaut que dans le domaine de l'éducation, ou plus exactement dans celui des relations entre enfant et adulte, et non dans celui de la politique où tout se passe entre adultes et égaux. En politique, cette attitude conservatrice -- qui accepte le monde tel qu'il est et le lutte que pour préserver le statu quo -- ne peut mener qu'à la destruction, car le monde, dans ses grandes lignes comme dans ses moindres détails, serait irrévocablement livré à l'action destructrice du temps sans l'intervention d'êtres humains décidés à modifier le cours des choses et à créer du neuf. Les mots d'Hamlet : « Le temps est hors des gonds. Oh sort maudit que ce sois moi qui aie à le rétablir », sont plus ou moins vrai pour chaque génération, bien que depuis le début de notre siècle, ils aient acquis une plus grande valeur persuasive qu'avant.

Au fond on n'éduque jamais que pour un monde déjà hors de ses gonds ou sur le point d'en sortir, car c'est le propre de la condition humaine que le monde soit créé par des mortels afin de leur servir de demeure pour un temps limité. Parce que ce monde est fait pour des mortels, il s'use ; et parce que ses habitants changent continuellement, il court le risque de devenir mortel comme eux. Pour préserver le monde de la mortalité de ses créateurs et de ses habitants, il faut constamment le remettre en place. Le problème est tout simplement d'éduquer une façon telle qu'une remise en place demeure effectivement possible, même si elle ne peut jamais être définitivement assurée. Notre espoir réside toujours dans l'élément de nouveauté peut chaque génération apporte avec elle ; mais si précisément parce que nous ne pouvons placer notre espoir qu'en lui que nous détruisons tout si nous essayons de canaliser cet élément nouveau pour que nous, les anciens, puissions décider de ce qui sera. C'est justement, pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger de cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaire que puisse être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine ».

 

Hannah Arendt

Traduction essais Gallimard, 1989.

 

Le patrimoine économique et familial

 

Faut-il léguer le patrimoine économique et familial ? On peut se le demander, dans la mesure où l'on sait qu'en matière économique, la première génération construit l'entreprise, la seconde la développe et la troisième la démantèle. L'héritage doit être, à mon avis, limité car ce mode de succession ne développe pas la créativité des individus une fois l'éducation terminée. On peut d'ailleurs se rendre compte que les grandes civilisations ont disparu lorsqu'elles n'avaient plus de chef sur leur garde par la succession du droit d'ainesse. En ce sens, la république est une garantie de vitalité pour une nation et un peuple.

La réforme des droits de succession appliquée par notre président, Nicolas Sarkozy, ne va-t-elle pas à l'encontre de ses objectifs ? Une fois encore, on peut remarquer que l'addition du paquet fiscal et de la réforme des droits de succession n'ont pas été réfléchis pour le long terme, mais simplement pour des intérêts personnels et purement électoraux.

 

Stéphane DE BONA

 

Hannah Arendt (Interview à New York)



vendredi 23 janvier 2009, a 19:55
Le changement du mode de pensée

 

Le XXe siècle a construit sa structure sur un mode de pensée binaire. Nous avons réagi aux événements en fonction des schémas hérités de la seconde guerre mondiale. L'affrontement bloc contre bloc, nous a obligés à penser d'une façon dualiste. Aujourd'hui, l'Amérique s'est affirmée aux yeux du monde comme une hyper puissance. Elle pensait que son idéologie allait dominer le monde et s'ériger en pensée universelle. Il n'en a rien été. L'Amérique sous l'ère Bush a tout simplement connu, les premières convulsions de sa crise d'adolescence. Elle devra maintenant composer avec le reste du monde.

 

De la pensée binaire à la pensée multidimensionnelle

 

La guerre froide a défini un mode de développement dualiste qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui. La crise financière mondiale et institutionnelle est due au fait que nous n'avons pas sue instaurer de contre-pouvoirs face au capitalisme universalisé et débridé issu du modèle américain. Ce modèle érige le marché comme vertu première, qui aide l'homme à atteindre le bien-être par le développement de la société où il vit. Pourtant, nul ne peut être libre, sans un minimum d'échange et de respect envers autrui.

 

 Penser blanc ou noir est dépassé !

 

Nous devons au minimum réfléchir en trois dimensions, mais il serait plus judicieux d'envisager les choses à l'échelle des cinq continents. Aujourd'hui, un monde multipolaire va naître et si nous ne régulons pas un minimum nos besoins, en prenant en compte l'identité et le mode de fonctionnement d'autrui, nous courons à la catastrophe.

La pensée universelle, telle que nous la décrivons aujourd'hui, est pour moi un leurre. Je donnerai pour exemple, l'arrivée d'Internet, qui pour certains philosophes, devait nous aider à l'unification de la pensée dans le monde et faire émerger peu à peu des vérités universelles, 15 ans après la vulgarisation de ce mode d'échange, on ne peut pas dire qu'une synthèse de la pensée est émergée. La seule chose qui est réellement apparue, c'est que l'homme est capable de raisonnement multiple et a besoin de repères identitaires pour se sentir moins seul. La différenciation de groupe est même indispensable pour que nous nous sentions exister.

 

Le conflit entre la communauté et la singularité

 

L'homme vit dans une ambivalence permanente, il souhaite vivre en société pour rompre sa solitude, mais il voudrait affirmer sa singularité, pour être reconnu en tant que sujet. Culturellement, il vit dans un espace qui lui fournit une identité à l'échelle de la nation, mais qui est trop petit pour défendre ses valeurs dans le monde. Pour avoir une chance de faire vivre la diversité culturelle, c'est donc à l'échelle continentale que nous devons nous rapporter. Nous pourrons ainsi garder nos traditions et gérer nos besoins en fonction du mode de développement que nous avons choisi. Une fois la répartition continentale clairement définie, nous pourrons donc envisager dans le respect de chacun, un mode de gouvernement mondial. Nous pourrons alors gérer nos ressources naturelles et l'équilibre de la planète en bonne intelligence. L'Humanité doit rester multiple, mais elle doit avant tout être raisonnable ! Pour terminer, je reprendrai une phrase de Nelson Mandela lors de la victoire de Barack Obama en novembre 2008 et un de ses textes.

Nelson Mandela : « votre victoire démontre que personne ne doit avoir peur de changer le monde »

 

Un long chemin vers la liberté

 

« Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l'amour naît plus naturellement dans le cœur de l'homme que son contraire. Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, c'est toujours aperçu une lueur d'humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.

(...) C'est au cours de ces longues années solitaires que la faim de liberté pour mon peuple est devenue faim de liberté pour tous, Blancs et Noirs. Je savais parfaitement que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'oppressé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l'étroitesse d'esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas vraiment libre si l'on me prive de ma liberté.

L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité ».

 

Paris 1995, Nelson Mandela.

 

 

La liberté et la survie de l'humanité se gagne en respectant la singularité et l'identité complémentaire de chacun.

Si comme le dit Pascal : « Nous sommes tous embarqués », mieux vaut choisir le bateau que le côté où l'on rame. Choisir un côté, c'est tout simplement oublié une partie du monde !

Le monde est un tout diversifié.

 

Stéphane De Bona

 

Hubert Vedrine - Enjeux et Perspectives Géopolitiques



vendredi 02 janvier 2009, a 20:10
Le bonheur : recherche de chaque civilisation

 

 

 

 

 

 

En ce début d'année 2009, nous pouvons nous demander ce que nous avons de plus que les générations antérieures. Nous avons succombé à l'hyperconsommation et à une virtualité inhumaine censée nous rapprocher les uns des autres. Sommes-nous plus heureux ? Rien n'est moins sûr !

 

Une vie de plaisir pour Épicure

 

L'épicurisme et pour le commun des mortels la recherche du plaisir dans l'abondance. Pourtant c'est peut-être bien le contraire ! Épicure caractérise le bonheur ou le plaisir par l'absence de souffrance physique ou morale appelée ataraxie. L'ataraxie est recherchée dans toute antiquité, c'était une quiétude que chacun cherche à atteindre. L'école épicurienne (le Jardin, 306 avant Jésus-Christ) estime que pour atteindre cet état, nous devons répondre à des besoins de deux ordres. Les besoins naturels et nécessaires sont utiles à la survie (nous devons étancher notre soif et nous nourrir de façon matérielle et spirituelle). L'homme doit avoir des amis avec qui il peut échanger et philosopher. Les autres besoins naturels sont nullement nécessaires ce sont des plus, comme la sexualité. Les besoins non naturels sont des désirs de grandeur, comme le goût de la gloire ou le luxe. Cette philosophie est bien loin de l'abondance et elle est une méthode efficace pour nous libérer des faux besoins. On peut résumer l'épicurisme à un hédonisme ascétique. Bien loin du consumérisme qui nous ramène qu'à des joies éphémères. Une vie bonne est une vie simple.

 

Cette seule phrase d'Épicure nous démontre que nous sommes dans l'erreur : « pour vivre heureux vivons caché ». Épicure, nous incite à un plaisir mesuré. Il n'est cependant pas possible de vivre bien, sans vivre avec plaisir.

 

Le bonheur dans la vertu : un combat

 

Pour les stoïciens, comme Marc-Aurèle qui vive à l'ombre du Portique, le bonheur n'est possible que dans le combat. Le stoïcisme est fondé Zénon de Citium en 301 avant Jésus-Christ. Il enseigne aussi comme l'épicurisme que « l'avoir » est une entrave à la réalisation de l'humain. Les stoïciens est avant tout un combattant, un soldat. Cette pensée connaîtra son apogée sous l'empire romain. Pour le stoïcisme, l'homme n'est responsable que des choses sur lesquelles il a une emprise autrement dit une action. « La vertu est la volonté de faire le bien, voilà ce qui prime » nous dit Marc Aurèle. Il doit voir les choses dans leur nudité. Le pouvoir pour lui-même est un fruit pourri, un jouet pour adultes. Nous devons combattre nos pulsions archaïques et accomplir nos actions comme si c'était les dernières. L'homme ne doit pas se soucier de sa finitude, mais jouir de toute la richesse de sa vie. Les promotions, l'amélioration de son milieu de vie ne sont que des illusions éphémères, c'est en ce sens que le stoïcisme est un appel à l'humilité se rapprochant de l'épicurisme. Pour en terminer, on peut se demander si un tel degré de détachement est possible. Une chose est sûre, il faut vivre le moment : le stoïcien Sénèque disait « tandis qu'on attend de vivre, la vie passe ».

 

En résumé, ne cherchons pas le bonheur dans le consumérisme, mais tout simplement dans l'humanisme. Le bonheur simple, c'est de vivre ensemble dans le calme et l'harmonie.

 

Stéphane De Bona

 

Berry " Le Bonheur"



jeudi 01 janvier 2009, a 18:32
2009, une année Orange

 

Bonne Année 2009 en Orange !

Cette année, mongenie m'a donné la couleur Orange !

L'Orange est une couleur chaude.

Orange, comme un rayon de soleil.

Orange, comme un beau couché de soleil !    

Orange, comme un voyage au centre de la terre.

Orange, comme une pièce théâtre que j'ai aimée :

"Les Oranges"

Orange, comme le souvenir d'un amour de Fac.

Orange, comme un fruit succulent.

Orange, comme des moyens de communications.

Orange, couleur de la force et de la vie !

Orange, comme un Mouvement politique Humaniste !

Orange, comme des moments de joies et de partages !

La couleur orange me fait tourner la tête de bonheur !

 

BONNE ANNEE à tous, une nouvelle vie commence !!!

 

 Stéphane De Bona



mardi 09 décembre 2008, a 22:17
Le siècle des Lumières

 

(de fin XVIIe au début XVIIIe siècle)   

  

Le siècle des Lumières correspond fondamentalement au XVIIIe siècle en Europe, même si son début est considéré comme partant de la révolution anglaise de 1688. Le mouvement se développa dans une grande partie de l'Europe, surtout l'Europe du nord et la France, ainsi que les États-Unis. La philosophie des Lumières désigne le mouvement intellectuel autour d'idées telles que le renouvellement de l'éthique, d'esthétique. L'ensemble doit être rapproché des révolutions américaine et française, de la montée du capitalisme. Artistiquement, il correspond à la période néo-classique. On parle aussi des Lumières pour désigner les intellectuels, écrivains, philosophes emblématiques de ce mouvement de pensée.

 

 Dès le XVIe siècle, Montaigne faisait déjà preuve de scepticisme. D'un point de vue épistémologique, le scepticisme prit une forme plus extrême chez Descartes. Le mouvement des Lumières s'est en effet trouvé être, dans une grande part, un prolongement des découvertes de Copernic au XVIe siècle, peu diffusées sur le moment, puis surtout des théories de Galilée (1564-1642). La prise de conscience que la Terre tournait autour du soleil (héliocentrisme) et non l'inverse (géocentrisme) remettait en cause bon nombre d'idées reçues : non seulement, les universités et les écoles, alors sous l'autorité de l'Église, se montraient peu disposées à comprendre les nouveaux développements des sciences, mais encore ces changements remettaient en cause certains passages de la Bible et la théorie de la force motrice qui provenait d'Aristote. Les développements des sciences mathématiques, physiques et de la médecine bousculaient ainsi l'organisation du savoir dans les universités. On appela ce changement la révolution copernicienne. Il se manifesta par une quête continuelle sur la nature du « savoir », qui avait commencé avec des scientifiques et des philosophes antérieurs à Galilée.

 

  Les Lumières se basent sur la croyance en un monde rationnel, ordonné et compréhensible, exigeant de l'homme l'établissement d'une connaissance également rationnelle et organisée. Cela commence par l'idée que les lois gouvernent aussi bien les cieux que les affaires humaines, et que la loi est ce qui donne au Prince son pouvoir, non pas l'inverse. La conception de la loi comme une relation réciproque entre les hommes, plutôt qu'entre les familles ou des groupes, devint de plus en plus remarquable, accompagnée du soucis de la liberté individuelle comme réalité imprescriptible - le seul droit tiré de Dieu. Le mouvement des Lumières créa ou réinventa donc les idées de Liberté, propriété et rationalité, telles qu'on les connaît toujours aujourd'hui dans la première philosophie politique : l'idée et le désir d'être un individu libre, liberté d'autant plus garantie que l'État assure la stabilité des lois.

 

l'Encyclopédie : Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent, trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel prend comme fondement l'idée qu'il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée, et que sa réalisation est un moyen de libération de l'homme. Le philosophe Denis Diderot et le mathématicien D'Alembert publient en 1751 l'Encyclopédie, dictionnaire raisonné des arts et des sciences. La diffusion du savoir ne fut pas le seul fait des encyclopédistes : le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le "progrès" des techniques de diffusion de l'information : on passa du livre et à la presse.

 

L'écho des Lumières : Mouvement intellectuel caractéristique du siècle, les Lumières ont évidemment influencé l'art de leur temps. Rousseau notamment, cherche le beau et le bon éternel. Plus le siècle s'avance, plus la littérature et l'art répudient la gratuité des formes, la légèreté, regardées comme aristocratiques et mondaines, pour aller vers le sérieux, l'authentique et le naturel, bien sûr; bref, vers ce qui est conforme à la morale utilitaire du public bourgeois. D'où le goût croissant pour le néoclassicisme, qui met en avant l'antique, non pas l'antique allégorique de l'époque classique mais un antique historique plus sobre, à la façon du peintre David. Malgré leur volonté militante, les Lumières n'ont touché que les élites, même élargies aux fractions montantes des bourgeoisies. Les Lumières ont de façon révolutionnaire des changements radicaux :

 

 

Franck Schweitzer

 

dimanche 07 décembre 2008, a 23:20
Un beau morceau de littérature

 

 

Ce texte n'avait pas été réédité depuis 40 ans, mais il appartient bien aux écrits politiques de Victor Hugo. J'ai pu le vérifier, grâce à la collection de livres laissées par mon grand-père. De là à penser que l'histoire se répète, il n'y a qu'un pas. Espérons, que Nicolas Sarkozy ne soit pas notre nouveau Napoléon III. Voilà Flo, texte existe bien avant Sarko Ier ! Aujourd'hui, je devrais pourtant me taire si je ne veux pas terminer en garde à vue.

  

Stéphane De Bona 

 

 

Un pamphet

 

«  Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.

Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.

Dieu sait pourtant que le Président se démène: il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.

Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.

Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ».

 

  

Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit " Réédité chez Actes Sud

 

Livre sur Napoléon III



dimanche 24 août 2008, a 19:17
Si…

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir…

 

(…) Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d'un seul mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois…

 

(…) Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras une femme, ma fille.

 

Inspiré de Rudyard  Kipling

 

Merci Papa, Julie Pietri

 

 

 Salammbô (Merci aux femmes qui nous supportent!)

"La légendes des Madones"



mercredi 20 août 2008, a 18:51
Lettre au Vicomte

 

Cher Vicomte Naja de Lorraine,

 

Je crois vous avoir démasqué. Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour ce remarquable pseudonyme. Vicomte, car vous êtes un homme de qualité et souhaitez en fréquenter d'autres. Naja, car c'est un serpent très venimeux de la catégorie des cobras, une autre manière pour vous de dire que : « l'homme est un loup pour l'homme » et aussi parce que c'est un personnage de mangas dont vous êtes certainement fan. Enfin vous avez choisi de Lorraine en souvenir de nos nombreuses soirées en commun dans la région. Même si vous n'osez pas vous l'avouer, elle reste synonyme de nostalgie et de bonheur, tout comme pour moi.

 

Effectivement, vous avez fait une forme d'enquête sur moi pour bien me connaître. Le dossier est épais, mais c'est avant tout l'amitié qui nous lie, la plus importante. Cela vous donne le droit de me secouer de temps à autre tout comme un autre de nos camarades. J'espère que votre thèse sur la rencontre entre le monde réel et virtuel se passe bien. Malheureusement, l'amour entre Sofia et moi qui tendait à le démontrer a fait long feu ! Bien vu, le petit message à la demoiselle en détresse qui me rappelle vos missives enflammées sur Internet, auquel je me suis également essayé pour conquérir mon ex-belle.

 

N'ayez crainte, je reprendrai mes activités littéraires d'ici peu, je vous promets que ma situation personnelle n'interviendra plus, je suis pour l'instant également écrasé par un climat politique que je redoutais. Je vous tire mon chapeau, d'être capable de vous réfugier encore dans le rêve et le virtuel. Tout nous incite pourtant à être ancrés dans le réel ! C'est une manœuvre totalitaire, afin que la société n'ait plus de vision d'avenir cohérente et qu'elle se laisse guider. J'ai bien retenu la leçon, à trop être terre à terre, on meurt déjà un peu. J'aurais dû le retenir car c'est ce que notre maître en philosophie commun nous a toujours enseigné. Ce n'est pas par une vision statique de la société que l'on avance, mais plutôt par des changements de paradigme successif faisant la synthèse du meilleur de la pensée humaine pour augmenter son niveau de tolérance. C'est d'ailleurs, pour cela que je me suis engagé au mouvement démocrate car nous souhaitons tourner le dos au système arriviste de gauche et mettre un point final aux dérives d'extrême droite de l'UMP. Pour y arriver, il faudra que nous sachions révéler un autre monde.

 

Merci à vous de m'avoir remis sur le chemin.

 

Amicalement,

 

Stéphane De Bona

 

PS : je comprends votre réaction pour le visionnage du film « chat craint », mais vous connaissez mon humour noir, certains ne sont pas aptes à le comprendre.

 

Brassens, quand un Vicomte



vendredi 13 juin 2008, a 17:47
Vie privée et vie publique, synonyme de tolérance

 

 

Le caractère dramatique de l'existence aide à la création

 

Je viens de repartir dans un univers glauque et intrigant par l'intermédiaire du septième art. Vous me direz, mais pourquoi est-il attiré par des films de plus en plus dramatiques ou qui déroute le téléspectateur ? Peut-être parce que ce genre de film ne fait que le traité en grossissant le trait des événements que nous connaîtrons tous, un jour dans notre vie et que la moralité nous empêche de dévoiler. Parmi mes fils ne dramatiques préférés, voici quelques titres qui me viennent spontanément à l'esprit : Nathalie, Les anges exterminateurs, La vie des autres, Les puissants, A corps perdu, etc… Ces films grossissent le trait de notre vie de tous les jours, chacun en regardant autour de lui peut croiser un événement dramatique qui fait semblant de ne pas avoir. C'est ces événements qui sont pour moi, la plus grande source d'inspiration. Il faut pourtant prendre énormément de recul pour pouvoir en tirer le meilleur, c'est-à-dire : se les réapproprier par une mimésis cathartique. L'artiste n'est qu'un pilleur d'émotion. Les plus grandes créations de notre culture classique ne sont pas nées du bonheur, mais du malheur. Je ne prétends pas un jour devenir un Victor Hugo ou Balzac, mais j'espère bien trouver mon public en déployant toute ma sensibilité et mes connaissances dans une œuvre majeure. Encore faut-il que je trouve la bonne distance entre le populaire et le scientifique pour arriver à une vulgarisation de savoir. Toujours est-il qu'aujourd'hui, j'ai trouvé cet espace de créativité en regardant un film à nouveau dramatique.

 

Irina Palm

 

Ce film raconte l'histoire d'une grand-mère qui va mettre tout en œuvre pour sauver son petit-fils gravement malade. Sa famille s'étant ruinée pour payer les traitements successifs de l'enfant, elle décide de travailler dans une « boîte un plaisir ». Elle y masturbe pour 150 £, les hommes qui font appel aux services de l'établissement. Toute la ville où elle réside est loin de penser qu'elle exerce ce genre de métier. C'est pourtant son fils, qui a la découverte de l'endroit où sa mère travaillait et le plus choqué. Le téléspectateur est même en droit de se demander si cette honnête grand-mère ne pratique pas ses travaux sur ses concitoyens. C'est un univers glauque, qui met pourtant en évidence que nous avons besoin de nous aménager dans notre vie deux espaces (publics et privés). Ne devons-nous pas réfréner notre nature humaine voyeuriste, afin de retrouver ses deux espaces qui garantissent la bonne santé d'une démocratie et son synonyme de tolérance ?

 

Stéphane De Bona



jeudi 29 mai 2008, a 19:03
Couple, Epreuve et Patience

 

 

Fausses épreuves de la modernité

 

Comme tous les Français, j'ai dû faire face ces derniers mois à une série d'épreuves dont la plupart n'avaient pas envisagé l'ampleur. Les Français avaient élu Nicolas Sarkozy comme président de la république pour améliorer leur niveau de vie et réveiller la France. Aujourd'hui il se réveille avec la gueule de bois, et sont assommés par leur perte de pouvoir d'achat. Je suis d'autant plus fier de ne pas avoir voté pour lui, car j'avais décrypté dès le départ l'incohérence de son programme. Il démontre tous les jours que c'est un agitateur public. Les Français devront faire preuve de patience et organiser leur vie de façon cohérente, face à des politiques qui sont dans l'incapacité d'envisager l'avenir sur le long terme. Nous devons au plus vite changer notre mode de vie, car la fin des ressources énergétiques et l'augmentation de la démographie planétaire, nous oblige qu'on le veuille ou on ne le veuille pas à devenir écolo et économe. Qui aurait pensé en début d'année que le litre d'essence dépasserait les 1,50 € c'est-à-dire 10 F (soit une augmentation de plus de 50 % en moins d'un an). De plus toutes les matières premières ont augmenté au rythme de l'inflation élevée de cette année (environ 3,5 %). Que devons-nous penser des émeutes de la faim? Vous rajouterez à cela quelques épreuves personnelles (familiales ou amoureuses) que tout être humain connaît à chaque instant de sa vie, et vous comprendrez pourquoi le moral des Français n'est pas bon ! Comment le Français pauvre ou moyen peut-il survivre ? Nous devons mettre entre parenthèse le superflu. C'est donc à chacun de retrouver des vraies valeurs humaines qui se détournent peu à peu du matérialisme. Le XXe siècle a été celui de la création de besoin matériel superflu, le XXIe siècle sera celui de la redécouverte de la grandeur d'âme, de la patience et des traditions qui font défaut à notre agiter de président. Nous devons changer d'attitude en remettant l'homme au centre de la société.

 

Patience, tradition et modernité

 

Ce siècle sera celui des sages et des patients,  sinon il ne sera point. C'est dans cette optique, que j'ai décidé de réanimer peu à peu mon association élan-humain avec des amis. Nous avons pour projet d'organiser un spectacle dont le thème sera : la rencontre du couple dans les temps anciens. C'est une façon pour nous, de démontrer que la jeunesse n'est pas dépourvue de valeurs humaines et de patience. Ce spectacle organisé le 5 juillet 2008 à Clermont en Argonne sera un hymne à l'amour courtois et à l'écologie. Les robes seront réalisées à l'aide de tissus de récupération, cela montrera que tradition et modernité peuvent faire bon ménage. Nous avons choisi, de donner notre première représentation dans ce coin reculé de la Meuse pour profiter de la nature toujours intacte et de son calme reposant, éloigné de tout les fracas de la ville. C'est en revenant à la tradition et donc à des valeurs naturelles que nous retrouvons la joie de vivre ensemble. Ce n'est pas en courant après des valeurs virtuelles telles que le pouvoir d'achat ou le progrès technique détourné de son idéal que nous serons plus heureux. La patience et le calme sont donc des vertus à réapprendre.

 

La Patience

 

La patience est l'aptitude de quelqu'un à se maîtriser face à une attente, à rester calme dans une situation de tension ou face à des difficultés, ou encore la qualité de persévérance.

La patience est, à travers le monde et les croyances, une qualité essentielle requise pour celui qui aspire à la sagesse. Comme la méditation, la patience s'acquiert et s'exerce ; elle demande un effort de concentration et de maîtrise de soi qui est opposé en général à l'agitation naturelle, à l'impatience innée. Si la patience quotidienne est parfois « récompensée » par un bien – par exemple l'attente sage du petit enfant auquel on offre un cadeau en récompense – la patience religieuse est une clé pour l'aboutissement de soi et n'a pas exactement la même valeur morale. Le sens commun de la patience correspond à une réalité qui est à distinguer de la patience spirituelle, élément essentiel de nombres de croyances.

 

Proverbe arabe

 

La patience est un arbre dont les racines sont amères et les fruits savoureux.

 

Stéphane De Bona

 

Nouveau Couple Ancien



mercredi 30 avril 2008, a 19:40
Du non-intérêt d’un trop long texte philosophique

 

 

Lycéens en cycle général, étudiants en philosophie ; tous sont déjà passés et passeront par la rédaction d'une dissertation ou d'un mémoire au cours de leur scolarité. Les auteurs ayant écrit de nombreux et célèbres ouvrages de morale, de métaphysique ou autres sont eux aussi passés par là. Tous respectent une certaine nomenclature dans la rédaction de leurs travaux : Une introduction, un développement avec exemples et contre-exemples, enfin une conclusion. Il y a cependant une vieille tradition française selon laquelle il faut de la matière, du blabla. Un texte philosophique doit être compris dans son intégralité et pour cela il doit être d'une longueur consistante, son étude doit être poussée, les termes développés à l'extrême afin de presser le citron jusqu'à en extraire le maximum de jus. La masturbation de l'esprit dit-on ! Le novice à la discipline philosophique –qui peut donc l'en blâmer ?- dirait que pour qu'un texte soit compris, il doit être clair, concis et que l'essentiel de sa verve peut très bien reposer en quelques paragraphes. Et bien non, nous les philosophes on aime le compliqué : on veut savoir quel est le pourquoi du comment, mais aussi le lien entre le « pourquoi » et le « comment », leurs origines étymologiques, leurs conditions linguistiques, mais ce n'est pas tout : le philosophe voudra savoir jusqu'à la question « qu'est-ce-que le pourquoi et le comment ? Peuvent-ils exister l'un sans l'autre ? Une question peut-elle rester sans réponse et à l'inverse une réponse doit-elle toujours être rattachée à une question ? Ya-il plusieurs questions pour une seule réponse ou plusieurs réponses à une seule question ? L'homme serait-il encore cet être savant s'il ne se posait plus de questions sur le monde qui l'entoure »… Les possibilités sont multiples.

 

Vous voyez, on constate qu'à partir de simples mots tels que « pourquoi » et « comment » le philosophe se voit obligé d'en rajouter, d'aller toujours plus loin. Il pourrait s'arrêter à un moment donné eh bien non, il continue dans sa fougue. A croire qu'il n'est fait que pour çà : se masturber l'esprit, torturer les mots, chercher des significations les plus extrêmes à des choses futiles voire inutiles. En même temps c'est ce que tout le monde attend du philosophe, qu'il en fasse ainsi, sinon à quoi il servirait ? C'est son job ! Il est payé (ou plutôt pas payé justement !) pour çà, auquel cas il serait journaliste, écrivain ou il s'appellerait Paul-Loup Sulitzer.

 

Ecrire un texte philosophique, un exercice difficile

 

Je suis parti d'un simple constat : On écrit beaucoup lorsqu'on n'a pas grand chose à dire !

Cette analyse tend à démontrer par deux visions des choses ; d'une part lorsqu'un élève compose en vue d'un examen, d'autre part les œuvres d'auteurs défunts.

L'élève a tout à apprendre, on lui enseigne la méthode, comment écrire et surtout les erreurs à ne pas commettre. Composer un texte philosophique reste un exercice très difficile et sa correction non moins délicate. On peut mettre en doute parfois la capacité du professeur à noter avec la plus grande transparence. En histoire, en maths, en français… la réponse est juste ou fausse selon qu'une réponse erronée provienne d'un événement, d'un calcul ou d'une règle grammaticale ; en philosophie il en est tout autre nous le savons bien. Le professeur sera tenté par ce jeu pervers qui consiste à dire que « de toute façon ma notation est subjective, il n'y a aucuns réels critères sur lesquels l'autre pourrait s'appuyer s'il voulait contester ses résultats ». Dans un article du magazine Sciences Humaines n°192 / avril 2008, Vincent Troger (maître de conf' à l'université de Nantes) révèle que si le prof connaît l'élève, sa notation peut inconsciemment être influencé selon l'apparence physique ou le mode d'élocution de ce dernier (effet de halo) certains mêmes se figent dans leur premier jugement et notent par la suite l'élève tout le temps de la même manière quelque soit la qualité du rendu (effet de stéréotypie).

 

Donc, dans un souci de «ne pas rendre copie blanche » l'élève va broder. Qu'il ne connaisse pas sa leçon, qu'il maîtrise mal le vocabulaire, peu importe : il brode.

 

Si l'on brode de manière intelligente et posée, çà peut passer et personne ne s'en souciera, mais cette pratique est risqué d'autant plus qu'il faut avoir une maîtrise parfaite de la chose pour que personne ne s'en aperçoive, là réside toute la difficulté et les plus grands auteurs y sont déjà parvenus avec grand succès. « Moins on en a et plus on l'étale » me direz-vous ? C'est peut-être vrai et pourtant les plus grands ne s'en sont jamais privés. Je ne remets certainement pas en doute l'intelligence des Kant, Hegel et autres Heidegger mais je reste profondément convaincu que leurs œuvres sont inutilement longues, foncièrement indigestes et terriblement compliqués. Les plus grands spécialistes kantiens aujourd'hui vont diront qu'après de nombreuses années à avoir étudié l'auteur, ils n'en ont pas encore fait le tour… C'est dire ! Emmanuel Kant est quand même l'un des seuls parmi les idéalistes allemands à se compliquer la vie à ce point, au lieu d'expliquer les choses de façon claire et simple, il va utiliser un ton didactique que lui seul est capable d'en comprendre tout les ressorts, avec cette manie systématique de tout décortiquer. Un certain Benedikt Stattler disait de lui « celui qui concasse tout » dans son Anti-Kant écrit en 1788 : Par exemple, de toutes les traductions qui existent concernant sa première « Critique » aucunes n'est réellement correcte ou fiable. C'est d'autant de complexités de lectures supplémentaires, déjà que l'œuvre originelle est insupportable en soi…

 

Les pages inutiles

 

Mon but est tout simplement l'idée que de prendre une œuvre de philosophie dans les mains de la lire et d'en garder –juste et uniquement- l'essentiel en supprimant tout le reste ; aucun risque que le sens et la compréhension du texte en soit affecté, il ne s'agira là que de tout ce qui est superflu et indifférent à la problématique du texte proprement dit ; dans l'édition 2001 de La Critique de la Raison Pure traduite par Alain Renaud, je tourne les pages et je constate dans CETTE édition-là, que les 93 premières pages sont totalement inutiles (présentation, notes, préfaces), sinon juste faites pour situer dans le temps et l'espace le contexte philosophique et la vie de l'auteur. Ensuite si l'on prend l'architectonique même du cœur du texte, on frise l'organigramme d'une S.A.R.L. avec par exemple, dans le « II - Logique Transcendale » on voit que le Livre I est composé des chapitres I et II qui eux-mêmes sont composés chacun de 3 sections distinctes. A la vue d'une telle mathématique, on se demande Kant -quand- cela s'arrêtera-il enfin ? Ce n'est pas un mystère, cette édition-là fait 688 pages (et encore, sans compter les notes, l'index, la table des matières…)

688 pages traitant de la théorie de la connaissance !! Je reste persuadé qu'en 200 pages maximum Kant aurait pu dire ce qu'il avait à dire. Et c'est là où je voulais en venir quant à mon titre « du non-intérêt d'un trop long texte » 200 pages maximum c'est largement suffisant car tout le reste (avant et après) n'est que remplissage ; ne conserver que le cœur de l'ouvrage, sa sève, voilà l'indispensable. La tradition ancestrale veut qu'un auteur se réfère toujours aux penseurs d'antan afin d'avancer sa propre théorie et la développer. A quoi cela sert-il sinon à remplir des pages blanches , Si l'on veut écrire sur la politique, pas besoin d'en faire des tonnes sur Aristote et sa vision de la polis, autant ouvrir l'œuvre aristotélicienne « La Politique » et voilà déjà une cinquantaine de pages d'économisé…

 

Concernant Kant, je pourrai plus longuement évoquer son goût du détail, de celui du travail bien carré sans rien jamais qui dépasse, un peu à l'allemande, qui vire souvent à l'obsessionnel, mais je le ferai dans une autre diatribe.

 

En conclusion, je vais appliquer mes conseils à moi-même, -après tout ne faut-il pas toujours montrer l'exemple ?- et stopper net ici mon analyse déjà trop longue ; comme çà, sans conclusion, sans rien… N'en déplaise aux philosophes…

 

Franck SCHWEITZER

mercredi 09 avril 2008, a 20:05
La justice n'est pas sociale ! La justice est-elle nazie ?

 

Héros aujourd'hui, bourreaux demain

Lydie Debaine, qui a reconnu avoir tué en 2005 sa fille unique, handicapée motrice cérébrale âgée de 26 ans dont l'état de santé se dégradait, a été acquittée mercredi sous les applaudissements du public par la cour d'assises du Val-d'Oise. L'avocat général Charles Modat avait requis mercredi une "peine de principe" de trois ans de prison avec sursis. "La pire des sanctions, Lydie Debaine la vit déjà avec la perte de celle à qui elle a consacré son amour et sa vie", avait-il déclaré au cours de sa plaidoirie.Lydie Debaine, 62 ans au moment des faits, était accusée d'avoir donné plusieurs cachets d'anxiolytiques à sa fille avant de la plonger dans une baignoire pour la noyer, le 14 mai 2005 à Groslay (Val-d'Oise).

Née prématurée avec une grave infirmité motrice cérébrale, Anne-Marie était invalide à 90%. A 26 ans, elle avait l'âge mental d'un enfant de 5 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années de crises d'épilepsie, de violents maux de tête et de vomissements.

En bref, j'oserais pousser le cynisme de ce jugement jusqu'à une œuvre humanitaire d'intérêt général. Le tribunal a donné comme signal inconscient à la population, qu'il n'est pas grave de donner la mort à un humain incapable d'évoluer mentalement. Cette décision nous ramène à des temps obscurs comme la Shoah. Dans le système nazi, un être improductif ne mérite pas de vivre, ils ne rapportent aucune valeur ajoutée à la société. Si nous revenons à ce principe, c'est tout simplement la vieillesse qui va devenir illégale. Nous devrons alors tuer nos vieux pour éponger le déficit de l'assurance vieillesse et éviter la maladie d'Alzheimer. Arrêtons, avec le culte de la performance et redevenons tout simplement humains !

Handicap : nous marchons sur la tête !

La justice française démontre une fois de plus son incompétence en matière sociale. Elle vient d'acquitter une meurtrière, mais ne remet nullement en cause nos institutions sociales. Pourquoi cette mère de famille a-t-elle  dû en arriver à une telle extrémité ? Nous devons profondément travailler à la reconstitution de notre pacte social. Pourquoi cette mère n'a-t-elle pas eu l'aide d'une auxiliaire de vie pour l'assister dans la vie quotidienne de sa fille ? Aujourd'hui beaucoup de familles de personnes handicapées, n'ont d'autre choix que de faire appel au système D pour garantir le bien-être de leur enfant. Les soins de longue durée sont encore aujourd'hui considérés comme une charge pour la société, alors que c'est peut-être la source des emplois de demain. Le handicap et la personne  handicapée sont encore considérés comme une monstruosité. Pourquoi a-t-on cette appréhension du handicap ? Peut-être pas ce que cette situation nous renvoie comme un miroir déformant à notre propre déchéance et finitude. Notre société a tellement virtualisée l'homme, qui ne peut être que parfait. La mort et la maladie ne sont que pour les autres. Pourtant avec le vieillissement de la population, chacun se rendra compte tôt ou tard qu'ils se dirigent lui aussi vers la mort. Serons-nous toujours d'accord pour accélérer la fin de vie ? Les héros d'aujourd'hui, qui abrège la vie de leurs proches; pour diminuer leurs souffrances et par la même occasion se libérer eux-mêmes d'une vision qui leur est insupportable, ne deviendront-ils pas alors des bourreaux aux yeux de tous ?

Stéphane De Bona

Ni pauvres, ni soumis !



lundi 07 avril 2008, a 23:12
La virtualisation du monde



jeudi 20 mars 2008, a 19:52
Euthanasie : faut-il débattre ?

Euthanasie : pas pour moi !

 

Je me souviendrai toujours, de la première remarque qui m'a été faite à l'ouverture du salon du livre de 2006 lors la parution de mon livre : le totalitarisme, un péril pour le XXIe siècle.

 

«Bonjour monsieur, êtes-vous Vincent Humbert ? J'ai répondu de suite, sans une autre explication : Non madame, il est mort». Cette dame avait dû être choquée par le combat de ce jeune homme qui demandait le droit de mourir en toute dignité au président Chirac. Pour ma part, cela ne me viendrait même pas à l'idée, car pour moi, vivre est plus important que de subir la souffrance physique auquel je dois faire face tous les jours. Si mon moral se porte bien, tout va !

 

Il faut croire que la fin de l'hiver est propice à cette demande car aujourd'hui, c'est Mme Chantal Sébire qui relance le débat.

 

 

Le mystère sur les circonstances de la mort de Chantal Sébire, dont le corps a été découvert par sa fille mercredi à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or), restait entier jeudi alors que se posait, selon la justice, la question de son "autopsie".

 

Suicide? Mme Sébire y était "violemment hostile". Euthanasie active? Elle la souhaitait avec force depuis des semaines mais la justice, conformément à la législation en vigueur, l'a refusée lundi dernier.

Alors décès naturel? Chantal Sébire "souffrait d'une maladie potentiellement mortelle", une "esthesioneuroblastome", maladie orpheline et incurable, qui se développe dans la cavité nasale et déforme cruellement le visage, a rappelé jeudi à l'AFP son médecin traitant Emmanuel Debost.

Mais, jeudi matin, le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Alacchi, "en l'état actuel des investigations", n'avait toujours pas tranché. "Il n'y a à cette heure pas d'éléments suffisants" pour déterminer les causes de la mort de Mme Sébire, a déclaré M. Alacchi à l'AFP, reportant ainsi toute communication officielle. "Je me pose la question de savoir si l'on va faire ou non une autopsie", s'est interrogé M. Alacchi ajoutant que "l'apparence externe du corps ne présentait pas de particularités", et qu'il continuait de recueillir" des déclarations "auprès des proches" et des gendarmes "en charge de l'enquête" préliminaire.

"S'ils font l'autopsie c'est honteux", s'est insurgé Me Gilles Antonowicz l'avocat de Chantal Sébire. "Si Mme Sébire s'était jetée dans le canal (de Bourgogne) tout proche de son appartement, il n'y aurait pas eu d'enquête et là ils feraient une autopsie comme ils l'ont faite pour le fils de Marie Humbert" qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir en 2003, a encore fustigé Me Antonowicz, joint au téléphone par l'AFP.

Autre élément d'incertitude, la présence ou non de membres de sa famille -- Mme Sébire a trois enfants et un frère-- auprès de cette ancienne institutrice qui demandait avec insistance depuis plusieurs semaines à "mourir dans la dignité" et sollicitait en vain une euthanasie active. "Mme Sébire était très entourée" par sa famille "mais on n'est pas sûr qu'au moment de son décès sa fille ait été présente" alors que c'est elle "qui a découvert le corps", a précisé le procureur.

Au-delà de la très forte émotion suscitée par la médiatisation dès fin février de ce douloureux dossier, le cas de Chantal Sébire aura, cinq ans après l'affaire Humbert, relancé le débat sur l'euthanasie active légale comme elle est pratiquée dans plusieurs pays d'Europe (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Suisse).

Mercredi, peu avant la découverte du corps de Mme Sébire, le président de la République Nicolas Sarkozy, à qui la malade avait écrit, avait reçu son médecin traitant.

 

Le Gouvernement est partagé sur la question

 

Le Premier ministre François Fillon a pour sa part chargé le député UMP et cardiologue Jean Leonetti d'une mission d'évalutation de la loi de 2005 --qui porte son nom et a été votée à l'unanimité-- relative au droit des malades et à l'accompagnement en fin de vie.

La nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a déclaré jeudi "à titre personnel" qu'elle était favorable à la création d'une "commission nationale d'euthanasie à qui reviendrait le soin d'examiner les cas exceptionnels graves".

L'homme a-t-il le droit de donner la mort, même désirée ?

Stéphane De Bona



lundi 11 février 2008, a 10:49
Aujourd'hui, je vois rouge

Couleur : Rouge

 

On vit une bien triste époque, il y a quelques semaines un banal fait divers comme l'on entend souvent aux infos, l'histoire d'un petit épicier dans un village de France poignardé par un SDF parce qu'il lui avait refusé une bouteille de rouge. Je vois partout du rouge ces derniers temps, dans la mémoire collective cette couleur sonne comme le symbole de la colère, de la passion, du vin, du sang…

 

Rouge le poing levé en signe de protestation dans la rue derrière des banderoles, devant des lois inacceptables, qui saoulent et endorment inextricablement !

 

Rouge de colère face au bleu des lèvres d'enfants morts de froid. Coupable moi ? Jamais ! Je vis dans le 16e et on vient d'ouvrir une petite merveille de 1939, çà réchauffe le coeur

 

Rouge vin. Le sang des vierges qui viennent étancher la soif de ceux qui sucent la nuit, l'hymen fuit, se déchire et saigne ; remplit le verre et la panse suffisamment pleine de vice. Di-vin de l'ivresse grecque, Dionysos mélangeait allègrement raisins, vin et luxure… le rouge encore !

 

Rouge caligula, le vin et le sang encore s'entremèlent et s'enlacent quand à l'esclave ayant trop bu de l'enivrant nectar de fruits, le tyran de sa lame transperce la panse qui éclate tel une bâche.

 

On vit une bien triste époque, beep beep 1,5grammes dans le sang beep beep somnolant je trébuche, tombe, saigne… beep-beep-beep-beep-beep Je voulais juste me servir un verre ! beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeepp

 

FRANCK SCHWEITZER

jeudi 10 janvier 2008, a 18:07
Le Philosophe Emile Chartier dit Alain

 

Biographie

 

Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier (Mortagne-au-Perche, Orne, 3 mars 1868 - Le Vésinet, Seine-et-Oise, 2 juin 1951, enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 94), est un philosophe, journaliste et professeur de français.

 

En 1881, il entre au lycée d'Alençon où il passe cinq ans. Le 13 juin 1956, le lycée d'Alençon a pris le nom de son plus célèbre élève : lycée Alain.

 

Après l'École normale supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie puis est nommé professeur successivement au Lycée Joseph Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, Rouen (lycée Corneille) et à Paris (lycée Condorcet puis au lycée Michelet). À partir de 1903, il publie dans différents journaux (La Dépêche de Lorient puis La Dépêche de Rouen et de Normandie) près de 3000 courtes chroniques, sous la signature d'Alain, les "Propos du dimanche", puis les "Propos du lundi" sous forme de chroniques hebdomadaires. Devenu professeur de khâgne au lycée Henri-IV en 1909, il exerce une influence profonde sur ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, Georges Canguilhem…).

 

À l'approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Lorsque celle-ci est déclarée, sans renier ses idées, et bien que non mobilisable, il s'engage pour satisfaire ses devoirs de citoyen. Brigadier au 3e régiment d'artillerie il refuse toutes les propositions de promotion à un grade supérieur. Le 23 mai 1916, il se broie le pied dans un rayon de charrue lors d'un transport de munitions vers Verdun, . Après quelques semaines d'hospitalisation, il est affecté pour quelques mois au service de météorologie, puis il est démobilisé en 1917. Ayant vu de près les atrocités de la Grande Guerre, il publie en 1921 son célèbre pamphlet Mars ou la guerre jugée. Sur le plan politique, il s'engage aux côtés du mouvement radical en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d'opinion. Son nom côtoie ceux de Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... et ceux des jeunes normaliens Raymond Aron et Jean-Paul Sartre. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes.

Dans les faits, sa vision du fascisme est différente. En effet, on trouve dans les écrits du philosophe qui passe pour être une des grandes consciences de la IIIe République, la phrase suivante: J'espère que l'Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l'emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c'est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées.

 

Il sera cofondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). En 1936, alors qu'il est depuis longtemps atteint de crises régulières de rhumatismes qui l'immobilisent, une attaque cérébrale le condamne finalement au fauteuil roulant.

Après sa mort, un Institut, une Association ainsi qu'un Musée (le Musée Alain à Mortagne-au-Perche) voient le jour. Ils contribuent depuis à faire connaître et à diffuser son œuvre en se chargeant de la réédition et de la publication de textes inédits.

 

Les Propos

 

Alain met au point à partir de 1906 le genre littéraire qui le caractérise, les "Propos". Ce sont de courts articles, inspirés par l'actualité et les événements de la vie de tous les jours, au style concis et aux formules séduisantes, qui couvrent presque tous les domaines. Cette forme appréciée du grand public a cependant pu détourner certains critiques d'une étude approfondie de son œuvre philosophique.

Ses maîtres à penser furent Platon, Descartes, Kant et Auguste Comte — mais il se réclama avant tout de Jules Lagneau, qui fut son premier professeur de philosophie, au lycée de Vanves (actuel lycée Michelet). Il n'oublia jamais, toute sa vie durant, celui qu'il appela « le seul Grand Homme que j'aie jamais connu », et dont il est permis de penser que la rencontre fut aussi décisive que celle de Platon avec Socrate : « Parmi les attributs de Dieu, il avait la majesté. […] Ses yeux perçants traversaient nos cœurs et nous nous sentions indignes. L'admiration allait d'abord à ce caractère, évidemment inflexible, inattentif aux flatteries, aux précautions, aux intrigues, comme si la justice lui était due. »

Le but de sa philosophie est d'apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est un « éveilleur d'esprit », passionné de liberté, qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Pour lui, la capacité de jugement que donne la perception doit être en prise directe avec la réalité du monde et non bâtie à partir d'un système théorique.

Alain perd la foi au collège sans en ressentir de crise spirituelle. Bien qu'il ne croie pas en Dieu et soit anticlérical, il respecte l'esprit de la religion. Il est même attiré par les phénomènes religieux qu'il analyse avec beaucoup de pertinence. Dans Propos sur la religion et Propos sur le bonheur on sent transparaître, un peu comme chez Auguste Comte, une certaine fascination pour l'Évangile dans lequel il voit un beau poème et pour le catholicisme qu'il perçoit, en en reprenant l'étymologie, comme un « accord universel ».

 

Extrait des Propos sur le bonheur

 

Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.

 

Les mots en bleu sont des concepts philosophiques ou dates importantes.

 



mercredi 09 janvier 2008, a 19:29
Elle aurait eu 100 ans !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Simone de Beauvoir

 

De son vrai nom Jeanne Marie Bertrand de Beauvoir, cette romancière et essayiste française, est née le 9 janvier 1908 à Paris et morte le 14 avril 1986 à Paris.

Les jeunes années

Simone de Beauvoir est la fille de Georges de Beauvoir, éphémère avocat mais comédien amateur, et de Françoise Brasseur, jeune femme issue de la petite et ancienne bourgeoisie de Verdun. Elle voit le jour dans un appartement cossu du boulevard Raspail et entre à l'âge de 5 ans au "cours Désir", où sont scolarisées les filles de bonnes familles. Sa sœur cadette Hélène (dite Poupette) l'y rejoint deux ans plus tard. Dès le plus jeune âge, Simone se distingue par ses capacités intellectuelles et se partage chaque année la première place avec Elisabeth Lacoin (dite Elisabeth Mabille ou Zaza dans son autobiographie). Zaza devient rapidement sa meilleure amie même si Simone souffre en silence du manque de réciprocité. Après la Première Guerre mondiale son grand-père maternel Gustave Brasseur, président de la Banque de la Meuse, fait faillite et est déclaré banqueroutier précipitant toute sa famille dans le déshonneur et la déconfiture. Aussi les parents de Simone sont-ils contraints, par manque de ressources, de quitter l'appartement cossu du boulevard Raspail pour un autre appartement, sombre, exigu et au sixième étage d'un autre immeuble du même boulevard (au-dessus de l'actuel restaurant "La Rotonde"). Georges de Beauvoir, que Simone décrira plus tard "à mi-chemin entre l'aristocrate et le bourgeois", espérait vivre avec l'argent de son épouse. Celle-ci se sentira coupable toute sa vie, envers son mari, de cette dot engloutie. Simone en souffre et voit les relations entre ses parents se dégrader. Toute son enfance sera marquée par le fait d'être une femme : son père espérait avoir un fils pour en faire un polytechnicien. D'ailleurs, il répètera à Simone "tu as un cerveau d'homme". Passionné de théâtre (il suit des cours d'art dramatique) il en a donné le goût à son épouse et à ses enfants, ainsi que celui de son amour pour la littérature. Pour lui "le plus beau métier est celui d'écrivain". Avec son épouse, il est persuadé que seules les études peuvent sortir leurs filles de la condition médiocre dans laquelle elles se trouvent. À quinze ans, le choix de Simone de Beauvoir est déjà fait, elle sera un écrivain célèbre. Elle obtiendra de nombreux diplômes : licences de littérature, grec, latin, philosophie, mathématiques... mais elle a surtout une révélation pour la philosophie et décide d'approfondir cette matière à la faculté des lettres de l'université de Paris. Elle y rencontre d'autres intellectuels en herbe, notamment Jean-Paul Sartre qu'elle compare à un génie. Une relation mythique se nouera entre eux, dès cette époque, que seule la mort rompra. Elle sera son « amour nécessaire » en opposition aux « amours contingentes » qu'ils seront amenés à connaître tous deux. Sartre est reçu premier à l'agrégation à la deuxième tentative, Simone de Beauvoir remportant la seconde place (le classement étant à l'époque séparé entre filles et garçons).

La mort de Zaza cette même année la plonge dans une grande souffrance. Simone, élevée par une mère pieuse, a perdu la foi dès sa quatorzième année (d'après les mémoires d'une jeune fille rangée), bien des années avant son agrégation de philosophie, avant même son départ du cours Désir et marque ainsi son émancipation vis-à-vis de sa famille.

L'enseignante

Dès l'agrégation en 1929, Simone, ou plutôt Castor — surnom repris par Sartre car « Beauvoir » est proche de l'anglais beaver (signifiant castor) — devient professeur de philosophie. Elle se trouve mutée à Marseille. La perspective de quitter Sartre, lui-même muté au Havre, la jette dans l'angoisse et ce dernier lui propose de l'épouser afin d'obtenir un poste dans le même lycée. Bien que viscéralement attachée à Sartre, elle rejette la proposition avec horreur. On pense à tort qu'elle a refusé parce que le mariage représente pour elle une tradition bourgeoise et avilissante pour les femmes. Elle explique dans L'âge de raison qu'elle sentait que la proposition de Sartre avait été faite avant tout pour la satisfaire, quelque peu à contre-coeur. L'année suivante, elle parvient à se rapprocher de Sartre en obtenant un poste à Rouen où elle fait la connaissance de Colette Audry, enseignante dans le même lycée. Elle devient très proche de certaines élèves, notamment Olga Kosakiewitcz et Bianca Lamblin avec qui elle entretient des relations homosexuelles, le « pacte » la liant à Sartre lui permettant de connaître des « amours contingentes ». Elle se lie également avec un élève de Sartre, « le petit Bost », futur mari d'Olga, qui devient entre-temps la maîtresse de Sartre. Ce groupe d'amis surnommé « la petite famille » reste indéfectible jusqu'à la mort de chacun d'entre eux, malgré de petites brouilles et de graves conflits.

Peu avant la Seconde Guerre mondiale, le couple Sartre-Beauvoir est muté à Paris. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 35 et 37, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Quand prime le spirituel puis Anne ou quand prime le spirituel). L'invitée est publié en 1943, elle y décrit, à travers des personnages imaginaires, sa relation entre Sartre, Olga et elle-même. Le succès est immédiat. Suspendue en juin 1943 de l'Education Nationale à la suite d'une plainte pour "excitation de mineure à la débauche" déposée en décembre 1941 par la mère de Nathalie Sorokine, elle sera réintégrée à la Libération[3]. Elle travaille pour la radio ("Radio-Vichy") où elle organise des émissions consacrées à la musique à travers les époques. Peu avant de mourir, son père Georges de Beauvoir dit à un de ses amis en parlant de sa fille : « elle fait la noce à Paris », marquant ainsi son dégoût pour la vie de Simone.

L'écrivain engagé

Avec Sartre, Raymond Aron, Michel Leiris, Maurice Merleau-Ponty et quelques intellectuels de gauche, elle fonde un journal : Les Temps modernes qui a pour but de faire connaître l'existentialisme à travers la littérature comptemporaine. Mais elle continue cependant son œuvre personnelle. Après plusieurs romans et essais où elle parle de son engagement pour le communisme, l'athéisme et l'existentialisme, elle obtient son indépendance financière et se consacre totalement à son métier d'écrivain. Elle voyage dans de nombreux pays (É.-U., Chine, Russie, Cuba,...) où elle fait la connaissance d'autres personnalités communistes telles que Fidel Castro, Che Guevara, Mao Tsé-toung, Richard Wright. Aux États-Unis, elle engage une relation passionnée avec l'écrivain américain Nelson Algren, et lui envoie plus de 300 lettres.

En 1949, elle obtient la consécration en publiant Le Deuxième Sexe. Le livre se vend à plus de 20 000 exemplaires dès la première semaine, occasionne la publication des articles contradictoires de Armand Hoog (contre) et de Francine Bloch (pour) dans la revue La Nef, et fait scandale au point que le Vatican le mette à l'index. François Mauriac, l'ennemi de toujours écrira aux Temps modernes : « à présent, je sais tout sur le vagin de votre patronne ». Beauvoir devient la figure de proue du féminisme en décrivant une société qui maintient la femme dans une situation d'infériorité. Son analyse de la condition féminine à travers les mythes, les civilisations, les religions, l'anatomie et les traditions fait scandale, et tout particulièrement le chapitre où elle parle de la maternité et de l'avortement, assimilé à un homicide à cette époque. Quant au mariage, elle le considère comme une institution bourgeoise aussi répugnante que la prostitution lorsque la femme est sous la domination de son mari et ne peut en échapper.

En 1954, elle obtient le prix Goncourt pour Les Mandarins et devient l'un des auteurs les plus lus dans le monde. Ce roman qui traite de l'après-guerre met en lumière sa relation avec Nelson Algren, toujours à travers des personnages imaginaires. Algren ne peut pas supporter le lien qui unit Beauvoir à Sartre, celle-ci ne pouvant y mettre un terme, ils décident de rompre.

À partir de 1958, elle entreprend son autobiographie où elle décrit son milieu bourgeois rempli de préjugés et de traditions avilissantes et les efforts pour en sortir en dépit de sa condition de femme. Elle décrit aussi sa relation avec Sartre en la qualifiant de totale réussite. Pourtant, bien que la relation qui les unit soit toujours aussi passionnée, ils ne sont plus un couple au sens propre du terme, et ce depuis longtemps, même si Beauvoir laisse entendre le contraire à ses lecteurs.

En 1964, elle publie Une mort très douce qui retrace la mort de sa mère. D'après Sartre, c'est son meilleur écrit. Le thème de l'archarnement thérapeutique et de l'euthanasie y sont évoqués à travers des lignes poignantes d'émotion. Dans cette épreuve de deuil, elle est soutenue par une jeune fille dont elle a fait la connaissance à la même époque : Sylvie Le Bon, une jeune étudiante en philosophie. La relation qui unit les deux femmes est obscure : relation « mère-fille », « amicale », ou « amoureuse »... Simone de Beauvoir déclare dans Tout compte fait, son quatrième tome autobiographique, que cette relation est semblable à celle qui l'unissait à Zaza cinquante ans plus tôt. Sylvie Le Bon devient sa fille adoptive et héritière de son œuvre littéraire et de l'ensemble de ses biens.

L'influence de Beauvoir, associée à Gisèle Halimi et Elisabeth Badinter, a été décisive pour obtenir la reconnaissance des tortures infligées aux femmes lors de la guerre d'Algérie et le droit à l'avortement. Elle est à l'origine du Manifeste des 343 Salopes. Avec Gisèle Halimi, elle a cofondé le mouvement Choisir, dont le rôle a été déterminant pour la légalisation de l'Interruption volontaire de grossesse. Durant toute sa vie, elle a étudié le monde dans lequel elle vivait, en visitant usines et institutions, à la rencontre d'ouvrières et de hauts dirigeants politiques.

Funérailles

Après la mort de Sartre en 1980, elle publie La Cérémonie des adieux où elle décrit les dix dernières années de son compagnon avec des détails médicaux et intimes si crus qu'elle choque bon nombre des disciples du philosophe. Ce texte est suivi des entretiens qu'elle enregistra, à Rome, en août et septembre 1974 dans lesquels Sartre revient sur sa vie et précise certains points de son œuvre. Elle veut surtout montrer comment celui-ci a été manipulé par Benny Lévy pour lui faire reconnaître une certaine "inclination religieuse" dans l'existentialisme alors que l'athéisme en était l'un des piliers. Pour Beauvoir, Sartre ne jouissait plus de toutes ses facultés intellectuelles et n'était plus en mesure de lutter philosophiquement. Elle avoua également à mi-mot combien l'attitude de la fille adoptive de Sartre, Arlette Elkaïm-Sartre avait été détestable à son égard. Elle conclut avec cette phrase : « Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder ». L'âge venant, après une vie d'excès en alcool et tabac, elle s'éteint en 1986 à Paris entourée de sa fille adoptive, Sylvie Le Bon-de Beauvoir et de Claude Lanzmann. Ses funérailles furent aussi grandioses que celles de Sartre, et suivies par des femmes du monde entier. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 20e division -juste à droite de l'entrée principale boulevard Edgard Quinet- aux côtés de Jean-Paul Sartre. Simone de Beauvoir est enterrée avec l'anneau de Nelson Algren à son doigt. Sylvie Le Bon-de Beauvoir, héritière de l'œuvre de Beauvoir a traduit, annoté et publié de nombreux écrits de sa mère adoptive, en particulier sa correspondance avec Sartre, Bost et Algren. Ce travail colossal et qui restitue parfaitement le style "Beauvoir" lève le rideau sur la vie intime de Beauvoir, en révélant sans ambigüité sa bisexualité, et son exaspération vis-à-vis de certains proches encore vivants au moment de la publication, tels que sa sœur Hélène (qui en fut anéantie), et ses anciennes amantes. Ardente avocate de l'existentialisme théorisé par son compagnon Jean-Paul Sartre, elle soulève des questionnements afin de trouver un sens à la vie dans l'absurdité d'un monde dans lequel nous n'avons pas choisi de naître. Associée à celle de Sartre, son œuvre s'en différencie dans la mesure où elle aborde le caractère concret des problèmes, préférant une réflexion directe et ininterrompue sur le vécu. Dans Le Deuxième Sexe, elle affirme : « On ne naît pas femme, on le devient » (repris du concept proposé par Tertullien) : c'est la construction des individualités qui impose des rôles différents, genrés, aux personnes des deux sexes. Son livre souleva un véritable tollé et son auteur fut parfois calomniée. Rares furent ceux qui lui apportèrent du soutien. Elle reçut cependant celui de Claude Lévi-Strauss qui lui dit que du point de vue de l'anthropologie, son ouvrage était pleinement acceptable. De grands écrivains comme François Mauriac ne comprirent pas le sens polémique de son écriture précise et clinique, et furent du nombre de ses détracteurs.

Citations
« S'il n'y a plus aujourd'hui de féminité, c'est qu'il n'y en a jamais eu. », Le Deuxième Sexe (introduction)
« On ne naît pas femme : on le devient... C'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. »
  • « La femme n'est victime d'aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux. »
  • « Les femmes d'aujourd'hui sont en train de détrôner le mythe de la féminité ; elles commencent à affirmer concrètement leur indépendance ; mais ce n'est pas sans peine qu'elles réussissent à vivre intégralement de leur condition d'être humain. », Le Deuxième Sexe (Formation, Introduction)
  • « C'est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète. »
  • « Si l'on dit que les hommes oppriment les femmes, le mari s'indigne, mais le fait est que c'est le code masculin, c'est la société élaborée par les mâles et dans leur intérêt qui a défini la condition féminine sous une forme qui est à présent pour les deux sexes une source de tourments. »
  • « Certains mâles redoutent la concurrence féminine. »
  • « Certains mâles sont scandalisés que les charges de la féminité soient allégées. »
  • « Il est nécessaire que, par-delà leurs différenciations naturelles, hommes et femmes, affirment sans équivoque leur fraternité. »
  • « En soi l'homosexualité est aussi limitante que l'hétérosexualité : l'idéal devrait être de pouvoir aussi bien aimer une femme qu'un homme, n'importe un être humain, sans éprouver ni peur, ni contrainte, ni obligation. »
  • « Pétrir la terre, creuser un trou ce sont des activités aussi originelles que l'étreinte, que le coït : on se trompe en y voyant seulement des symboles sexuels ; le trou, le visqueux, l'entaille, la dureté, l'intégrité sont des réalités premières. », Le Deuxième Sexe, le point de vue psychanalytique
  • « si on a échoué à saisir dans une expérience vécue l'unité ambigüe de l'existence, on ne parviendra jamais à la reconstruire intellectuellement. Par définition une représentation ne saurait coïncider ni avec l'intimité de la conscience ni avec l'opacité de la chair ; encore moins peut-elle les réconcilier ; une fois dissociés ces deux moments de la réalité humaine s'opposent et dès qu'on poursuit l'un, l'autre se dérobe. », Faut-il brûler Sade ?

Œuvres

Romans

  • L'Invitée (1943)
  • Le Sang des autres (1945)
  • Tous les hommes sont mortels (1946)
  • Les Mandarins (1954), prix Goncourt
  • Les Belles Images (1966)
  • La Femme rompue (1968)
  • Quand prime le spirituel (1979)

Essais

  • Pyrrhus et Cinéas (1944)
  • L'Existentialisme et la Sagesse des nations (1945)
  • Pour une morale de l'ambiguïté (1947)
  • Le Deuxième Sexe (1949)
  • Privilèges (1955)
  • La Longue Marche (1957)
  • La Vieillesse (1970)
  • Faut-il brûler Sade? (1972)

Mémoires

  • L'Amérique au jour le jour (1948)
  • Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)
  • La Force de l'âge (1960)
  • La Force des choses (1963)
  • Une mort très douce (1964)
  • Tout compte fait (1972)
  • La Cérémonie des adieux (1981)
  • Journal de guerre (1990)
  • Lettres à Sartre, Tome I et II (1990)
  • Lettres à Nelson Algreen (1997)
  • Correspondance croisée. 1937-1940 (2004)
  • Cahiers de jeunesse (2008)

Théâtre

  • Les Bouches inutiles (1945)

Filmographie biographique

  • 2006 : Les Amants du Flore - téléfilm de Ilan Duran Cohen avec Anna Mouglalis dans le rôle de Simone de Beauvoir.
  • 2006 : Sartre, l'âge des passions - téléfilm de Claude Goretta en 2 épisode avec Anne Alvaro dans le rôle de Simone de Beauvoir.

 

Lien : Le choix d'un auteur De Bona Stéphane

 

Interview : la vieillesse



vendredi 21 décembre 2007, a 16:31
Défense d’afficher !

Le tag : un affichage sauvage ou un art ?

 

Dans le cas des tags, une question subversive pourrait se poser. S'agit-il d'un art urbain ou tout simplement de vandalisme et de dégradation d'édifices publics ? Dans les années 80 et jusqu'à la fin des années 90, divers groupes de taggers sévissaient dans Paris et ses banlieues. Ces jeunes ont pu donner naissance à la culture hip-hop et au célèbre groupe de rap NTM. En prenant ces exemples, on se rend compte que c'est en défiant l'autorité que des nouvelles formes de vivre ensemble se mettent en place. Faut-il pour autant tout accepter ? Où doit commencer et s'arrêter la législation ainsi que l'autorité de l'État ? C'est en s'appuyant sur la loi de l'affichage libre que l'on peut peut-être répondre à cette question, mais paradoxalement cette loi peut tourner à l'absurde. Doit-on également réglementer la création urbaine ? En ce qui concerne les tags, tous les types sont-ils de l'art ? C'est en vous appuyant sur le texte de mon ami philosophe Franck Schweitzer et sur une vidéo de taggers que vous pourrez vous faire une opinion et répondre à toutes ces questions. J'attends, vos nombreuses réactions.

 

Stéphane De Bona

 

Affichage libre

 

L'affichage libre est un mode d'expression très utilisé en France et doit être le reflet de la liberté d'expression. Son nom officiel est "affichage d'opinion et des associations sans but lucratif".

Il est réglementé et doit être distingué de l'affichage sauvage qui lui est de ce fait illégal.

L'affichage libre a été réglementé par la loi n° 79-1150 du 29 décembre 1979 et par le décret d'application n° 82-220 du 25 février 1982.

Cette règlementation stipule en particulier que toutes les communes françaises doivent disposer d'au moins :

  • 4 mètre carrés d'affichage libre pour les communes de moins de 2 000 habitants
  • 4 mètres carrés plus 2 mètres carrés par 2 000 habitants au-delà de 2 000 habitants pour les communes de 2 000 à 10 000 habitants
  • 12 mètres carrés plus 5 mètres carrés pour 10 000 habitants au-delà de 10 000 habitants pour les autres communes

En principe, ces emplacements d'affichage sous différentes formes (panneau, colonne Morris, mur ...) doivent être réservés aux associations ou à toute personne voulant passer une annonce gratuitement sans but lucratif ou commercial. Malheureusement, la plupart de ces espaces de liberté sont utilisés par des annonceurs de spectacles ou de manifestations plus ou moins commerciales, ce qui enlève le caractère "libre" de ce mode de communication gratuit.

A noter : dans la plupart des communes, l'affichage d'opinion et des associations sans but lucratif est autorisé sur les palissades de chantier.

La majorité de l'affichage se fait avec de la colle liquide. La colle utilisée est souvent, tout simplement, de la colle à tapisserie en flocons, diluée dans de l'eau.

 

Dans le cas suivant, l'Absurde atteint son paroxysme,

 

Je vous propose aujourd'hui de réfléchir sur l'absurde et le contradictoire, sur un fait de société, quelque chose de tellement habituel que l'on y prête à peine attention en passant devant ; je veux parler des panneaux d'affichage (affiches électorales, publicités, flyers pour des concerts…)

J'évoque plus précisément les panneaux de propriété communale, privée où il est interdit d'y apposer quelquonque information. Sur les plus anciens panneaux étaient apposé « défense d'afficher » de façon collé ou scotché. Et c'est là où je veux en venir, un mur sur lequel est collé « défense d'afficher », cette affiche-ci est elle-même interdite ! L'action est déjà illégale, mais alors que faire ? Comment interdire sans se mordre la queue ?

 

                                                                                                          Franck SCHWEITZER

 

 



dimanche 04 novembre 2007, a 17:23
AUTOCRITIQUE d’une dissertation mal notée

   

J’ai décidé aujourd’hui de reprendre une des dissertations que j’avais composé en licence de philosophie pour tenté d’y apporter une autocritique ; il n’est pas question de réécrire le devoir mais de revoir certaines choses, d’expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord avec les observations du correcteur. Loin de moi l’idée de remettre en doute le professionnalisme de (ici) la correctrice, mais simplement parce que la notation d’un devoir de philo relève de l’appréciation subjective, parce qu’être noté 5, 10 ou 15 n’a aucune importance : Que le sujet soit compris et traité correctement c’est cela l’essentiel, le reste importe peu.

« qu’est-ce-qu’un homme seul ? » ; pour débuter le devoir fallait-il se demander « qu’est-ce-que l’homme » en allant chercher dans la 4e des questions fondamentales de Kant ou alors compléter ses recherches avec « qu’est-ce-que la solitude ? » ; « l’homme est-il seul face a lui-même ? seul parmi les autres ? ». J’ai introduit mon devoir de la façon suivante, à savoir concevoir l’homme comme un étant qui se découvre et se réalise dans la relation avec autrui et qu’en est-il de sa relation avec lui-même ? Y a-t-il des interactions entre l’âme et la conscience ?

Je parle ensuite de ses caractéristiques les plus significatives (sociabilité, intelligence, langage). Faisant référence à Aristote, j’évoque les règles établis dans la Polis. L’homme se réalise comme sujet lorsqu’il devient conscience de soi, il est faible face à la mort… J’utilise ensuite de belles formules qui font mouche tels que « se penser soi-même, c’est penser le monde »ou encore en reprenant Sartre « qui me dit que je suis, sinon l’autre » etc

La correctrice note que mon devoir est raté, décousu et que j’écris sur un ton quasi-prophétique ! Il est vrai que j’ai abusé de formules détournées, de facilitées poétiques qui n’avaient pas leur place ici.

Terminant mon devoir je note que dans la solitude il peut y avoir l’idée de Néant.

Je ne tiens pas à en faire mon cheval de bataille mais ce texte méritait un peu plus d’attention à la lecture quant à la compréhension des choses. J’ai été mal noté !

 

Franck SCHWEITZER

 

  Une réponse pour dédouaner la correctrice

 

Cette autocritique peut être également la base d'une explication de la notation en philosophie. Ce que je reprocherais pour ma part à mon camarade philosophe, c'est de ne pas se rappeler que la dissertation ne doit pas faire appel à un empilement de concept cherchant à prouver que la position du rédacteur est la meilleure. Un devoir en philosophie doit être construit à base d'arguments enchaînés dans un ordre logique. Le correcteur doit d'abord noter cette aptitude. Les idées et les concepts ne sont pris en compte que dans un second temps. Pour aller vite, on peut résumer schématiquement la notation en philosophie par cette formule : mathématiques+idées= philosophie. Voilà qui pourra rassurer les élèves de terminale qui se font un monde de leurs notes en philosophie. Ils trouvent souvent cette matière inutile et subjective.

 

Stéphane De Bona

mercredi 03 octobre 2007, a 23:34
Jean-Luc Nancy

 

Jean-Luc Nancy (né en 1940 à Bordeaux) est un philosophe français.

Il sera marqué par l'uvre de Jacques Derrida, dont il fut l'élève, et deviendra l'ami. Tenté par la théologie, sa rencontre de Derrida, ses lectures de Althusser, Deleuze, Heidegger, Blanchot, Hölderlin, le conduisent à penser un monde fragmenté, irréductible à la systématicité moderne. On peut le ranger parmi les penseurs post-modernes. En 1968, professeur de philosophie à l'université de Strasbourg (il y enseignera jusqu'en 2004), il fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe avec lequel il écrit plusieurs livres, dont L'absolu littéraire. Il est membre du Conseil national des universités, section philosophie.

 

 

lundi 01 octobre 2007, a 18:42
Grand concours philosophique

   

 

Voici un sujet pour débutants en terminale STG. Je vous propose de m'envoyer vos réponses par Mail. La meilleure sera publiée sur mon blog avec un commentaire de ma part, ou peut-être même un corrigé détaillé.

 

 

 

 

« Il est particulièrement nécessaire qu'on fasse de nouveau du ‘philosopher’ une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les métiers, prévaut la conviction qu'on ne les possède pas sans se donner de la peine et faire l'effort de les apprendre et de les pratiquer. Quand on en vient à la philosophie, c'est un tout autre préjugé qui paraît régner aujourd'hui : si un homme quelconque et ayant des yeux et des doigts, a qui ont fourni du cuir et un instrument, n'est pas pour cela en mesure de faire des souliers, -- on croit que chacun s'entende pourtant à philosopher et à apprécier la philosophie, puisque il possède pour cela la mesure dans sa raison naturelle, comment s'il ne possède pas également dans son pied la mesure d'un soulier. -- il semble que la possession de la philosophie soit posée précisément dans le défaut de connaissance et d'étude, et que celles-ci cessent quand la philosophie commence. On tient souvent la philosophie pour un savoir formel, vide de contenu, et on perd trop de vue que ce qui est vérité aussi selon le contenu dans quelque connaissance et science que ce soit, peut mériter ce nom de vérité seulement s'il a été engendré par la philosophie ».

 

Hegel

 

Questions.

 

1) Dégagez l'idée centrale du texte.

2) Expliquez : « si un homme quelconque (...) mesure d'un soulier ».

3) Expliquez : « savoir formel, vide de contenu ».

4) Le pouvoir de vérité propre aux diverses sciences a-t-il besoin, selon vous, d'être fondé par la philosophie ?

 

A partir de ce jour, vous avez une semaine pour m'envoyer vos réponses. Amicalement. Que le meilleur gagne !

 

Stéphane De Bona

samedi 29 septembre 2007, a 23:03
Doit-on se sentir coupable d’acheter chez EMMAUS ?

   

Dernièrement j’ai craqué pour une veste en cuir noire que j’ai payé 10€ aux fripes Emmaus. Après en avoir parlé à un proche, il m’a tenu le discours suivant « Emmaus DOIT etre reservé aux plus défavorisés. Je pense qu'on doit bien ce respect vis à vis des plus démunis ; Emmaus leur permet de vivre avec un minimum de confort puisque revendant à bas prix, cette association est là pour subvenir aux besoins de ses personnes là, pas pour satisfaire le porte monnaie de personnes ayant les moyens d'aller s'acheter des meubles ou des fringues ! (…/…)

 

J’ai pas su quoi répondre sur le moment mais trouvais le sujet intéressant à traiter. En effet, moi qui ne manque de rien, qui mange tout les jours et a un lit où dormir, j’achète chez Emmaus ; alors que je pourrais très bien trouver ma veste dans un magasin de vêtements traditionnel… au prix du marché.

En agissant ainsi j’ai d’abord pensé (égoïstement) à l’économie que je pouvai en tirer ; pensez donc, 10€ ! je n’ai pas hésité longtemps. Aurais-je dû avoir honte d’agir de la sorte ? Quelque part je rends service et je fais une bonne action. En effet, la maison Emmaus a été créée par l’Abbé Pierre il y a plus de 50 ans dans l’idée d’aider les plus démunis mais la question à se poser est à double tranchant

- Y acheter des choses alors qu’on a les moyens d’aller ailleurs ; devrait-on en avoir honte ? ou au contraire agit-on humblement ?

- Ne pas acheter mais laisser les gens ayant réellement besoin de se vêtir et se loger, profiter de ce que l’association propose. A partir de là, devrait-on éprouver de la culpabilité ? Après tout ce n’est pas du vol, on paie l’objet que l’on achète : ne dis-t-on pas « charité bien ordonné commence toujours par soi-même »

 

Cette question reste ouverte. Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Franck SCHWEITZER



vendredi 14 septembre 2007, a 14:55
Le Prophète : un livre pour les soirs de doute

  Rapide biographie de l’auteur

 

Gibran Khalil Gibran figure en bonne place parmi les poètes et peintres issus du Moyen-Orient, grâce notamment à son recueil : Le Prophète. Né au Liban (1883 à Bcharré - 1931 à New York), il a ensuite séjourné en Europe et surtout aux États-Unis où il a passé la majeure partie de sa vie. Chrétien de rite maronite, son Église jugera hérétique son troisième livre, Esprits rebelles. De 1908 à 1910, il séjourne  à Paris et étudie à l'Académie des Beaux-arts ; il rencontre de nombreux artistes : Rodin, Debussy, Maeterlinck, Rostand. En 1923, il publie Le Prophète, qui sera un succès immédiat et restera son œuvre majeur. Il meurt le 10 Avril 1931 dans un hôpital de New York, d'un cancer du foie. Son corps est rapatrié à sa demande dans le monastère Mar Sarkis, non loin de Bcharré. 

 

Table des Matières avec liens web au Chapitre 1

 

Chapitre 1 l'amour

Chapitre 2 le mariage

Chapitre 3 les enfants

Chapitre 4 le don

Chapitre 5 la boisson et la nourriture

Chapitre 6 le travail

Chapitre 7 la joie et la tristesse

Chapitre 8 les maisons

Chapitre 9 les vêtements

Chapitre 10 l'achat et la vente

Chapitre 11 le crime et les chatiments

Chapitre 12 les lois

Chapitre 13 la liberte

Chapitre 14 la raison et la passion

Chapitre 15 la souffrance

Chapitre 16 la connaissance de soi

Chapitre 17 l'enseignement

Chapitre 18 l'amitié

Chapitre 19 la parole

Chapitre 20 le temps

Chapitre 21 le bien et le mal

Chapitre 22 la priere

Chapitre 23 le plaisir

Chapitre 24 la beauté

Chapitre 25 la religion

Chapitre 26 la mort

Chapitre 27 EPILOGUE

 

Le livre

 

Ecrit en anglais, le Prophète est une œuvre poétique faite d'aphorismes et de paraboles, livrés par un prophète en exil sur le point de rentrer chez lui. Aux grandes questions de la vie, celui-ci livre au peuple qui l'a accueilli pendant douze ans des réponses simples et pénétrantes. Des thèmes universels sont abordés, mais le fil conducteur reste l'amour. Ainsi est-il dit sur le mariage :

 

« Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe. »

 

C'est ainsi que Le Prophète est parfois lu à l'occasion de mariages, essentiellement aux États-Unis. À côté des grandes questions de la vie pratique, comme le mariage ou les enfants, le lecteur découvre la connaissance de soi et la religion, conçue ici comme universelle. Ainsi, ce qui fait le succès du Prophète est son universalisme, apte à en faire le livre de chevet de tout un chacun, emportant l'adhésion par de grandes valeurs comme la liberté, l'amour, le respect de l'autre. En cela, le Prophète est un écrit totalement humaniste.

 

Khalil Gibran a écrit plusieurs livres en arabe et en anglais , mais aucun n'égale Le Prophète qui traduit sur le mode poétique un sentiment intensément religieux de la vie. La vision du monde de Khalil Gibran n'est pas catholique au sens propre du mot; dans Le Prophète, on trouve, à côté de thèmes plus ou moins panthéiste, d'admirables chant sur l'amour, la solitude, la beauté, le don, le travail, etc. Ils éveillent au plus secret de nous-même des sentiments très purs qui ont une valeur religieuse universelle. (texte de couverture, Le Prophète, 1956)

 

Stéphane De Bona

samedi 01 septembre 2007, a 20:00
Commentaire libre

 

  J'ai l'honneur aujourd'hui, de vous présenter un commentaire libre qui m'a été remis par un ami philosophe. C'est donc avec une grande joie, que je publie ce petit texte. J'espère que nous aurons encore l'occasion de travailler ensemble à plusieurs reprises. Bonne lecture à tous !

 

Stéphane Bona

 

 

 

« La Métaphysique du mou »

de J-B BOTUL (personnage fictif)

 

Imaginé et créé de toutes pièces par Frédéric Pagès, Jean-Baptiste Botul (peut-être un pseudo) n’a laissé aucun ouvrage écrit officiel, il a par ailleurs été un spécialiste de Kant.

Le texte ici étudié a été établi et annoté par Jacques Gaillard, ce dernier raconte le méli mélo qu’il a trouvé en cherchant les premières pages de la « Métaphysique du Mou » ; 143 liasses de feuillets et d’enveloppes de formats divers. A partir d’un premier tri, 18 pages de ce texte ont pu êtres retranscrites. Dans ses lettres à lui-même, Botul explique la difficulté qu’il a à se relire. « des plumes de qualité médiocre, une encre diluée par économie et des supports trop absorbants accentuent encore ces maladresses graphiques ». Nous le savons, Botul ne voulait pas publier ; le manque de soin explique tout. « Il écrivait sur n’importe quoi avec n’importe quoi ».

Titre arbitraire dans la mesure où Botul l’envisage seulement, « la métaphysique du mou » est un ensemble de petits textes pensés et écrits sur l’instant, comme un journal intime, on a du mal à définir son travail, ce ne sont même pas des fragments (cf. Heraclite). Les pensées sont ponctuels, inachevées et sans liens propres entre-elles. On voyage d’une page à l’autre sans ligne directrice, sans but apparent. L’auteur nomme ces textes, des « bouts ». On penserait même qu’il se permet une certaine audace dans la syntaxe vers la fin de l’ouvrage (très court en soi d’ailleurs, environ d’une cinquantaine de pages) ou alors c’est plutôt l’éditeur qui respecte le plus fidèlement la manière d’écrire et de noter de Botul, je cite : « ………………………………….. 69 » avec en légende « 69 : ici manquent deux pages »

 

Botul met en place une problématique à savoir ; le mou, le principe de mouité -et non de molesse-.avec l’argument suivant lequel peu de place a été faite aux choses molles dans la philosophie dite ‘des choses mêmes’ ; Botul explore ce concept de mouité au travers de l’être, le néant, le fromage, les seins de femmes… il développe sa nouvelle idée en opposant les termes notamment (dur=froid ; mou=chaud) et en citant Aristote et « les parties des animaux » il argumente autour des viscères d’une part et de l’os d’autre part

Botul dit une très belle phrase pleine de poésie, à propos du « dire » et du « ne pas écrire » citant volontiers Socrate ou Jésus… « A quoi bon chercher à les publier –cf. les notes- je n’ai pas l’angoisse de la page blanche, j’ai la terreur des pages noircies. »

Le philosophe dressera ensuite une liste de lois sur le mou et le dur (par exemple, le dur ne devient mou que par l’effet d’un travail ou encore le dur déçoit, le mou émeut)

 

Preuve en est, Pagès donne vie à son personnage jusqu’à lui inventer une biographie (ou peut-être s’apparente-t-elle à des propres brides de la vie de ce premier.) Durant la première partie de sa vie, il fait de nombreuses rencontres amicales, amoureuses et professionnelles, l’association des amis de JBB fut fondé, il devint même en 1937 pendant quelques mois, chauffeur de taxi et dispense des cours de philo aux clients pendant ses courses. La même année il enj vient à brûler ses manuscrits et décide « de ne plus rien écrire » et ne rédige que des ‘fragments’ sur des matériaux divers afin d’être sûr de ne pas être tenté de publier… Puis comme si Pagès était exaspéré de son propre fantasme qu’il venait de créer, décide que Botul se brouille avec ses proches à la fin de sa vie (Sartre, Beauvoir, Bachelard, Merlau-Ponty…) et qu’il meure dans l’indifférence générale, à Lairière le 15 août 47

 

Lui qui ne voulait pas être publié et -j’imagine- encore moins commenté (si tant est que ce soit un commentaire) il doit sentir le doux souffle de la trahison venir le prendre par surprise dans sa tombe…

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Frédéric Pagès : agrégé de philosophie, il quitte l‘enseignement pour rejoindre « le canard enchaîné » ; il fut l’un des fondateurs de « l’association des amis de JB Botul », association à but promotionnelle pour son fantasme personnifié…                     

 

  FRANCK SCHWEITZER

vendredi 31 août 2007, a 23:47
Découvertes

  Chers amis internautes,

 

J'ai récemment découvert un site commercial très sympathique. Il propose à tous les férus d'électronique et d'informatique, des prix attractifs. De plus, la livraison des produits et quasi immédiate (les délais sont de un à trois jours). Le site Pixmania.com est donc de grande qualité, je vous invite à vous y rendre si cela vous intéresse.

 

Nous sommes maintenant à quelques jours de la rentrée, j'espère donc que vous avez passé de bonnes vacances seines et réparatrices, malgré le manque de soleil cette année. Comme pour toute rentrée nous prenons quelques bonnes résolutions, la mienne sera donc de faire rayonner encore un peu plus ce blog au sein de la blogophère. En cette journée dédiée aux blogs, j'ai donc décidé de multiplier le nombre d'articles par deux. Vous aurez donc l'honneur de retrouver mes critiques philosophiques ou politiques de fois par jour. J'espère que cet effort me permettra de multiplier également mon nombre de visiteurs par deux. J'ai eu la joie de constater pendant ses vacances que mon blog est édité aux quatre coins du monde. En effet, j'ai eu un échange épistolaire avec une jeune marocaine qui consulte régulièrement mon site dans son pays. Il est parfois ressenti comme libertaire, mais démontre que la France est un pays de tolérance. Nous avons pu disserter en toute liberté, sur ce qui rapproche et éloigne la culture de nos deux pays. Ces conversations à bâtons rompus m'ont renforcé dans mes convictions, c'est bien la différence qui fait la richesse du monde.

 

 Je n'aurais jamais pensé qu'un outil comme Internet pourrait rapprocher des hommes et des femmes des quatre coins de la planète. La technologie fit encore une fois preuve de sa grande malice. Le Web devait être pour l'État américain le seul outil de communication qui résiste en cas d'attaque nucléaire. Je suis fière dans ce contexte d'avoir participé au détournement de cet outil pour semer la vie et non la mort.

Rappelons-nous rapidement que la découverte du nucléaire a débouché sur première bombe atomique, mais il est aujourd'hui notre première source énergétique (75 % de notre électricité) dans l'hexagone. Cependant nous ne savons toujours pas aujourd'hui retraiter nos déchets nucléaires fortement nocifs pour la santé publique (les radiations provoquent le cancer). L'enfouissement des déchets ne peut être donc qu'une solution de court terme. Il apparaît pourtant que nous sommes le pays rejetant le moins de gaz à effet de serre de toute l'union européenne. Il serait donc important de lancer grand programme de recherche pour trouver une solution de retraitement. Tout cela pour dire que les grandes découvertes sont bien souvent militaires, mais qu'une fois utilisait civilement, elles font parfois notre bonheur.

 

Bonne fin de vacances à tous et à demain.

 

Stéphane De Bona

 

 

samedi 18 août 2007, a 00:04
La perte partielle de conscience

   

Dans la loi musulmane, l'alcool est interdit. Je viens d'apprendre récemment que la cause de cette interdiction est due à la perte de conscience que cette substance peut entraîner. Cette perte de conscience est susceptible de faire ressortir des pulsions négatives de l'être humain. Cette situation pourrait donc amener les êtres humains sans morale ni principe au meurtre et autre pratique délictueuse.

 

Les différents états de conscience

 

 On peut alors se poser la question de savoir si toutes les pertes de conscience partielle sont foncièrement mauvaises. En psychanalyse, Freud fait appel à l'hypnose pour faire revenir les souvenirs inconscients souvent cause du traumatisme psychique. Dans mon cas l'alcool qui n'est pas une substance illicite alors qu'elle pourrait l'être au même titre que le haschisch et autres drogues, me permet une décontraction presque totale de mes muscles sans arrêt engourdi. D'autre part, certains intellectuels ont besoin de faire appel aux paradis artificiels pour explorer d'autres sources d'inspiration ou même encore se déconnecter de la réalité afin que leur esprit trouve le repos. Comme dans tout acte, il ne faut pas dépasser les limites. Ici, chacun doit se connaître et savoir quel état limite il ne doit pas dépasser. La Bible le Coran et les autres religions du livre ne font qu'inculquer la morale à des êtres sans valeurs et sans vergogne. En bref, les états conscience modifiés doivent être encadrés par une structure médicale lorsqu'il s'agit de soins ou par des amis  dans le cadre d'une fête. Dans tous les cas, ces différents états conscience ne doivent pas mettre en danger la vie de la personne concernée ou d'autrui. C'est à chacun, de savoir si ces pulsions primitives qui resurgissent dans cet état second sont positives ou négatives. Par cette simple introspection personnelle nous pouvons deviner si une auto analyse de notre inconscient est bonne ou mauvaise pour nous.

 

Dieu est-il le seul juge de nos actes ?

 

Tous les écrits religieux amènent l'homme à redouter le jugement dernier. Faut-il cette épée de Damoclès sur notre tête pour que l'humanité soit raisonnable ?

 

¨Personnellement, je pense que non. Nous sommes tout à fait capable de reconnaître si nos actes sont bons ou mauvais. Seuls les esprits perturbés ou malades ont besoin de la loi divine ou de la justice des hommes pour savoir si nous avons vécu dans les règles de l'art ou vicieusement.

 

Deux maximes philosophiques peuvent nous le rappeler : « la liberté des uns se termine ou commence celle des autres », « Ne fait jamais à autrui ce que tu n’aimerais pas qu'on te fasse à toi-même », si chacun d'entre nous respecter ces citations le monde serait un havre de paix et l'individualisme forcené ne ferait que reculer. Pourtant nous en sommes bien loin. Faut-il penser que l'homme n'a conscience que de lui-même et qu'autrui l'importe peu ? J'attends vos réactions !

 

Stéphane De Bona

jeudi 19 juillet 2007, a 20:27
Fiche Gilles Deleuze

  Biographie

 

Entre 1944 et 1948, il fait ses études de philosophie à la Sorbonne, où il rencontre Michel Butor, François Chatelet, Claude Lanzmann, Olivier Revault d’Allonnes, Michel Tournier. Ses professeurs sont Ferdinand Alquié, Georges Canguilhem, Maurice de Gandillac, Jean Hyppolite.

Après l'agrégation en 1948, il se consacre à l'histoire de la philosophie.

En 1969, il présente comme thèse principale, Différence et répétition (directeur, Maurice de Gandillac) ; et comme thèse secondaire, Spinoza et le problème de l’expression (directeur, Ferdinand Alquié).

La même année, c'est la rencontre avec Félix Guattari ; suivra entre eux une longue et fructueuse collaboration. C'est une de ses influences décisives, avec Spinoza, Nietzsche et Henri Bergson.

À l'Université de Vincennes, où il enseigna jusqu'à sa retraite universitaire en 1987, Gilles Deleuze fut, de l'avis de beaucoup, un professeur extraordinaire ; comme dans ses ouvrages d'histoire de la philosophie, il parvenait, selon ses partisans, à conjuguer la rigueur et l'érudition de l'universitaire à la plus grande imagination conceptuelle, le tout en des termes simples. Ses cours connurent un grand succès, attirant un public nombreux, international et diversifié. Grâce à sa femme, Fanny Deleuze, une partie importante de cet enseignement est disponible, transcrit à la lettre, sur le site de Richard Pinhas.

 

«Un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien.»

 

 Tel fut le sentiment de Michel Foucault à l'égard d'un philosophe qui marqua profondément la pensée de la fin du XXe siècle. On demanda à Deleuze comment il interprétait cette phrase ; il répondit que Foucault pensait sans doute qu'il représentait l'expression la plus pure de la pensée de la différence, car il en était l'expression purement conceptuelle, c'est-à-dire ni historique (comme Michel Foucault), ni critique (comme Roland Barthes, par exemple), etc. : « il voulait sans doute dire que j'étais le plus innocent, le plus philosophe ».

 

Atteint d'une grave maladie respiratoire, Gilles Deleuze s'est suicidé le 4 novembre 1995.

 

« Ce sont [les] organismes qui meurent, pas la vie ».

 

Il est le père de Émilie Deleuze, réalisatrice française, et de Julien Deleuze (traducteur de l'anglais).

 

Philosophie Histoire et devenir de la philosophie

 

Pour Deleuze, « la philosophie est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts » (Qu'est-ce que la philosophie ?), chose dont il ne s'est jamais privé. Il assure que la philosophie ne s'adresse pas qu'aux spécialistes, et l'on peut dire de lui ce qu'il disait de Spinoza : tout le monde est capable de le lire, et d'en tirer de grandes émotions, ou de renouveler complètement sa perception, même s'il en comprend mal les concepts. Inversement, un historien de la philosophie qui n'en comprend que les concepts n'a pas une compréhension suffisante.

 

« Il faut les deux ailes, comme disait Jaspers, ne serait-ce que pour nous emporter philosophes et non-philosophes vers une limite commune. » (Pourparlers, p. 225)

 

Dans l'Abécédaire, il raconte que ce qui lui a le plus fait plaisir, dans le courrier qu'il a reçu après la publication du Pli, ce n'étaient pas les lettres d'universitaires, mais celles d'un club d'origamistes et d'un club de surfeurs.

Pour le lecteur, que la lecture soit toute récente ou fort ancienne, Deleuze, c'est toujours un labyrinthe. La lecture trop fraîche le prend pour une « machine à dérouter », on le conçoit ensuite plutôt comme « machine à orienter ». C'est à la condition de disposer des segments nécessaires pour re-construire soi-même le principe de ce labyrinthe, afin de s'y orienter et d'y orienter le lecteur.

Clinique et politique Le premier concept proposé par Gilles Deleuze est celui du plan de consistance, qu'il rejettera ensuite au profit de celui de plan d'immanence.

La philosophie de Deleuze est celle d'une immanence absolue. Pas de transcendant, pas de négation, pas de manque, mais une culture de la joie, une dénonciation radicale des pouvoirs. Une philosophie de la vie et de la pure affirmation, de l'immanence, donc, comme sortie des frontières du sujet :

 

« En chacun de nous, il y a comme une ascèse, une partie dirigée contre nous-mêmes. Nous sommes des déserts, mais peuplés de tribus, de faunes et de flores. (...) Et toutes ces peuplades, toutes ces foules, n'empêchent pas le désert, qui est notre ascèse même, au contraire elles l'habitent, elles passent par lui, sur lui. (...) Le désert, l'expérimentation sur soi-même, est notre seule identité, notre chance unique pour toutes les combinaisons qui nous habitent. » (Dialogues, p. 18)

 

La philosophie de Deleuze croise ici une première fois les intérêts de Foucault, ceux pour la folie. Tous deux pensèrent en effet sérieusement à la folie et à un dialogue possible avec elle. Si Foucault le fit en la prenant comme un objet historique complexe dont il lut la genèse comme l'envers et la condition non-nécessaire de notre pensée (« la pensée de la folie n'est pas une expérience de la folie, mais de la pensée : elle ne devient folie que dans l'effondrement »), Deleuze, à son tour, dans son rapprochement avec Guattari, céda à la tentation de ces parages dans la création de ses propres concepts. Peut-être le « rhizome » est-il l'expression extrême de cela. En fait on peut y penser comme à un rayon X de la pensée du dehors, dans sa logique la plus intime, c'est-à-dire quand elle est le plus tournée vers le dehors. On trouve en elle l'ouverture d'un désert, la mobilité oubliée, la connectivité errante, la prolifération multidirectionnelle, l'absence de centre, de sujet, d'objet – une topologie et une chronologie qui sont assez hallucinatoires. En bref, on ne trouve pas la carte d'un autre monde mais plutôt l'autre cartographie possible de tous les mondes – ce qui fait précisément ce monde en être un autre, nous délivrant des chaînes de la quotidienneté.

 

« Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire. » (Dialogues, p.81)

Deleuze a sur la fin de sa vie esquissé – second croisement – le prolongement d'une idée de Foucault qui envisageait la fin des sociétés disciplinaires. Selon lui, celles-ci sont en train de laisser place aux sociétés de contrôle :

 

« Le contrôle est à court terme et à rotation rapide, mais aussi continu et illimité, tandis que la discipline était de longue durée, infinie et discontinue... L'homme n'est plus l'homme enfermé, mais l'homme endetté. » (Pourparlers, p.246)

 

Cinéma Action, réaction

 

L'analyse que Deleuze fait du Cinéma est largement basée sur l'oeuvre d'Henri Bergson: Matière et mémoire. D'un point de vue physiologique et de manière très simplifiée (mais suffisante dans le cadre présent), la perception humaine suit le schème sensori-moteur suivant :

des capteurs (œil, oreille...) reçoivent de l'information dans notre environnement. Ils captent l'action de l'environnement sur nous. cette information est envoyée, via des nerfs sensoriels vers le cerveau ce cerveau est capable de prendre une décision de réaction à l'environnement le signal de réaction est transmis via des nerfs moteurs vers des muscles. ces muscles réalisent effectivement la réaction. Le cerveau humain est donc fondamentalement à l'interface entre des actions reçues et des réactions émises. Il fonctionne toujours selon le principe d'action-réaction.

 

Contrairement à une idée répandue, nos perceptions ne sont pas de simples copies mentales de notre environnement. C'est-à-dire qu'elle ne se résume pas au signal envoyé par les capteurs au cerveau. C'est ce signal sensoriel traité par le cerveau afin d'envisager les réactions possibles qui constitue notre perception. La perception n'est pas l'action reçue, mais l'ensemble des réponses possibles à cette action.

Habitude et réflexion pure Entre l'action et la réaction, il peut s'écouler un laps de temps plus ou moins long.

 

Dans le cas extrême de l'habitude, la réaction s'enchaîne de manière quasi-instantanée avec l'action. Il ne s'agit pas de réflexe, mais lorsqu'une séquence d'action est effectuée souvent, l'enchaînement est bien connu, et peut être réalisé rapidement et sans nécessiter de concentration. Ce qui permet de gagner en efficacité, en rapidité et libère le cerveau. Un exemple typique est l'apprentissage de la conduite: d'abord éprouvante, elle devient de moins en moins pénible au fur et à mesure que les séquences de mouvements deviennent habituelles. Un autre exemple, sorte "d'effet de bord", est l'écoute d'un disque bien connu, lorsque la fin d'un morceau nous rappelle le début du suivant. La séquence est ici connue par cœur et nous anticipons l'action suivante par habitude.

Mais que se passe-t-il si nous activons la lecture aléatoire ? Le morceau attendu n'est pas joué, remplacé par un autre. Nous sommes perturbés. Et c'est là la limite de l'habitude: elle n'est absolument pas adaptable. Dès lors que l'on se trouve dans une situation peu courante, l'habitude est totalement inefficace. Il faut alors faire appel à sa mémoire, rechercher dans notre passé des expériences pas trop éloignées, capable de nous éclairer sur le choix à faire dans la situation présente. Il faut réfléchir, et cela prend du temps. Nécessairement, le temps entre l'action reçue et la réaction apportée s'étire. A l'extrême limite, ce temps devient infiniment long: c'est la réflexion pure. L’action ne donne plus lieu à une réaction, le schème sensori-moteur est brisé.

 

Il s'agit de deux extrêmes et le fonctionnement réel du cerveau oscille en permanence entre les deux. Le choix dépend des besoins du moment et du temps disponible. Si j'ai une décision très importante à prendre, je vais prendre le temps de réfléchir, prendre le temps d'étudier les divers arguments. C'est le temps nécessaire à la réflexion qui décide du moment de la réaction : prendre une décision censée. Mais si je suis dans mon transat' et qu'un ballon arc-en-ciel se dirige vers moi, je vais m'écarter rapidement et renverser le cocktail que je tenais à la main : la réaction est rapide mais pas optimale. Si j'avais eu le temps, j'aurais pensé au cocktail et me serais déplacé différemment. Mais voilà, je n'ai pas eu le temps, le danger était trop imminent. Le temps disponible pour la réflexion est contraint par l'urgence de l'action/réaction.

 

Image-mouvement, image-temps

 

C'est très bien tout ça, mais le cinéma alors ? C'est là qu'intervient Gilles Deleuze.

De la même manière que le cerveau fonctionne entre deux types extrêmes, on retrouve au cinéma deux grandes images correspondantes. D'un coté l'image-mouvement, qui repose sur le schème sensori-moteur (l’action donne lieu à une réaction.) De l'autre l'image-temps, reposant sur la réflexion pure. Dans la première image, l'action décide du temps. Un personnage sort de la pièce - cut - le même personnage est vu en extérieur sortant de chez lui et empruntant la rue. Le plan a été coupé parce que le personnage n'avait plus rien à y faire. C'est l'action (la sortie du personnage) qui arrête le plan et décide de sa durée. Le plan suivant constitue la réaction. Le temps dépend de l’action. : « L’image-mouvement […] nous présente un personnage dans une situation donnée, qui réagit à cette situation et la modifie… Situation sensori-motrice. » (Cours de G. Deleuze du 31/01/84, voir webdeleuze)

 

L’image-mouvement constitue une grosse majorité des images que nous voyons, et pas seulement des films d’actions. Un simple dispositif d’interview avec un journaliste et une personnalité, champ sur le journaliste qui pose sa question, contrechamp sur l’interviewé qui y répond, relève de l’image-mouvement pure et simple.

 

Mais prenons maintenant le plan suivant : Un père part pêcher avec son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Ils s’installent sur les berges. Le contact est difficile, ils ne disent rien, ils regardent à l’horizon. Ca dure un certain temps, nettement plus long que le temps nécessaire au spectateur pour comprendre simplement qu’ils pêchent. Cut. Le plan suivant n’a rien à voir. Par exemple, la mère emmène le fils en voiture à la ville. Il n’y a pas de lien de cause à effet entre les deux plans. On ne saurait pas dire si cela se passe avant ou deux heures plus tard ou le mois suivant. Le fait d’aller pêcher n’a donné lieu à aucune réaction, et si le plan avait duré plus longtemps il ne se serait rien passé de nouveau. La durée du plan n'est plus décidée par l'action, le temps est indépendant de l'action. On ne connaît pas le résultat de la pêche et ça n’a aucune importance. Ce plan fait partie de ce que Gilles Deleuze appelle : « une situation optique et sonore pure. » Ce qu’on retrouve dans le « film ballade. » Pensez à Minuit dans le jardin du bien et du Mal de Clint Eastwood, Dead Man de Jim Jarmush par exemple.

 

Historiquement, le cinéma a commencé par utiliser essentiellement cette image-mouvement. Elle est associée à la logique, à la rationalité. Lors d’un champ-contrechamp entre deux personnages qui se parlent, on n’a pas le choix du moment des coupes : elles suivent les interventions des personnages. A toute question, on attend une réponse cohérente. On attend, c’est-à-dire que l’on se retrouve dans le cadre de l’habitude, on anticipe non pas forcément le contenu de la réponse, mais au moins qu’une réponse va être donnée et on sait par avance qu’elle surviendra à la fin de la question.

 

Gilles Deleuze situe l’arrivée de l’image-temps après la seconde guerre mondiale : on ne croît plus à ce principe d’action-réaction. La guerre est une action complexe qui nous dépasse, il n’est pas possible de réagir, de modifier la situation, de la rendre claire. D’où l’apparition de l’image-temps avec le Néo-réalisme italien, puis la nouvelle vague française, et la remise en cause du cinéma hollywoodien aux Etats-Unis. Les Héros de Federico Fellini (Dolce Vita) ou de Luchino Visconti (Mort à Venise) sont désenchantés, ils refusent d’agir, de choisir.

 

Tout comme le cerveau oscille entre habitude et réflexion, il est bien sûr possible de mélanger les deux images. Reprenons notre homme qui sort de chez lui. L’image mouvement voudrait que le cut survienne quand il passe la porte. Maintenant, la caméra s’attarde une, peut-être deux secondes dans la pièce vide, puis cut, et plan extérieur. L’image-mouvement est pervertie : il y a bien action et réaction, mais le temps ne correspond pas, créant un sentiment de gène : pourquoi la caméra s’attarde-t-elle dans cette pièce vide ou il ne se passe plus rien ? Ou alors il y a action et réaction mais la réaction n’est pas logique. Pensez à Lost Highway de David Lynch par exemple. On n’y compte plus les plans “trop long”, les espaces sombres et vides, les réponses improbables, les absences de réponses…

 

Citations

 

« Mais la culture est le mouvement d'apprendre, l'aventure de l'involontaire, enchaînant une sensibilité, une mémoire, puis une pensée, avec toutes les violences et cruautés nécessaires, disait Nietzsche, justement pour dresser un peuple de penseurs, "donner un dressage à l'esprit". » (Différence et répétition)

 

« Nous avons besoin d'une éthique ou d'une foi, ce qui fait rire les idiots; ce n'est pas un besoin de croire à autre chose, mais un besoin de croire à ce monde-ci, dont les idiots font partie » (L'image-temps)

 

L'acte de création 



vendredi 29 juin 2007, a 22:42
Cours de soutien scolaire

  Chers amis lecteurs,

 

Vous êtes de plus en plus nombreux à me rendre visite sur ce blog. Je souhaite maintenant mettre à votre disposition toutes les compétences. Faute de trouver du travail qui me convienne j'ai décidé de tenter une nouvelle aventure : c'est-à-dire de mettre à mon compte. Mon handicap me bloque au niveau des horaires de travail qui ne peuvent pas être intensif et dépasser un habitant par semaine. Depuis plusieurs mois, il me serait possible de faire étudier des élèves en difficulté, mais cela dans des conditions inacceptables pour moi, c'est-à-dire au noir. Je refuse dans ces conditions catégoriquement de travailler, car pour moi, avoir un emploi doit me rapporter mais également rendre service à la collectivité par l'intermédiaire de cotisations sociales. Si aujourd'hui, le régime des retraites est en si mauvais état, la cause principale en est surtout le manque de cotisations provoquées par l'économie souterraine et par le grand patronat qui refuse d'embaucher pour augmenter ses gains de productivité. C'est pour cela, que je me propose de donner des cours de philosophie, d'histoire-géographie, français et enfin d'économies droits à vos enfants en difficulté scolaire grâce à un autre principe tout à fait légal. Il me sera donc possible de les accueillir deux heures par semaine, à 15 € de l’heure payable en chèques emploi service universels. De plus, ce type de paiement sera avantageux pour tous car il est déductible des impôts pour l'employeur. Alors n'hésitez plus !

 

Contactez-moi au 06 15 56 30 76.

 

Je suis disponible durant toute la période estivale pour des remises à niveau. Je vous remercie de votre confiance.

 

Stéphane De Bona

jeudi 28 juin 2007, a 19:13
Un chat rare à la SPA

   

Une nouvelle naissance pour « Bibouille »

 

Je viens d’adopter une superbe petite chatte siamoise « Blue Point » que j’ai rebaptisée « Bibouille ». Elle appartenait à ce qu’on appelle aujourd’hui « un jeune cadre dynamique ». Il avait sans doute voulu avoir un animal pas comme les autres (le «Blue Point » représente une naissance pour mille dans la race des siamois). Malheureusement pour « Bibouille », son maître s’est aperçu, alors qu’elle a bientôt 1 an, qu’il n’avait pas le temps de s’en occuper. Après une nouvelle promotion qui l’oblige à de nombreux déplacements, il a décidé de s’en séparer. Jusqu’à maintenant, cette petite princesse vivait dans un appartement au deuxième étage, et son maître payait une personne pour la nourrir. Ne voyant pratiquement personne de la journée, elle est très sauvage et a peur du moindre bruit ou mouvement un peu brusque. Heureusement pour elle, j’ai été informé de son existence et du sort qui l’attendait : elle devait être déposée à la SPA à la fin de ce mois si personne ne voulait en prendre soin rapidement.

 

La vie a plus de valeur que l’argent

 

 Je me demanderais toujours comment on peut être un homme de qualité et abandonner son compagnon. Un animal, comme un enfant, ne demande pas à venir au monde et le fait d’en devenir responsable nous engage pour toute sa vie. Notre société est devenue tellement individualiste et portée sur la consommation que l’on peut acheter un être vivant comme un objet banal. Aujourd’hui, tous nos désirs peuvent être immédiatement assouvis grâce aux facilités de paiement. Pourtant, l’argent n’ouvre pas toutes les portes. Le cœur et les sentiments resteront toujours des valeurs non monnayables. Après cette adoption inattendue, je suis allé rendre visite à ma grand-mère qui a trouvé ma nouvelle protégée bien ravissante. Elle m’a alors dit qu’un rien pouvait me rendre heureux. En effet, ce n’est pas à la taille de sa voiture ou de sa maison que l’on peut se permettre de juger un être humain. Pour moi, les seules valeurs qui peuvent être prises en compte sont la générosité, l’humilité, le respect et l’écoute à même de pouvoir agir contre l’intolérance et la bêtise humaine. C’est à cela que l’on peut assurément connaître la grandeur d’âme de chacun. En adoptant « Bibouille », j’ai eu le sentiment de faire ma bonne action de la journée. Cela est autrement plus valorisant que d’avoir gagné des milliers d’euros dans une entreprise qui n’aura plus le souvenir de ce que vous avez fait pour elle, au moment où elle sera en difficulté et vous licenciera sans ménagement par l’intermédiaire d’un exécutant pas mieux considéré que vous. En conclusion, on peut dire que l’argent ne doit pas devenir une fin en soi et que l’être humain, tout comme l’animal et notre environnement, doivent être remis au centre de nos préoccupations.   

 

 

Stéphane De Bona 

mercredi 30 mai 2007, a 19:12
Télé-réalité et dons d'organes

Ethique et médias 

 

Aujourd’hui nous atteindrons un degré de cynisme que l'humanité aura du mal à égaler, la télévision néerlandaise propose vendredi soir une émission prête à tous les scandales. En effet, une malade atteinte d'un cancer en phase terminale va pouvoir choisir aujourd'hui à qui elle donnera ses reins après sa mort. Cette émission macabre est justifiée par la production du fait du manque de donneurs d'organes. Ce genre d'émission devrait être contraire aux droits de l'homme, car elle se caractérise par le commerce d'organes interdits dans le monde entier.

 

Les dons d'organes devraient faire l'objet d'une loi européenne interdisant ce type de procédé contraire à l'éthique. J'espère que cette émission ne sera qu'une première et que l'opinion publique indignée aura l'intelligence de boycotter le programme. C'est par des réflexes de citoyens que nous arriverons à remettre de la morale dans les médias et nous inciterons ainsi nos politiques à ne plus jouer les People dans les journaux. Il est grand temps que les citoyens redeviennent responsables et expliquent à leurs représentants que faire de la politique n'est pas un métier. Les hommes politiques doivent avoir pour seule mission de protéger les citoyens et de veiller à corriger les dérives du marché.

 

À quel degré de l'ignoble nous arrêterons-nous ?

 

 

 

Le don d'organes, c'est le sujet  du jour

 

Alors que l'Union européenne propose ce mercredi une carte européenne de donneurs d'organes, cette émission fait scandale aux Pays-Bas. "Le grand spectacle du donneur", c'est son nom, doit être diffusé vendredi. Une émission de téléréalité dans laquelle une malade en phase terminale choisira entre trois candidats à qui elle donnera son rein. Jusqu'au parlement néerlandais, le programme fait débat. Le ministre chargé des média estime qu'"il est inappropriée et contraire à l'éthique, mais que c'est aux producteurs de l'interdire". Pour cette membre des Verts, "l'interdire ne serait rien d'autre que de la censure politique et étatique." La chaîne a choisi de diffuser cette émission le jour du cinquième anniversaire de la mort de son fondateur, Bart de Graaff, décédé à 35 ans après avoir attendu des années une greffe de rein. C'est ainsi qu'elle défend son choix, qualifié à Bruxelles d'assez mauvais goût. Alors faut-il une émission choc pour relancer les dons d'organes? Si en France par exemple ils ont augmenté de 38% en 7 ans, 229 patients sont décédés en 2006, faute de transplantation ...

 

Stéphane De Bona



jeudi 03 mai 2007, a 11:34
Hommage à DALIDA

Le téléfilm 

 

Je n’ai jamais été un grand fan de Dalida, mais j’ai pu regarder par hasard le téléfilm de France2 diffusé le 1er Mai. Ce film m’a beaucoup touché. Il montre une Dalida victime de sa vie intime, ce qui l’a perdra. Sa vie est une leçon d’humilité pour ceux qui sont persuadés que l’argent et le succès font le bonheur. Il n’en est rien! Le destin de l’homme est-il déjà gravé dans le marbre à sa naissance ? Voici la vie tragique d’une femme de cœur que je ne pensais pas si proche de moi.   

 

 

Biographie

 

Née le 17 janvier 1933
Décédée le 03 mai 1987 (à l'âge de 54 ans)

Dalida, de son vrai nom Yolanda Gigliotti, est née au Caire le 17 janvier 1933. Issue d'une famille italienne immigrée en Egypte au début du siècle, elle est la seule fille parmi deux frères, Orlando son aîné et Bruno, le cadet. Leur père, Pietro est violoniste à l'opéra et leur mère, Giuseppina s'occupe de la maisonnée, installée dans le quartier de Choubra, où arabes et occidentaux cohabitent en bonne entente. La petite Yolanda subit dès l'âge de quatre ans sa seconde intervention ophtalmique. Ses yeux se sont infectés quand elle avait à peine dix mois. Très marquée par ces problèmes, elle se considérera longtemps comme un "vilain petit canard" car elle sera obligée de porter des lunettes. A l'âge de treize ans, uniquement par coquetterie, elle les jette par la fenêtre et voit ainsi son environnement complètement flou.

Elle a une enfance et une adolescence tout à fait ordinaire pour une jeune fille de la petite bourgeoisie immigrée. Elle va à l'école catholique tenue par des religieuses, se promène avec ses camarades dans le quartier et participe aux représentations théâtrales scolaires où elle semble avoir un certain don. Adolescente, elle se destine à une carrière de secrétaire. Elle subit à nouveau une intervention ophtalmique. Elle se rend compte que les regards ont changé à son égard. Elle ressemble maintenant à une vraie femme. En 51, elle se présente en douce à un concours de beauté. Après publication de photos en maillot de bain, c'est le scandale dans la famille. Puis le calme revient, laissant à tous le sentiment que ce n'était qu'un moment d'égarement.

En fait, c'est le vrai déclic pour celle qui est fascinée par les actrices américaines, leur beauté et le monde dans lequel elles vivent. Dalida commence à travailler. La seconde entreprise dans laquelle elle travaille n'est autre qu'une maison de couture, Donna. Là, elle apprend le métier de mannequin. En 54, elle se présente au concours de Miss Egypte, et gagne le premier prix. Elle est engagée comme actrice, sorte de vamp brune à l'oïl de braise, pour tourner dans des films au Caire, le Hollywood de l'Orient. Elle est repérée par un réalisateur français du nom de Marc de Gastyne. Yolanda devenue Dalida, rêve de Paris. Malgré les réticences de sa famille, le jour de Noël 54, elle décolle pour la capitale française.

En fait, elle se retrouve vraiment seule dans cette grande ville froide. Elle est obligée de se débrouiller avec de faibles moyens. Les temps sont difficiles. Elle commence pourtant à prendre des cours de chant. Son professeur est tyrannique mais efficace. Il l'envoie faire un essai dans un cabaret des Champs-Elysées. Elle y fait ses premiers pas de chanteuse. Elle roule les "r" mais fait preuve déjà d'un grand professionnalisme. Elle est ensuite embauchée à la Villa d'Este, autre club légèrement plus huppé que le précédent. Elle y est présentée comme la "Révélation de la chanson française".

Bruno Coquatrix qui vient de racheter un vieux cinéma parisien, l'Olympia, anime une émission de variété, "Numéros un de demain" sur la station de radio, Europe 1. Dalida est invitée et elle choisit d'interpréter "Etrangère au Paradis". A cette occasion, elle rencontre deux hommes qui chacun dans leur domaine ont des ambitions bien affirmées : Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et Eddy Barclay, éditeur de disques. Ils sont décidés à trouver la perle qui leur permettra de lancer leurs entreprises respectives. Dalida semble être l'artiste qu'il leur faut.

Elle enregistre son premier 45 tours chez Barclay, "Madonna", sur les conseils avisés de Lucien Morisse en 55. En fait c'est avec "Bambino" que Dalida va vraiment s'imposer. Le nouveau 45 tours est matraqué toute la journée sur les ondes d'Europe 1, opération pilotée par Lucien Morisse. C'est un immense succès. 1956 est pour Dalida l'année de tous les succès. Elle fait ses premiers pas à l'Olympia en vedette américaine de Charles Aznavour. "Bambino" la propulse et le public l'accueille avec enthousiasme. Il en redemande. C'est chose faite en septembre où on frise l'émeute à l'entrée. Dalida fait désormais les couvertures des magazines. Le 17 septembre 57, elle reçoit son disque d'or pour le 300.000ème exemplaire de "Bambino".

Lucien Morisse est devenu plus qu'un pygmalion pour la jeune chanteuse. Une idylle est née entre eux qui n'est pas toujours évidente à assumer car le directeur artistique d'Europe 1 est déjà marié. Il envisage sérieusement de divorcer car leur liaison est mal perçue. Pour Noël 57, Dalida enregistre la chanson qui est son deuxième succès important, "Gondolier". En 58, elle reçoit l'Oscar de Radio Monte-Carlo, qu'elle garde sept ans de suite. Puis, elle part en tournée. Elle passe ensuite à Bobino où elle triomphe avec, entre autres, dix chansons classées dans les hit-parades. L'année suivante, elle commence une tournée dans le pays de ses grands-parents, l'Italie. Elle y connaît un grand succès qui va bientôt s'étendre à toute l'Europe.

Après un faux départ pour les Etats-Unis où certains la voyaient déjà en haut de l'affiche, elle retourne en triomphatrice au Caire, sa ville natale. Elle est fastueusement reçue. La presse l'encense et la surnomme "la voix du siècle". Elle retrouve sa famille, mais les choses ont changé depuis son départ. De retour en France, elle rejoint Lucien Morisse à Paris qui continue à lui faire enregistrer des succès. La relation qu'ils entretiennent en dehors de leur vie professionnelle est difficile à comprendre pour l'extérieur, car il semble qu'elle se soit usée avec le temps. Le mariage tant attendu, tarde à se faire. Le 8 avril 61, après de nombreuses tergiversations, ils se marient à Paris.

Elle fait venir sa famille dans la capitale française puis part en tournée tout de suite après le mariage. A cette occasion, elle rencontre Jean Sobieski lors d'une escale à Cannes. Elle tombe amoureuse de lui. Un bras de fer va alors commencer entre elle et Lucien Morisse. Malgré sa dette artistique envers lui, elle désire retrouver sa liberté, ce qui est difficile à accepter pour le nouveau marié. Il finira par s'y faire. Malgré sa nouvelle passion, Dalida n'oublie pas sa carrière. La vague yéyé débarque en France. En décembre 61, elle passe à l'Olympia pour la première fois en vedette. La première partie s'appelle Richard Anthony. Les jeux sont loin d'être faits car Dalida ne fait plus office de jeune première dans le monde du showbiz. C'est pourtant un triomphe. Cela réconforte la chanteuse et ses fans. Elle se produit durant un mois dans la salle qui accueille plus de deux mille spectateurs par soir. Puis elle part en tournée, notamment à Hong Kong et au Vietnam, où elle est une véritable idole.

L'été 62, Dalida chante "Petit Gonzalez" et obtient à nouveau le succès qui la suit depuis longtemps. Elle touche avec cette chanson gaie et rapide un public plus jeune. A cette époque, elle achète sa fameuse maison de Montmartre. La maison qui ressemble au château de la Belle au Bois dormant est en fait perchée sur un des quartiers les plus célèbres de Paris. Elle y demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Après le divorce avec Lucien Morisse, son emménagement dans sa nouvelle maison, Dalida finit par rompre avec Jean Sobieski. Elle prend un peu de recul. Elle se métamorphose, devient plus sophistiquée et continue son travail d'autodidacte en lisant toujours plus. En août 64, elle achève sa transformation en devenant blonde. Le changement de couleur peut paraître anodin, pourtant il reflète un changement psychologique.

Le 3 septembre, elle reprend l'Olympia en toute confiance cette fois-ci. Elle est de fait, la chanteuse préférée des français, ayant survécu à la vague yéyé et toujours présente dans le milieu de la variété européenne. En 65, elle chante "La danse de Zorba" sur la musique de Théodorakis qui composa la bande originale du film "Zorba le Grec". Nouveau succès. Mais elle rêve de mariage et aucun prétendant ne se profile à l'horizon. La chanson lui prend tout son temps, entre galas et enregistrement de disques. Fin 66, son jeune frère Bruno, venu la rejoindre depuis quelques années à Paris, et qui pour les besoins de sa carrière a pris le nom de son frère aîné, Orlando, prend en main la carrière de sa soeur. Rosy, leur cousine est devenue la secrétaire de la chanteuse. Tout se passe en famille.

En octobre 66, la maison de disques italienne RCA lui présente un jeune auteur-compositeur plein de talent Luigi Tenco. Ce jeune homme fougueux et contestataire fait forte impression à Dalida. Pour une nouvelle campagne italienne, le label décide de présenter la chanteuse au Festival de San Remo. Luigi se charge d'écrire la chanson. De nombreuses rencontres ont lieu entre les deux artistes. Une réelle passion naît entre eux. Ils décident de se présenter à San Remo tous les deux pour, en fait, la même chanson lors du gala du Festival en janvier 67 : "Ciao Amore". La pression est forte car Dalida est une star en Italie et Luigi Tenco un jeune débutant. A cette occasion, ils annoncent à leur proche leur mariage prévu en avril. Malheureusement, la soirée tourne à la tragédie. Luigi Tenco, extrêmement angoissé, et sous l'effet de l'alcool et de tranquillisants, ne supporte pas que le prix échappe à l'un et à l'autre. Il fustige les membres du jury et dénonce la mainmise de l'argent sur le festival. Dégoûté et incompris, il se suicide dans la chambre de son hôtel. Dalida est anéantie. Quelques mois plus tard, désespérée, elle tente à son tour de se suicider à l'aide de barbituriques.

Cet épisode malheureux augure en fait, une nouvelle ère dans la carrière de Dalida. La voilà presque introvertie cherchant l'apaisement mais pourtant décidée à reprendre les choses en main. C'est le début de la période "Madone" en robe longue blanche. Durant l'été, plus ou moins rétablie, elle se produit pour quelques dates dans toute la France. La dévotion du public semble éternelle pour "Sainte Dalida", comme la surnomme la presse.

Le temps de "Bambino" est révolu. Elle lit maintenant beaucoup, s'intéresse à la philosophie, se passionne pour Freud et s'initie au yoga. L'élévation de l'âme est désormais sa seule raison de vivre. Mais sa carrière continue : elle retourne en Italie pour participer à une célèbre émission de télévision, et le 5 octobre, remonte sur la scène de l'Olympia. La renaissance passe par là et c'est une nouvelle fois un triomphe. Au printemps 68, elle repart en tournée à l'étranger. En Italie, elle reçoit le grand prix de la chanson, "Canzonissima".

Toujours à la recherche d'elle-même, Dalida entreprend plusieurs voyages en Inde pour suivre les enseignements d'un sage. En même temps, elle commence une analyse selon la méthode de Jung. Tout cela semble l'éloigner de la chanson qu'elle n'oublie pourtant pas. En août 70, au cours d'une tournée avec Jacques Dutronc, elle retrouve le succès populaire avec "Darladiladada". A l'automne, elle rencontre Léo Ferré lors d'une émission de télévision. Dès son retour à Paris, elle enregistre "Avec le temps" qu'elle tend à populariser. Elle ne veut plus chanter que des chansons qui ont à ses yeux un intérêt, et une dimension poétique. Bruno Coquatrix, patron de l'Olympia ne croit pas dans ce nouveau répertoire. Devant son hésitation à lui trouver une date, Dalida décide de louer elle-même la salle, pendant trois semaines fin 71. Son pygmalion, Lucien Morisse n'est plus là pour la soutenir, il s'est en effet suicidé en septembre 70. Dalida doute énormément en entrant sur scène. Mais le succès est total, une fois de plus.

Elle semble à partir de 1972, avoir acquis une certaine sérénité. Son entourage et ses fans peuvent le constater. Elle enregistre avec son ami de toujours, Alain Delon le fameux duo "Parole Parole" (adaptation d'une chanson italienne), qui sort début 73. Cela devient en quelques semaines, le n°1 des hit-parades de France et du Japon, où l'acteur est une star. Le début des années 70 constitue une période faste professionnellement. Elle semble en cela, être aidée par son nouveau compagnon, chevalier servant à la personnalité un peu floue, mais très dévoué à la chanteuse. Richard Chanfray, qui se fait appeler le Comte Sain-Germain est sans doute un peu mythomane mais elle l'accepte tel qu'il est. Il lui redonne le goût de vivre. Elle entre maintenant dans la phase "star hollywoodienne" où sa féminité est mise en avant. Richard Chanfray est pour quelque chose dans le fait que la spiritualité tellement recherchée durant une certaine époque, soit quelque peu mise de côté.

Pascal Sevran, jeune auteur de chansons, lui propose en 73 une chanson qu'elle accepte avec réticence. A la fin de l'année, elle enregistre "Il venait d'avoir 18 ans". Le titre devient n°1 dans neuf pays dont l'Allemagne, où elle vend 3,5 millions d'exemplaires. Le 15 janvier 74, elle remonte sur la scène de l'Olympia et présente à la fin du tour de chant une nouvelle chanson "Gigi l'Amoroso". Elle dure 7mn30, est à la fois chantée et parlée et contient de nombreux choeurs. Ce titre reste le plus grand succès mondial de Dalida, numéro un dans douze pays

Elle part ensuite pour une grande tournée au Japon. Fin 74, elle part pour le Québec. Quelques mois plus tard, elle y retourne, avant d'aller en Allemagne. En février 75, elle reçoit le prix de l'Académie du disque français. Elle enregistre ensuite une reprise de Rina Ketty qu'elle écoutait déjà en Egypte en 38 "J'attendrai". Nouveau grand succès. Dalida sort l'année suivante, un album entier de reprise comme "La vie en rose". Ce répertoire convient bien à la chanteuse qui redonne de nouvelles couleurs à ces titres typiquement français.

Les années 70 voient le développement des émissions de télévision consacrées à la variété. Elle en profite largement car elle y est souvent invitée aussi bien en France qu'à l'étranger. Elle entretient ainsi à moindre frais, sa popularité. Dans les pays arabes, Dalida est fortement appréciée. On la sait originaire du Caire en Egypte. Cela renforce les liens que le public peut entretenir avec elle. Son retour dans les années 70, en Egypte et ses voyages au Liban, lui donne l'idée de chanter en arabe. Elle reprend en 78, une chanson du folklore égyptien "Salma Ya Salama". Le lancement se fait en France et au Moyen-Orient. Le succès est vertigineux. Elle l'enregistre finalement en sept langues.

La même année, Dalida change de maison de disques : de Sonopress, elle passe chez Carrère. Le passage se fait avec succès car elle enregistre à ce moment-là "Génération 78", sorte de medley à la sauce disco, très en vogue à cette période. La chanteuse n'abandonne pas la partie, elle est toujours présente dans ce métier si exigeant et montre une certaine ténacité à vouloir rester une star. Les américains adorent ce genre d'artiste, si glamour et professionnelle en même temps. Ils la contactent pour un show à New York. C'est ainsi que le 29 novembre 78, elle monte sur la scène du Carnegie Hall. La salle est déchaînée. Dalida inaugure une nouvelle chanson que le public adore immédiatement "Lambeth Walk", sorte de rengaine des années 20. La presse locale l'encense. Dalida savoure son succès américain.

De retour en France, elle continue sa carrière discographique. Durant l'été 79, son nouveau tube s'appelle "Monday Thuesday". Dalida surfe sur la vague disco avec aisance, s'accaparant une fois de plus une mode qui n'est pas vraiment de sa génération. En juin, elle retourne en Egypte pour chanter. C'est la première fois qu'elle va chanter en égyptien. Elle a d'ailleurs sorti un second titre en arabe "Helwa Ya Baladi" qui eut le même succès que le précédent. Son voyage est très attendu, le public est présent et Anouar El Sadate, le président égyptien reçoit la chanteuse à cette occasion. Elle est très impressionnée. Elle part ensuite pour une tournée dans les Emirats puis rentre en France.

Le début des années 80 démarre par un feu d'artifice. Dalida, alors au faîte de sa gloire, se produit au Palais des Sports à Paris du 5 au 20 janvier 80 pour un show à l'américaine, avec douze changements de costumes en strass et plumes. La star est entourée de onze danseurs et de treize musiciens. Une véritable chorégraphie comme à Broadway, a été imaginée pour ce spectacle grandiose de plus de deux heures. Les dix-huit représentations font salle comble. Elle part ensuite pour une tournée triomphale jusqu'à l'automne.

Après sa rupture douloureuse avec le Comte Saint-Germain, Dalida comme toujours, se lance dans un travail acharné pour oublier sa vie privée chaotique, où elle finit toujours par se retrouver seule. Elle représente le spectacle du Palais des Sports à l'Olympia en mars 81. Pour la première, on lui remet un disque de diamant pour 80 millions de disques vendus dans le monde, cinquante-cinq disques d'or interprétés en sept langues et l'ensemble de sa carrière. Puis infatigable et professionnelle, elle repart en tournée.

Les deux années qui suivent sont marquées par sa prise de position en faveur du nouveau président de la République française, François Mitterrand. Son engagement plus amical que politique lui vaut des critiques qui la desservent professionnellement. Une campagne de presse est même déclenchée et début 82, elle décide de prendre du recul. Elle part durant un an environ pour un long tour du monde. En avril 83, elle revient et enregistre un nouvel album sur lequel on trouve des chansons comme "Mourir sur scène" et "Lucas". La cabale contre elle est terminée et pourtant elle se sent trahie par ce pays d'adoption qui l'a vu s'épanouir. Le 20 juillet de la même année, un nouveau coup va déstabiliser la chanteuse. Richard Chanfray se suicide à Saint-Tropez dans le sud de la France. Dalida est très affectée par la mort de son ancien compagnon, son enthousiasme professionnel en est altéré. Son entourage remarque sa baisse de tonus. Elle a des trous de mémoire et perd confiance en elle.

En 84, elle repart tout de même en tournée, réclamée par ses fans qui considèrent qu'elle se fait trop rare. Puis elle va en Arabie Saoudite pour une série de récitals. En 85, elle subit deux opérations ophtalmiques qui lui rappellent de très mauvais souvenirs. En 86, sa carrière prend un tournant assez inattendu : bien qu'elle ait déjà joué au cinéma, aucun grand rôle ne lui a été proposé jusqu'au jour où Youssef Chahine, grand metteur en scène égyptien décide que Dalida sera l'interprète de son nouveau film, adaptation d'un roman de l'écrivain Andrée Chédid, le "Sixième jour". Elle joue le rôle d'une jeune grand- mère. Le tournage est difficile mais toujours aussi "pro", Dalida est très assidue. Cela lui tient à cour. D'ailleurs, sa carrière de chanteuse commence à la lasser. Le besoin de chanter a presque disparu. Les critiques de cinéma saluent à la sortie du film, la naissance d'une grande actrice dramatique. Cela conforte Dalida dans l'idée que les choses peuvent et doivent changer.

Dans sa vie privée, pourtant, rien ne change vraiment. Elle a en effet, une liaison secrète avec un médecin, qui se finit assez mal. Dépressive, Dalida a du mal à remonter la pente. Elle ne supporte plus la souffrance morale et met fin à ses jours le 3 mai 87. Véritable chanteuse populaire, celle qui déclarait "le public a pour moi le visage de l'amour", et que les drames intimes ont fini par détruire, a laissé une image de diva que personne ne peut contester. Aujourd'hui, une place à Montmartre, quartier qu'elle aimait tant, porte son nom.

 

Source de la biographie : jesuismort.com

 

Stéphane De Bona



mercredi 25 avril 2007, a 15:20
Un débat litigieux

  Débat : Une relation amicale est-elle possible entre l’Eglise Catholique et la Franc Maçonnerie?

 

Brève présentation de la Franc Maçonnerie

 

La Franc-maçonnerie se décrit comme un Ordre initiatique qui prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l'aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l'Humanité. La bienfaisance est l'un de ses moyens d'action. Sa vocation se veut universelle, bien que ses pratiques et ses modes d'organisation soient extrêmement variables selon les pays et les époques[4]. Elle réunit, dans de nombreux pays répartis sur toute la surface du globe, des personnes qui se sont données pour but de travailler à leur amélioration spirituelle et morale.

Souvent décrite comme un système particulier de morale illustré par des symboles, elle se présente elle-même comme un outil fraternel de formation, avec une méthode particulière permettant à ses membres d'entraîner leurs capacités d'écoute, de réflexion et de dialogue, afin qu'eux-mêmes transmettent ces valeurs à leur entourage.

Apparue en 1717 à Londres, la franc-maçonnerie dite spéculative s'inspire de la maçonnerie dite opérative formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales, ainsi que des pratiques maçonniques apparues en Écosse puis en Angleterre au cours du XVII siècle.

Elle s'est structurée au fil des siècles autour d'un grand nombre de rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d'une multitude d'obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.

 

L’Eglise Catholique contre la Franc Maçonnerie

 

Ces deux visions du monde s’opposent vraisemblablement pour diverses raisons, mais plus sûrement pour des questions de pouvoir qui ont été exacerbées au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Pourtant, ces deux doctrines sont proches en ce qui concerne leur but ultime. La religion catholique veut être, comme son nom l’indique, l’élément universel qui rassemble l’humanité autour d’un seul Dieu en établissant une communion entre les hommes. La Franc Maçonnerie, quant à elle, désire rassembler des individus épars pour créer une humanité universelle et fraternelle. On peut dire que ce qui les sépare fondamentalement est que le catholicisme croit en un Dieu révélé et que l’humanité est un objet fini qui doit simplement suivre le chemin empreinté par le Christ pour s’améliorer. La Franc Maçonnerie estime, elle, que l’humain est un être perfectible qui doit faire des efforts constants pour atteindre la perfection. Ses membres ne sont nullement obligés de croire ou de ne pas croire en Dieu ; ils sont avant tout des humanistes attirés par le déisme et leur seule obligation est de rendre la société plus tolérante. Les Francs Maçons pensent que l’homme est avant tout un être libre, contrairement aux Catholiques qui estiment que la liberté de l’homme est essentiellement due au libre arbitre que Dieu lui a laissé. La Franc Maçonnerie est avant tout une association d’humains qui croient aux idées de la République. Ils sont persuadés que la morale peut être évolutive selon les époques et les valeurs républicaines en vigueur. Pour les catholiques, la morale est  immuable et ne répond qu’à la loi dictée par Dieu. Pour moi, ces deux conceptions du monde sont plutôt complémentaires qu’opposées. Elles proposent toutes deux de faire vivre l’ensemble de l’humanité en harmonie en pratiquant une politique semblable de « la main tendue » (aide et partage). Qu’en pensez-vous ? Je souhaiterai ouvrir un débat sur ce blog entre les prêtres, les citoyens catholiques et les Francs Maçons qui pourront rester anonymes s’ils le souhaitent. C’est maintenant à vous de faire vivre ce débat.

 

 

CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

 

DÉCLARATION SUR L’INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’APPARTENANCE À L’ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE

 

On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.

Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.

Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l’épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).

 

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.

 

A Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983.

 

Joseph, card. RATZINGER
Préfet

+ Fr. Jérôme Hamer, O.P.
Secrétaire

 

Stéphane De Bona



vendredi 20 avril 2007, a 19:18
Nouvelle rencontre et fonder une famille

   

Je suis heureux que mes projets aboutissent peu à peu les uns après les autres, depuis quelques mois. Il en reste pourtant un que je ne pourrais pas accomplir seul, je rêve depuis toujours de « fonder une famille ». Malheureusement, je n’ai toujours pas trouvé l’élue de mon cœur (même si je l’ai cru un instant) pour réaliser mon vœu. C’est pourquoi, je vais essayer ici, de dresser le portrait approximatif de cette femme idéale.

 

·        Elle devra avoir entre 21 ans et 35 ans

·        Désirer 3 enfants ou plus (elle peut déjà en avoir)

·        Être célibataire ou séparée

·        Vouloir vivre en couple et/ou se marier

·        Être très cultivée ou souhaitée le devenir

·        Aimer les sorties ou les soirées entre amis.

·        Apprécier les plaisirs de la table et de la chaire, et oui jeu de mots ou maux (plaisir amoureux)

·        Aimer la découverte d’autres pays et cultures

·        Être ouverte au débat d’idées

·        Savoir partager les bons comme les mauvais moments de notre vie

·        Savoir nager (j’aimerais reprendre la natation en bonne compagnie)

·        Aimer les animaux et la campagne

·        Vouloir une maison dans un village (j’ai un appartement en ville)

·        Enfin le physique, il importe peu (j’ai tout de même une petite préférence pour les brunes. Vous pouvez être handicapée ou valide.

 

Si vous correspondez un peu ou même beaucoup à ce portrait, envoyez-moi un mail avec photo à stepharoulette@hotmail.com       

lundi 09 avril 2007, a 21:15
Ovidie : La scandaleuse

  La philosophie et l’art pornographique

 

Ovidie, née le 25 août 1980, est une actrice (entre autres de films pornographiques de 1999 à 2002), réalisatrice, écrivain, productrice française. Elle démontre par ses engagement divers que l’on peut à la fois une intellectuelle (elle est titulaire d’une licence de philosophie) et ne pas négliger les plaisirs du corps. Son univers est très gotique, parfois même un peu macabre, mais toujours très esthétique. Elle désire faire du porno un art. Ovidie met des mots sur un métier que la société considère comme dégradant et humiliant pour les femmes. Pourtant la liberté de pouvoir disposer de son propre corps et de jouir sans entrave reproche l’acte sexuel de l’œuvre d’art. Le plaisir du rapport amoureux fait connaître à l’être humain un instant d’extase (la petite mort), moment sublime qui l’unit à dieu, chose que l’artiste essai de reproduire lorsqu’il façonne son œuvre. La sexualité est une chose belle en soi, que l’homme et la religion ont pervertis en faisant de la femme un objet et en y ajoutant la notion du péché. Lorsque faire l’amour est librement consenti par les partenaires, cet acte est l’un des moments de partage et de paix, le plus intense que peut connaître l’ensemble de l’humanité sur terre. La découverte de l’amour et de la relation amoureuse est l’un des meilleurs temps de la vie. Il est proche du sentiment d’harmonie que l’on éprouve lorsque nous regardons une œuvre d’art. C’est certainement que Ovidie, philosophe et pornographe souhaite retranscrire dans ses livres et ses films.                 

 

Biographie

 

Hardeuse et fière de l’être, Ovidie a choisi sa carrière. Elle n’a pas connu la misère financière ou affective et elle ne se considère pas comme une “nymphomane furieuse”. Elle est contre l’idée que le porno pervertit les mœurs et souille les âmes : elle utilise d'ailleurs sa voix pour faire entendre que le porno est un moyen d’avoir “une image positive et forte de son propre corps et de son propre sexe.” C’est pour ces raisons qu’elle est considérée comme “l’intello du X” - mais aussi parce qu'elle a fait des études de philosophie.

Elle est l’une des rares actrices à refuser certaines pratiques et à imposer le port du préservatif sur les tournages. A côté de sa carrière d’actrice pornographique, elle est l'auteure du livre Porno Manifesto, qui dénonce les idées reçues sur le monde du cinéma pornographique, ainsi que certaines dérives du mouvement féministe. On lui doit aussi Osez tourner votre film X et Osez découvrir votre point G aux éditions la Musardine, ainsi que In Sex We Trust et Films X : y jouer ou y être?

Elle milite par ailleurs pour diverses causes, parmi lesquelles le SCALP (libertaire) ou l'interdiction de la fourrure. Elle est végétalienne et straight edge (pas de drogues, pas d'alcool, pas de sexe sans relation durable). Elle demande également la création d’un statut unique pour les travailleuses du sexe.

Elle remporte diverses récompenses (Hots d’or, Awards...) en tant qu’actrice et réalisatrice (Lilith, porno féministe). Du porno, maintenant qu'elle a presque arrêté, elle garde plutôt de bons souvenirs : les regards des gens l'auront plus dérangée que la pratique du métier.

En 2006, elle réalise son premier film documentaire non pornographique : "Qui a peur du grand méchant loup? Enquête sur les désirs politiquement incorrects". Le sujet?

« Nos fantasmes sont-ils toujours politiquement corrects ? Correspondent-ils nécessairement à nos opinions éthiques ou morales ? Peut-on à la fois être anti-militariste et focaliser son désir sur les uniformes ? Peut-on être libertaire et être sexuellement fasciné par l'ordre et l'autorité ? » Plus intello que jamais, Ovidie compte bien poursuivre dans cette voie.

 

Le statut des prostituées

 

Le 13 avril 1946, la loi Marthe Richard, du nom de la conseillère municipale de Paris qui l'a élaborée, est votée par le gouvernement provisoire. Elle impose la fermeture des maisons closes en France. 20 000 femmes environ sont concernées par cette loi et près d'un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes. Depuis cette période « les filles de joie » n’ont plus aucun statut social. Plusieurs gouvernements de droite comme de gauche durcissent la législation voulant par ce moyen faire disparaître la prostitution. Je peux dire aujourd’hui, que c’est un vœu pieux ! Nous ne pourrons jamais éradiquer le plus vieux métier du monde. Nous devrions plutôt rendre leur dignité aux péripatéticiennes en répondant rapidement à ces attentes.  

 

Nous exigeons :

 

- la reconnaissance de notre profession et la création d’un statut.
- l’ouverture de droits sociaux tels que la sécurité sociale, la retraite et le chômage...
- l’abrogation de l’article L50 de la loi sur la sécurité intérieure qui nous clandestinise et dégrade nos conditions de travail.
- le retrait de projet de loi du parti socialiste visant à pénaliser nos clients.
- une révision des lois sur le proxénétisme qui ne doivent plus empêcher les travailleuses du sexe de vivre en famille, de circuler librement pour les étrangères ou de louer un studio pour travailler, mais qui permette de combattre les violences, et l'extorsion de nos revenus.
- l’abrogation des ordonnances de 1960 faisant des travailleuses du sexe des inadaptées sociales
- la régularisation immédiate de toute les sans-papiers
- l’inscription de la putophobie dans la lutte contre les discriminations.
- le droit au changement d’état civil pour les transsexuels selon leur genre revendiqué.
- que les forces de l’ordre assurent notre sécurité et non l’inverse.

 

En conclusion, j’estime qu’en redonnant à ces travailleurs et travailleuses du sexe le droit de vivre dignement, l’image de nos gouvernants n’en sortirait que grandie. 

 

Stéphane De Bona



samedi 07 avril 2007, a 12:13
Electron Livre

   

Après 11 mois d’existence, votre blog favori va changer de titre. Pourquoi ce changement ? Tout d’abord, pour affirmer son identité et lui donner un aspect plus journalistique. En effet, son titre précédent ne reflétait que son contenu et ne définissait aucunement sa ligne directrice. Son nouveau titre « Electron Livre » veut définir plus précisément son état d’esprit. Depuis que vous fréquentez ces pages, vous avez peut-être remarqué que je ne m’interdis aucun sujet touchant de près ou de loin à l’actualité et que son ton est parfois politiquement incorrect, tant il essaie de rassembler des idées parfois opposées que nos politiques ou intellectuels du moment trouvent inconciliables. Pourtant, le débat d’idées et la controverse produisent souvent de nouveaux paradigmes (nouvelles idées qui produisent une vision du monde) à même de nous sortir de situations difficiles, mais encore faut-il les accepter !

 

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

 

L’électron est une partie de l’atome. Le mouvement d'un électron produit un courant électrique, associé à un champ magnétique. Ceci est à la base de toute l'électricité  et à de nombreux phénomènes optiques. Un « jet d'électrons » dans le vide est utilisé dans les tubes cathodiques (téléviseurs). Par ailleurs, la décélération d'un électron provoque l'émission d'un photon, qui peut être, selon l'énergie cinétique mise en œuvre, de la lumière ou des rayons X .

 Le mouvement d’un électron est, pour moi, synonyme de liberté. D’ailleurs, lorsqu’il n’est pas associé à une particule chargée positivement, on parle alors d’électron libre. Sa production d’énergie nous éclaire et nous aide à ne pas sombrer dans l’obscurantisme. J’y ai associé le livre, objet de savoir et de transmission. Sans les connaissances de la culture classique transmise par l’imprimerie, l’humanité n’aurait pas connu une telle évolution. Nous serions restés dans l’ignorance qui véhicule tous les fantasmes et rendent crédibles les idées fausses. Le savoir écrit dans les livres est donc également une source intarissable qui garantit notre liberté. J’en ai pour preuve que la première mesure d’un régime totalitaire est de détruire les livres par l’autodafé et de contrôler l’information. Voilà pourquoi j’ai choisi d’accoler ces deux termes empêcheurs de tourner en rond. Ils nous aident à lutter contre les différentes formes de fanatisme que nous connaissons en ces temps néo-réactionnaires.

 

Stéphane De Bona   

jeudi 05 avril 2007, a 20:29
Rencontre avec Michel SERRES

  Michel SERRES est un philosophe reconnu, le dernier survivant de sa génération, ayant connu des grands noms comme Jacques DERRIDA, Gilles DELEUZE, Jean-Paul SARTRE, etc… Il siège depuis 1990 à l’académie française au fauteuil 18. Il est à la fois philosophe, historien des sciences, marin et rugbyman. Il a vécu toute sa jeunesse dans le Sud-Ouest et se définit comme un citoyen du monde.

Lors d’un grand entretien au journal « l’Humanité » du 21 Avril 2004, il revient sur son parcours de vie et philosophique. Comme de nombreux personnages connus de sa génération, il fait un retour sur ce qui a marqué sa jeunesse, c'est-à-dire la seconde guerre mondiale et plus précisément les explosions des deux bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Ces événements successifs l’ont amené à remettre en question le cheminement intellectuel que la science avait du parcourir pour arriver à une telle aberration qui aboutit à une destruction partielle d’une partie de l’humanité. Durant toute sa carrière, il a tenté de mettre en lumière les fondements éthiques de la science à travers sa pensée philosophique en n’oubliant pas de voyager sur les mers et les continents en digne fils de marinier, ce qui lui a permis de connaître les hommes des quatre coins du monde et d’enseigner les fondements de sa discipline.

 

Le critique de ses contemporains

 

Pour Michel SERRES, la philosophie ne peut être enseignée sans la connaissance des différentes disciplines scientifiques. En effet, il ne cesse de rappeler que les plus grands philosophes de l’Antiquité, comme ceux des siècles suivants, ont été avant tout de bons scientifiques. Aristote, en son temps, a été un excellent biologiste ; Descartes et Leibniz, des bons mathématiciens et physiciens et enfin ; Marx, un formidable sociologue et économiste. Il regrette que la philosophie et les sciences soient enseignées à l’université comme des disciplines n’ayant aucun lien entre elles, ce qui fait que nos chercheurs en science n’ont tôt ou tard plus aucun sens éthique et moral. Il est pourtant conscient qu’une synthèse de ces deux pôles de connaissance est difficile à réaliser, tant les savoirs ont évolué depuis l’Antiquité. L’appauvrissement culturel de nos sociétés ne peut mener l’humanité qu’à un appauvrissement matériel généré par la mondialisation amenant les peuples à s’affronter pour garder leur indépendance économique et financière face au reste du monde.

Quant à un traité de philosophie morale et politique, Michel SERRES s’estime encore un peu jeune pour cela. Pour lui, les questions politiques exigent une refonte totale de nos sociétés, tant les écarts entre les élites et la population se creusent. La solution serait qu’un grand penseur politique du XXIème siècle voit le jour pour repenser les articulations entre les uns et les autres.

 

De toutes les rencontres que j’ai pu faire sur le Salon du Livre 2007, celle avec Michel SERRES m’a particulièrement impressionné et, malheureusement je n’ai pas pu débattre avec lui pour confronter nos visions du monde, tant mon émotion était grande. La poignée de main qu’il m’a adressé à la fin de notre entrevue restera sans doute l’un des plus grands moments de ma vie. J’espère un jour, avoir sa sagesse et sa clairvoyance en ce qui concerne le destin de l’humanité. J’en suis encore loin !

 

Stéphane De Bona    

 

Chez FOG : Michel Serres face à Nicolas Sarkozy



lundi 02 avril 2007, a 19:34
Les formes diverses de la démocratie.

  1. Cette multiplicité d'espèces dans la démocratie et l'oligarchie est une conséquence évidente des raisonnements qui précèdent, puisque nous avons reconnu que la classe inférieure a bien des nuances, et que ce qu'on appelle la classe distinguée n'en a pas moins. Dans la classe inférieure, on peut reconnaître les laboureurs, les artisans, les commerçants, qu'ils vendent ou qu'ils achètent; les gens de mer, qu'ils soient militaires ou spéculateurs, caboteurs ou pêcheurs. Souvent ces professions diverses renferment une foule d'individus. Byzance et Tarente sont peuplées de pêcheurs; Athènes, de matelots; Égine et Chios, de négociants ; Ténédos, de caboteurs. On peut encore comprendre dans la classe inférieure les manoeuvres, les gens de fortune trop médiocre pour vivre sans travailler, ceux qui ne sont citoyens et libres que de père ou de mère seulement, et enfin tous les hommes dont les moyens d'existence se rapprochent de ceux que nous venons d'énumérer. Dans la classe élevée, les distinctions se fondent sur la fortune, la noblesse, le mérite, les lumières et sur d'autres avantages analogues.  

 

 2. La première espèce de démocratie est caractérisée par l'égalité; et l'égalité, fondée par la loi dans cette démocratie, signifie que les pauvres n'auront pas de droits plus étendus que les riches, que ni les uns ni les autres ne seront exclusivement souverains, mais qu'ils le seront dans une proportion pareille. Si donc la liberté et l'égalité sont, comme parfois on l'assure, les deux bases fondamentales de la démocratie, plus cette égalité des droits politiques sera complète, plus la démocratie existera dans toute sa pureté ; car le peuple y étant le plus nombreux, et l'avis de la majorité y faisant loi, cette constitution est nécessairement une démocratie. Voilà donc une première espèce.

 

3. Après elle, en vient une autre où les fonctions publiques sont à la condition d'un cens qui d'ordinaire est fort modique. Les emplois y doivent être accessibles à tous ceux qui possèdent le cens fixé, et fermés à ceux qui ne le possèdent pas. Dans une troisième espèce de démocratie, tous les citoyens dont le titre n'est pas contesté, arrivent aux magistratures; mais la loi règne souverainement. Dans une autre, il suffit pour être magistrat d'être citoyen à un titre quelconque, la souveraineté restant encore à la loi. Une cinquième espèce admet d'ailleurs les mêmes conditions; mais on transporte la souveraineté à la multitude, qui remplace la loi.

 

4. C'est qu'alors ce sont les décrets populaires, et non plus la loi, qui décident. Ceci se fait, grâce à l'influence des démagogues. En effet, dans les démocraties où la loi gouverne, il n'y a point de démagogues; et les citoyens les plus respectés ont la direction des affaires. Les démagogues ne se montrent que là où la loi a perdu la souveraineté. Le peuple alors est un vrai monarque, unique mais composé par la majorité, qui règne, non point individuellement, mais en corps. Homère a blâmé la multiplicité des chefs; mais l'on ne saurait dire s'il prétendait parler, comme nous le faisons ici, d'un pouvoir exercé en masse, ou d'un pouvoir réparti entre plusieurs chefs qui l'exercent chacun en particulier. Dès que le peuple est monarque, il prétend agir en monarque, parce qu'il rejette le joug de la loi, et il se fait despote; aussi, les flatteurs sont-ils bientôt en honneur.

 

5. Cette démocratie est dans son genre ce que la tyrannie est à la royauté. De part et d'autre, mêmes vices, même oppression des bons citoyens : ici les décrets, là les ordres arbitraires. De plus, le démagogue et le flatteur, ont une ressemblance frappante. Tous deux ils ont un crédit sans bornes, l'un sur le tyran, l'autre sur le peuple ainsi corrompu.

 

6. Les démagogues, pour substituer la souveraineté des décrets à celle des lois, rapportent toutes les affaires au peuple; car leur propre puissance ne peut que gagner à la souveraineté du peuple, dont ils disposent eux-mêmes souverainement par la confiance qu'ils savent lui surprendre. D'un autre côté, tous ceux qui croient avoir à se plaindre des magistrats ne manquent pas d'en appeler au jugement exclusif du peuple; celui-ci accueille volontiers la requête, et tous les pouvoir légaux sont alors anéantis.

 

7. C'est là, on peut le dire avec raison, une déplorable démagogie. On peut lui reprocher de n'être plus réellement une constitution. Il n'y a de constitution qu'à la condition de la souveraineté des lois. Il faut que la loi décide des affaires générales, comme le magistrat décide des affaires particulières, dans les formes prescrites par la constitution. Si donc la démocratie est une des deux espèces principales de gouvernement, l'État où tout se fait à coups de décrets populaires, n'est pas même à vrai dire une démocratie, puisque les décrets ne peuvent jamais statuer d'une manière générale.

 

8. Voilà, du reste, ce que nous avions à dire sur les formes diverses de la démocratie.

 

Aristote

jeudi 29 mars 2007, a 18:59
Rencontre avec Barbara Cassin

  Un débat difficile

 

Lors du Salon du Livre 2007, j’ai pu rencontrer la philosophe et philologue Barbara CASSIN. Elle est directrice de recherche au CNRS et codirectrice de la collection « l’Ordre philosophique » au Seuil. Spécialiste de la pensée grecque et de la sophistique, elle a notamment dirigé le dictionnaire « Vocabulaire européen des philosophies » et vient de publier « Google-moi. La deuxième mission de l’Amérique » chez Albin Michel. On peut dire qu’elle est également une philosophe de la modernité, critique de son temps. Pour moi, c’est une grande figure de la philosophie contemporaine qui pourra être, plus tard, comparée à Hannah ARENDT. Elle devait être opposée, au cours d’un débat, à Daniel DARDAILLER (président de W3C : encyclopédie gratuite sur internet) sur le thème géopolitique d’internet : la question de la traduction. Malheureusement, la critique de son ouvrage a du se faire hors de sa présence. Barbara CASSIN ayant manqué son avion en provenance de Rome, l’animateur du débat, Léon WISZNIA, m’a proposé de participer à la conférence, persuadé de me connaître à travers un article de mon blog. J’ai alors refusé, considérant que je ne connaissait pas suffisamment le dernier ouvrage de Barbara CASSIN. J’ai tout de même fait deux interventions dans le public pour défendre la cause de l’auteur. L’un des plus forts reproches qui lui a été fait était qu’elle assimilait Georges Bush et l’entreprise Google à l’image de la puissance de l’Amérique dans le monde. Pour ses détracteurs, elle ne connaissait que partiellement ou nullement les Etats-Unis. J’ai alors répliqué en disant que ce qui préoccupait surtout Barbara CASSIN était un problème de rhétorique. En effet, le PDG de Google France a dit : « Notre mission est d’organiser toute l’information du monde », rappelant ainsi les propos de Georges Bush : « La mission universelle de l’Amérique est de lutter contre le mal, c’est le combat monumental du bien contre le mal ». Peu de temps après cette intervention, le président américain a défini ce qu’il appelle les pays de l’axe du mal, comprenant l’Irak et également l’Iran. La crise iranienne que nous vivons aujourd’hui n’est donc, pour moi, que la conséquence de ces propos. Je pense que Barbara CASSIN pourrait certainement me rejoindre sur ce terrain. J’ai également insisté sur l’avenir de l’Amérique et de l’Europe sans Georges Bush. Nous ne devons pas réduire le peuple américain à son président. Comme Barbara CASSIN, je suis pour le développement d’un moteur de recherche européen, mais en attendant : pourquoi ne pas développer et améliorer le modèle de celui des américains ? Alors que l’initiative d’un moteur européen était entrain de prendre corps, Quaero (comme Galileo face au GPS) a aujourd’hui du plomb dans l’aile en raison de l’absence de pouvoir politique organisé en Europe. Nous restons encore au stade du bricolage et de l’artisanat, qui n’est pas à même de faire face au développement continu des Etats-Unis. Après des programmes communs de développement industriel entre pays et régions, nous aurions du passer au stade supérieur, c'est-à-dire à une fédération d’états-nation pour imposer notre voix dans le monde face à celle de l’Amérique. Le chemin à parcourir reste encore long.

 

Une rencontre inoubliable

 

Le surlendemain, j’ai pu tout de même rencontrer Barbara CASSIN. Je lui ai dédicacé mon premier livre qui l’a fortement intéressé. Nos visions du monde sont, en effet, très proches. Elle m’a promis de me faire parvenir son prochain livre et m’a proposé de garder des contacts. C’est avec plaisir que j’entamerais certainement un dialogue philosophique avec cette femme de grande qualité. Cet épisode restera un des meilleurs moments vécu au Salon du Livre 2007. Il en existe encore bien d’autres que je vous narrerai prochainement. Merci également à vous, mes fidèles lecteurs, de continuer à soutenir mes écrits qui vont se multiplier dans l’avenir proche.

 

Stéphane De Bona    



jeudi 08 mars 2007, a 17:15
La Journée de la Femme

  

 

Merci, mesdames, d'adoucir le quotidien des hommes ! En ce jour particulier, je vais pourtant être politiquement incorrect. Que notre société est désespérante, car ce type de journée ne devrait pas exister. En raisonnant par l'absurde, cela voudrait dire que les hommes laissent une journée sur 365 de liberté à leur compagne. Ce type de raisonnement peut être appliqué à n'importe quelle journée qui concerne une inégalité ou une forme de discrimination. Pour éviter ce genre de manifestation, nous devrions donc repenser en profondeur notre mode d’existence en communauté. Cela appelle à une révolution de longue haleine des mentalités.

 

Stéphane De Bona

jeudi 01 mars 2007, a 20:43
Les politiques peuvent-ils changer la société ?

  


Oui, si…


Les politiques peuvent encore agir dans le domaine des institutions pour mettre en place des nouvelles structures destinées à aider leurs citoyens.

Ils sont également capables de réformer leurs administrations en cas de circonstances exceptionnelles (par exemple : au lendemain d’attaques terroristes ou de guerre lorsque les citoyens sont prêts à tout pour sortir d’une situation de chaos). Le général De Gaulle a constitué un gouvernement d’union nationale destiné à rebâtir la France au lendemain de la seconde guerre mondiale. Toutes les forces de droite comme de gauche étaient capables alors, de travailler ensemble dans le consensus. C’est en bénéficiant d’une crise du même ordre, après les attentats du 11 Septembre 2001 que Georges Bush a réussi à légitimer la guerre en Irak qui n’avait pourtant aucun lien avec le terrorisme international.

Et enfin, un troisième cas de figure : parmi les femmes et les hommes politiques, il peut y avoir l’émergence d’un leadership que nul force d’opposition mal structuré ne peut combattre. Ce fut le cas de Margaret Tacher en Angleterre en 1970. Elle a réussi à démanteler les structures de la fonction publique sans que la majorité du peuple britannique n’y trouve à redire. Seuls les cheminots ont résisté pendant plus d’un an à la réforme qu’elle préconisait. Elle n’a pourtant pas cédé, ce qui lui valut le surnom de « Dame de fer ». Elle parlait de sa politique en ces termes : « Si vous voulez des discours et que rien ne bouge, appelez les hommes au pouvoir. Si vous préférez l’action et que tout change, appelez les femmes ».

En situation politique normale, les élus ont 100 jours pour appliquer un maximum de réformes institutionnelles et de nouvelles lois. C’est ce qu’ont appelle « l’état de grâce ». Pendant cette période, le peuple n’est pas rétif aux bouleversements de ses habitudes.


Non, car…


Aujourd’hui, les forces politiques nationales ne peuvent agir qu’à la marge des structures institutionnelles. Lorsqu’un plan est mis en place par un gouvernement précédent, le financement est voté ou comptabilisé pour un minimum de 3 ans pour pouvoir donner ses effets. C’est, par conséquent, avec une marge de manœuvre étroite qu’une nouvelle équipe gouvernementale peut agir (95% des budgets sont déjà attribués). C’est seulement grâce au temps que celle-ci pourra se constituer de nouvelles possibilités d’action.

Les politiques, lorsqu’ils arrivent au pouvoir, sont liés par des traités et institutions internationales qu’ils ne peuvent pas supplanter sous peine de sanctions envers leur pays. C’est en créant des structures supranationales qu’il est possible d’imposer une nouvelle vision du monde au reste de la planète. Sans cet artifice, les pays et leurs gouvernants sont pieds et poings liés.

Enfin, nous ne sommes plus dans un temps où les gouvernements donnent leurs instructions aux grandes entreprises. Les marchés financiers étant mondialisés, ce sont les intérêts économiques de chaque grande entreprise qui dictent les grandes tendances de consommation d’un pays. Les politiques ne pourront dorénavant agir que sur la création et le développement des très petites entreprises. Ils aideront, par ce biais, les entrepreneurs à créer une pépinière pour sauvegarder les entreprises de demain. La seule manière de réguler les flux financiers des grandes entreprises et garantir une croissance éthique durable serait de favoriser l’actionnariat populaire. Mais, pour cela, nous devrions éduquer les citoyens au mécanisme boursier dès leur plus jeune âge.


Stéphane De Bona

samedi 10 février 2007, a 17:10
La Môme

   

 

 

PIAF, LA POPULAIRE

 

Ce film retrace la vie mouvementée et tragique d’Edith Piaf. Son enfance miséreuse et sa vie pleine de rebondissements peuvent attirer toutes les générations confondues. Le film montre que toute personne ne doit pas oublier d’où elle vient. Notre passage sur cette terre n’est qu’éphémère et ce qui fait la grandeur de l’homme est ce qu’il laisse à la postérité, généralement issu de sa grandeur d’âme. Voici en quelques lignes le résumé d’un film à ne pas manquer. Vous vivrez une séance cinématographique pleine d’émotion et d’humanité.

Jusqu’à sa mort, Edith Piaf a fait preuve de courage et de volonté. Elle ne vivait que pour la chanson pour laquelle elle a fait des sacrifices qui ont accéléré son usure et sa déchéance. Quel bel exemple d’acharnement pour exercer sa passion jusqu’au bout de ses forces. Elle donne, à sa façon, un exemple à suivre pour les jeunes. Quant aux parents et grands-parents, ils verront revivre à travers ce film, le vieux Paris et l’ambiance euphorique des années d’après guerre.   

 

Edith n'est qu'une enfant quand sa mère l'abandonne pour aller tenter sa chance comme chanteuse. Recueillie par sa grand-mère paternelle, l'enfant grandit dans un bordel. Une guérison miraculeuse, qu'elle attribue à ses prières ferventes à Sainte Thérèse, lui évite la cécité. Puis elle reprend la route avec son père et commence à chanter vers dix ans. Adolescente, elle est repérée par Louis Leplée qui lance sa carrière. Soupçonnée de complicité de meurtre, Edith repart de zéro, mais le destin veille et sa carrière décolle pour de bon. Des triomphes internationaux à sa passion pour Marcel Cerdant, de sa cure de désintoxication jusqu'à sa mort à 47 ans, le destin de la Môme ne cesse de bouleverser.

 

PIAF ETERNELLE

 

LA MÔME s'ouvre en Amérique, en 1959, Edith Piaf a un malaise durant son tour de chant. L'évocation des souvenirs peut commencer... Olivier Dahan a choisi une construction éclatée pour évoquer la vie de la chanteuse, mélangeant à loisir les époques. Ce qui peut sembler un peu agaçant au premier chef, mais, insensiblement, plonge le spectateur dans une sorte d'état étrange : les bribes impressionnistes formant au final un tableau cohérent. LA MOME dresse le portrait intime d'une héroïne tragique. Volontiers tyrannique, irascible, Piaf se montre aussi amoureuse passionnée, elle la femme complexe et bouleversante. Marion Cotillard embrasse ce rôle avec un brio extrême. Elle est tout simplement parfaite. Difficile de résister aux scènes où elle incarne une Piaf mourante, se délestant d'un ultime et terrible secret. De plus le réalisateur évite le piège de l'illustration par les chansons, préférant en jouer dès le début du film. Certains airs sont tellement connus que les entendre provoque un réflexe pavlovien, sentiment plutôt agréable d'autant que chaque chanson est judicieusement employée. Un grand et luxueux film populaire sur un mythe national et une icône internationale.

 

Stéphane De Bona



mercredi 07 février 2007, a 12:04
La Presse en justice

 

PARIS (Reuters) - Le procès engagé par des organisations musulmanes contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo pour avoir publié en 2006 trois dessins représentant le prophète Mahomet s'est ouvert à Paris en l'absence des plaignants.

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Grande mosquée de Paris et la Ligue islamique mondiale poursuivent l'hebdomadaire satirique pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion", incrimination qui vise la société d'édition et son directeur de publication Philippe Val.

Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), ne s'est pas rendu au tribunal où il s'est fait représenter par son avocat Me Francis Szpiner. Les deux autres organisations étaient également représentées par leurs avocats.

L'avocat de Charlie Hebdo, Me Georges Kiejman, a qualifié ces absences de "dérobade".

Se présentant en porte-drapeau de la liberté d'expression, le périodique avait repris en février 2006 certaines des caricatures de Mahomet publiées initialement en septembre 2005 dans le journal danois Jyllands-Posten.

Il s'agissait du point de vue de Charlie Hebdo de répliquer à la vague de manifestations violentes et au boycott des produits industriels danois provoqués dans le monde musulman par des religieux qui jugeaient les dessins danois blasphématoires ou racistes.

"VOILER CHARLIE !"

Philippe Val, le directeur de la publication de Charlie Hebdo, est en théorie passible de six mois de prison et de 22.500 euros d'amende, mais en cas de culpabilité, la jurisprudence limite en général les peines à des amendes.

L'initiative de Charlie Hebdo avait suscité une critique du président Chirac qui avait condamné une "provocation manifeste" susceptible à ses yeux "d'attiser dangereusement les passions".

La rédaction du magazine satirique a fusionné avec celle du quotidien Libération pour une édition commune mercredi, avec de nombreux dessins sur les intégristes, dans le but affiché de défendre la liberté d'expression.

La "une" de Charlie montre un prêtre catholique, un rabbin et un imam clamant ensemble : "il faut voiler Charlie !" Celle de Libération montre un imam barbu s'attaquant à la hache à un crayon.

Dans un éditorial, le directeur de Libération s'en prend au président de la République, qui avait en son temps condamné l'initiative de Charlie Hebdo.

"Ce procès idiot, manifestement favorisé par Jacques Chirac, qui a un contrat d'armement à la place du cerveau, est un procès de presse", écrit-il.

Sur les trois dessins visés par la poursuite, deux publiés initialement au Danemark montrent pour l'un le prophète Mahomet avec une bombe dans son turban et pour l'autre, le même personnage accueillant des kamikazes au paradis et déclarant, "stop, on est à court de vierges".

Le troisième dessin attaqué, publié en couverture de Charlie hebdo, est une production propre et montre, avec un titre "Mahomet débordé par les intégristes", le prophète qui se voile les yeux et dit : "c'est dur d'être aimé par des cons".

 

Jusqu'où peut aller la liberté de la presse?

samedi 27 janvier 2007, a 20:22
Qu’est-ce que le progrès aujourd’hui ?

  Le progrès chez les grecs

 

Le progrès, dans la Grèce antique, pouvait se caractériser par des apprentissages de savoirs et de techniques pour participer activement à la vie de la cité. En effet, ce sont les grecs qui ont, pour la première fois introduit la notion de vie en communauté. L’homme a fait de la vie en société sa force contre les éléments naturels qui lui sont hostiles, mais paradoxalement ce qui constitue le vivre ensemble (la démocratie) peut se transformer en une extrême fragilité. Dans la mythologie grec, Zeus le plus puissant des dieux aurait distribué à chaque être les forces nécessaires à chacun pour survivre à son prédateur. Arrivé aux hommes, il ne lui en restait plus à distribuer. Pour compenser, il décida de donner à chaque homme un savoir faire ou une technique personnelle qui aiderait la cité à survivre. Mais, comme chaque homme vaquait à ses occupations et ne partageait pas, comme il aurait du, son savoir faire avec autrui (absence de transmission), son idée première ne put aboutir. Pour remédier à cette situation, il fit appel à Hermès qui donna aux hommes le sens de l’honneur et de la justice. Dotés de ces deux valeurs, l’humanité fut sauvée et tout rentra dans l’ordre. En partant de cette mythologie, on peut s’apercevoir que l’humanité qui devait se servir de ses savoirs et de ses techniques pour garantir sa survie, les a fourvoyer et les utilise aujourd’hui pour son bien-être personnel et contre la nature, en ne pensant nullement à ceux qui viendront après elle. Elle a à nouveau perdu les valeurs qui ont fait son unité, c'est-à-dire l’honneur et la justice. La notion de progrès doit être repensée comme une transmission et non comme l’acquisition d’une toute puissance de l’homme sur la nature.

 

Le progrès aujourd’hui peut paraître comme une régression

 

Nos sociétés occidentales, qui ont basé l’idée de progrès sur la facilité générée par l’innovation et la croissance économique, ont oublié que nous faisons partie intégrante de la nature. En bouleversant les équilibres fragiles de l’écosystème, nous mettons en danger la vie sur notre planète. Devons-nous encore penser le progrès comme découlant de l’innovation à n’importe quel prix écologique ou prendre conscience que le véritable progrès de l’humanité se situe dans le partage et la reconstruction de la biosphère que nous avons gravement endommagée durant plusieurs siècles ? Une chose est certaine : nous devrons vivre une nouvelle révolution industrielle à caractère écologique. Celle-ci demandera à tous de changer son mode de vie tant que notre développement n’aura pas trouvé de solution écologiquement responsable. Nous devrons peut-être vivre ce que nous considèrerons comme une forme de régression pour garantir notre survie en attendant des solutions nouvelles qui proviendront à nouveau de la science et de la raison. L’homme ne sera jamais supérieur à la nature.      

 

Stéphane De Bona      

lundi 22 janvier 2007, a 19:33
Hommage à l’abbé Pierre

  Ce matin, l’abbé Pierre est décédé à l’hôpital du Val de Grâce. Il était âgé de 94 ans et était le fondateur des disciples d’Emmaüs. Son aventure humanitaire avait commencé lors de l’hiver 54 alors qu’il avait été député de la République jusqu’en 1951. De santé fragile, il a pourtant fait de sa vie une œuvre de bonté et de charité. Voyant que le palais Bourbon ne pouvait pas changer la condition des mal-logés sans véritable volonté politique, il mena un combat avec la complicité de repris de justice, de SDF et d’autres bénévoles acquis à sa cause. L'abbé Pierre avait une devise, "Hommes debout", et une maxime : "La lutte pour mon pain, ce peut être du matérialisme; la lutte pour le pain des autres, c'est déjà du spiritualisme." Jusqu’à la fin de sa vie, il fut l’un des personnages les plus aimés des français.

 

Le président Chirac est très touché par cette disparition

 

Dans un communiqué venant de l’Elysée, Jacques Chirac s’est dit peiné par la disparition de cet homme de bonté et d’action. Il a décrété une journée de deuil national qui aura lieu Vendredi, lors de ses funérailles et sera inhumé dans l'intimité à Esteville (Seine-Maritime). Cette mesure est décrétée par le président de la République et avait été prise lors des décès de François Mitterrand ou Georges Pompidou. L’abbé Pierre a donc l’honneur de bénéficier de cette mesure et, contrairement aux deux présidents, il a pour lui l’unanimité politique. Ce qui le guidait était d’abord son amour de l’humanité et la lutte pour le respect de la dignité humaine. Dans son livre Testament, l’abbé Pierre écrit : "On me dit 'de gauche', ça me fait sourire. Droite, gauche, je n'en sais rienMon choix est de montrer la réalité telle qu'elle est et de faire percevoir les priorités." Son indépendance d'esprit lui a permis, au fil des scrutins, d'interpeller les candidats sur le sort des plus démunis, notamment lors des divers projets de loi contre l'exclusion. Il restera longtemps dans le cœur des français et être digne de sa succession sera difficile. Il aura tout de même pu voir que son combat n’a pas été vain, avec dernièrement la naissance du mouvement des enfants de Don Quichotte qui, sans doute, pourront s’allier avec la nouvelle direction des disciples d’Emmaüs et mener le combat du respect et du logement ensemble.

 

Stéphane De Bona

jeudi 18 janvier 2007, a 16:58
Voyage au pays des sourds

   

Emmanuelle Laborit, une comédienne hors norme

 

C’est en 1993 que le grand public la découvre dans « Les enfants du silence » qui lui vaudra un Molière comme meilleur révélation théâtrale de l’année. A l’époque, la presse titre « une comédienne sourde récompensée » et ne met son nom que comme légende de la photo. Elle en garde aujourd’hui un souvenir amer et dit que sa carrière n’aurait pu se réduire qu’à ce titre si elle n’avait pas été soutenue par des réalisateurs de talent qui lui proposent des rôles à sa mesure. Elle déplore cependant, qu’on la cantonne dans un registre misérabiliste et souhaiterait incarner le rôle d’un gangster ou d’une mauvaise fille sourde. Les rôles qu’elle a interprétés lui semblent trop lisses et, réduire sa personne à une « gentille fille » ne correspond pas à sa personnalité. Pourtant, Emmanuelle Laborit est une jeune femme de 35 ans qui a un caractère bien affirmé : elle n’hésite pas à remettre en place ses interlocuteurs par l’intermédiaire de son interprète lorsqu’ils la couvrent de louanges et ne lui parlent que de son handicap. Elle a franchi, depuis le 1er Janvier 2007, une nouvelle étape de sa vie puisqu’elle est devenue directrice du Théâtre du Grand-Guignol qu’elle a fait rénover. Elle l’a investi avec sa troupe de l’International Visual Théâtre, compagnie de comédiens sourds autrefois dirigée par son maître qui l’a initiée à la langue des signes, Alfredo Corrado (comédien sourd américain).

 

Les ambitions d’Emmanuelle pour la vulgarisation de la langue des signes

 

La comédienne, qui a appris la langue des signes en 1977 alors que celle-ci était interdite dans l’éducation nationale jusqu’en 1991, désire aujourd’hui en faire une langue à part entière enrichissant notre patrimoine culturel. Comme pour les tribus anciennes d’Afrique qui ne possédaient pas l’écriture, elle souhaite que la culture des sourds devienne accessible à tous et ne se transmette pas que par la tradition orale qui,  un jour, peut s’éteindre.

 Elle réfléchit à comment donner une écriture à cette langue qui est enseignée en trois dimensions, alors que l’écriture manuscrite n’en compte que deux. De plus, elle aspire à redonner au théâtre du Grand-Guignol des pièces sanguinolentes et macabres qui ont fait sa renommée, mais en créant des pièces de types médicales ou chirurgicales, loin des vampires et autres monstres. Ces pièces comme les grands classiques seront jouées par une troupe mixte de comédiens sourds et entendants, qui mettront l’accent sur le langage corporel. Enfin, un bonheur n’arrivant jamais seul, la comédienne a annoncée la naissance d’un bébé pour le mois de mai 2007, qui décidera lui-même de la première langue qu’il veut apprendre.

 

Stéphane De Bona

 

 

 

 

samedi 13 janvier 2007, a 17:26
Coup de gueule sur le net !

  Internet est-il le reflet de la société ?


 

Lorsque j’ai pris la décision de créer un site destiné aux femmes, j’avais à l’esprit les nombreuses pages web sexy destinées aux hommes. A part le site bien connu auféminin.com qui est loin d’être un site de charme pour les femmes, je ne voyais aucune page attribuée au public féminin. Mais quelle fut ma surprise lorsque je me suis mis à chercher des clichés d’hommes sexy (tapez homme sur un moteur de recherche et vous trouverez, dans le meilleur des cas, des pubs) ! Si internet est le reflet de la société, alors la libération sexuelle est un leurre. Mesdames, accrochez-vous pour fantasmer ! Une fois de plus, on peut dire que ce qui n’est pas dans la norme des esprits ambiants, est ignoré. Soyez une femme, un homosexuel ou un handicapé et votre traitement, dans cette société de consommation, sera différent. Je vais m’atteler petit à petit à y remédier dans la mesure de mes moyens.


Ventes sur le net


Il y a quelques semaines, j’ai eu la joie de voire naître des chatons. Pour les placer, j’ai tout naturellement pensé à mettre des annonces sur internet. Compte tenu de mes difficultés financières, je ne suis pas passé par des sites payant qui garantissent le paiement direct. Effectivement, j’ai eu un grand nombre d’appels téléphoniques et de mails pour vendre mes petits chats. J’ai alors effectué un choix en fonction du sérieux des futurs propriétaires et de leur connaissance des félins. Ceci m’a amené à expédier un chaton dans le sud de la France par le SERNAM, une fois le chèque de paiement reçu. J’avais alors demandé à la future maîtresse de me rappeler, une fois le petit arrivé, ce qu’elle n’a pas fait. Je me suis alors assuré que l’animal ne s’était pas perdu. Après de multiples coups de téléphone, elle daigne me dire que la petite chatte est bien arrivée. Quelques jours plus tard, je reçois un courrier de ma banque m’annonçant que le chèque n’a pas pu être encaissé car la personne a fait opposition pour perte. Moralité de l’histoire : demandez toujours des chèques certifiés, ce qui peut limiter les risques de non paiement ou passez par un site de paiement direct. Quant à moi, pour le futur, je n’enverrai plus de chat : les personnes intéressées viendront les chercher à demeure.


Stéphane De Bona

Présentation
De Bona Stéphane

Je suis Auteur Essayiste. Handicapé infirme moteur cérébral depuis la naissance, je ne devait pas être capable de faire des études. Pourtant, à force de volonté, j’ai réussi à passer mon bac en administration (STT aca) et fait un essai infructueux en psychologie. Je me suis alors tourné vers la philosophie : c’était la matière que j’avais choisie en option. Instituée par la réforme Universitaire de François Bayrou pour la première année de DEUG, cet amendement m’a permis de trouver ma voie. Ma nouvelle passion et la bonne ambiance de travail amical m’ont amené à obtenir mon DEUG de philosophie assez facilement. D’autre part, le mouvement associatif en philosophie a créé des liens entre les étudiants et les professeurs qui nous ont poussés, par la suite, à nous battre pour l’ouverture d’un second cycle. Notre petit groupe soudé a du faire un détour, pendant un an, en ethnologie avec une option philosophie, en attendant avec impatience de retrouver nos premières amours. Ce petit éloignement n’a pas été dépourvu d’intérêt : il nous a fait découvrir une discipline complémentaire de la philosophie. Je suis aujourd'hui, titulaire de deux maîtrises : une en philosophie et l'autre en ethnologie (étude des rites et coutumes des différents peuples de la planète ou d'une région). Je suis également à l'origine de la création de la revue de philosophie de METZ "Le Jardin". J'aime la politique et la finance. Je souhaite faire de mon blog, un lieu de débat. Il a pour but d'ouvrir plusieurs pistes de réflexions sur des questions publiques qui engagent l'avenir de la société Française et Européenne. Je donnerai également chaque dimanche des conseils boursiers qui, j'espère, seront "des coups de génie".

Et cela peut rapporter GROS !

Bon surf !

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Lettre à ceux qui aiment l'Europe, mais aussi à ceux qui ne l'aiment pas encore librepenseur (08/06/2009 11:33)

Bonjour Stéphane, ...

Lettre à ceux qui aiment l'Europe, mais aussi à ceux qui ne l'aiment pas encore Flo, blog sans filtre (05/06/2009 11:24)

C'est un peu te...

Lancement de la Campagne en Moselle René Pascolini (30/05/2009 13:08)

Bonjour, Merci de...

Évolution des sports collectifs severine moulard (13/05/2009 17:37)

je voudrais savoir q...

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